Alors que le prix du gasoil dépasse désormais 2,60 € à la pompe, un mot d’ordre circule chez les jeunes générations pour rejoindre les gilets jaunes lors de la manifestation du 17 octobre. L’information, évoquée le 18 septembre 2026 lors d’un entretien avec le juriste Ghislain Benhessa, révèle un contraste saisissant avec l’agenda politique du moment.

Le même jour, Gabriel Attal prononçait un discours sur les « États-Unis d’Europe », réactivant un projet fédéral que Benhessa qualifie de « vieille lune » sans écho populaire. Pour le juriste, ce décalage illustre le fossé entre un personnel politique formé dans des milieux protégés des réalités économiques et des citoyens confrontés à la flambée des prix des carburants.

Selon Benhessa, le mot d’ordre « prend » autour de lui, y compris parmi ses collaborateurs, signe d’une exaspération qui dépasse les clivages habituels. L’état d’apoplexie sociale décrit par l’invité s’inscrit dans un contexte plus large de défiance envers des dirigeants dont les priorités semblent décorrélées des urgences du quotidien.

Source : entretien avec Ghislain Benhessa, La PURGE du 18 septembre, chaîne OMERTA, 18/09/2026.

Un signal faible qui mérite d’être pris au sérieux

Ce contexte tarifaire ne laisse pas les observateurs indifférents. Rodolphe Cart, auteur d’une biographie intellectuelle de Jean-Luc Mélenchon, note que les niveaux actuels du prix du carburant, mis en regard des chiffres de la période gilets jaunes, ont de quoi déconcerter :

« On voit sur les réseaux des appels au retour des gilets jaunes commencer à se multiplier. »

Rodolphe Cart (OMERTA)

Ce qu’il souligne ensuite mérite attention : ce n’est pas un commentateur classé à droite qui agite ce scénario, mais, selon lui, Alain Bower, dont il précise qu’on « ne peut pas le critiquer de tendance à la droite radicale ni à l’extrême droite », qui jugerait qu’un retour du mouvement est possible, et potentiellement « en pire ».

Le mécanisme décrit est simple : une hausse du carburant frappe d’abord les ménages des zones périphériques, dépendants de la voiture pour travailler, bien avant les centres urbains desservis par les transports en commun. C’est précisément la géographie sociale qui avait alimenté la première vague de contestation en 2018. Si cette structure n’a pas changé, le déclencheur, lui, est déjà en place.

Cart observe par ailleurs que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se positionnent tous deux sur ce terrain social, en concurrence directe pour capter un électorat sensible au pouvoir d’achat. La mobilisation du 17 octobre s’inscrit donc dans un contexte où plusieurs thermomètres politiques indiquent une même fièvre montante.

Vidéo « Entretien avec Ghislain Benhessa sur le 18 septembre » de OMERTA

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