Interrogé sur ce qu’un président devrait faire après avoir dissous l’Assemblée nationale et perdu les élections, le général de Gaulle répondait sans détour : il doit partir. « Quelle dignité aurais-je si je restais en place alors que je ne suis plus légitime puisque soutenu par les Français ? » rappelle Ghislain Benhessa, docteur en droit public et auteur de Nos vrais maîtres, dans un entretien diffusé le 15 septembre 2026 sur Radio Courtoisie.
Cette règle n’a jamais été inscrite dans la Constitution. Elle n’avait pas besoin de l’être : elle allait de soi dans l’esprit des institutions de 1958. Le président qui convoque le peuple par la dissolution ne peut pas ignorer son verdict. C’est précisément cette norme non écrite qui a été foulée aux pieds lors de la dissolution de 2024, où le chef de l’État, défait dans les urnes, est resté en place en bricolant des majorités et en enchaînant des premiers ministres sans légitimité populaire.
Pour Benhessa, cet épisode illustre la corruption de l’esprit de la Ve République : on ne respecte plus le texte, on le tord. Et lorsque des responsables politiques réclament une nouvelle Constitution, c’est souvent parce qu’ils ignorent ou refusent d’appliquer l’actuelle. La question n’est donc pas d’abord institutionnelle : ce sont les hommes qui ont cessé de respecter ce que de Gaulle considérait comme l’évidence même.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
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