Ursula von der Leyen, née le 8 octobre 1958, est une femme politique allemande dont le parcours illustre une trajectoire d'intégration supranationale progressive. Formée d'abord en économie à la London School of Economics, puis en médecine à l'université médicale de Hanovre, elle construit sa carrière dans les instances fédérales allemandes, occupant successivement les portefeuilles de la Famille, du Travail et des Affaires sociales, puis de la Défense avant d'accéder en 2019 à la présidence de la Commission européenne, poste qu'elle conserve depuis.
C'est à ce titre qu'elle intéresse directement le lecteur soucieux de souveraineté française. La Commission européenne qu'elle préside dispose en effet d'un pouvoir de proposition législative et d'une capacité d'initiative qui s'exercent sur des domaines autrefois strictement nationaux : politique commerciale, régulation industrielle, normes, et dans une mesure croissante, politique de défense et de sécurité. Sous sa présidence, la Commission a significativement étendu son périmètre d'intervention, notamment via les plans de relance post-Covid adossés à une dette commune, instrument inédit qui engage les États membres et modifie structurellement l'architecture budgétaire européenne.
Von der Leyen incarne une vision fédéraliste assumée de la construction européenne, dans laquelle les compétences nationales ont vocation à se diluer au profit d'instances communautaires. Elle entretient par ailleurs des relations étroites avec Washington et l'OTAN, ce qui la situe clairement dans un cadre atlantiste. Pour la France, cela se traduit concrètement par une tension récurrente entre les arbitrages de la Commission et les intérêts industriels, agricoles ou diplomatiques que Paris défend sur la scène internationale.
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