L’Europe s’est engagée à acheter du gaz naturel liquéfié américain aux alentours de 200 dollars l’unité, alors que le prix spot — le prix du marché au jour le jour — oscille normalement entre 30 et 40 dollars. Soit quatre à cinq fois le prix normal. C’est ce qu’affirme Alexandre Del Valle dans un entretien accordé au Cercle Aristote le 20 novembre 2025, à l’occasion de la sortie de son ouvrage Le nouvel ordre post-occidental.
Cet accord léonin, conclu sous l’égide d’Ursula von der Leyen, impose aux Européens un surcoût considérable pour un gaz produit par fracturation hydraulique, une technique que l’Union européenne s’interdit pourtant d’utiliser sur son propre sol au nom de l’écologie. Une incohérence que l’essayiste résume ainsi : nous refusons de produire ce gaz chez nous parce qu’il serait anti-écologique, mais nous l’importons beaucoup plus cher sans aucun bénéfice environnemental.
À cela s’ajoute un paradoxe supplémentaire : l’Europe continue d’importer du gaz russe par bateau, lequel s’achète précisément au prix spot. Pendant ce temps, nous avons saboté les gazoducs russes qui permettaient d’acheminer un gaz peu coûteux avec des contrats de long terme. Del Valle y voit la confirmation du statut de « dindon de la farce » de l’Europe, vassalisée économiquement et stratégiquement.
Voir aussi
*D’après un entretien de Alexandre Del Valle sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*
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