C’est un chiffre qui donne le vertige : la dernière loi d’ensemble régissant l’implantation des commissariats de police sur tout le territoire français remonte à 1942. Depuis, aucun gouvernement n’a repris ce chantier à bras-le-corps. C’est le constat dressé par le criminologue Xavier Raufer, interrogé le 1er août 2026 sur la chaîne Omerta. « Depuis, on a bricolé, on a mis un petit truc ici, un petit truc là », explique-t-il, soulignant que Lionel Jospin avait bien tenté une révision à son époque, mais sans parvenir à déplacer significativement les effectifs.
Cette absence de cadre législatif national explique en grande partie les déserts policiers qui caractérisent certaines zones du territoire. Raufer pointe une inégalité criante : un policier pour 100 habitants à Paris intra-muros, un pour 250 en petite couronne, un pour 500 en grande couronne. Pire encore, aucune antenne permanente dans certains secteurs où la délinquance est pourtant la plus intense. « Pourquoi il y a pas un commissariat de police dans les cités hors contrôle de Marseille ? », interroge le criminologue, qui y voit non pas un hasard mais le résultat d’une impéritie politique prolongée.
Si la loi de 1942 porte évidemment la marque du régime de Vichy, le problème n’est pas là : c’est l’absence de volonté, pendant plus de quatre-vingts ans, de repenser la carte policière en fonction des besoins réels de la population qui interroge. Une question de moyens, peut-être, mais surtout de priorités.
Vidéo « Insécurité et responsabilité de l’État » de OMERTA
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