Pixium Vision est une entreprise française de bioélectronique fondée en 2011 à Paris par Bernard Gilly et le professeur José-Alain Sahel, spin-off de l’Institut de la Vision (Sorbonne Université, Inserm, CNRS) en partenariat avec le CEA, l’ESIEE et l’Université Stanford. Sa mission : développer des systèmes de vision bionique pour restaurer partiellement la vue des patients atteints de dégénérescence rétinienne sévère, notamment la DMLA atrophique.

Le produit phare, PRIMA, est un implant sous-rétinien miniaturisé sans fil couplé à des lunettes de réalité augmentée et à un ordinateur de poche. L’entreprise, cotée sur Euronext Growth Paris à partir de 2014, avait levé près de 100 millions d’euros en cumulé auprès de Sofinnova Partners, Omnes Capital, Bpifrance, Seventure et Abingworth, avec un soutien récurrent du Programme d’Investissements d’Avenir et un prêt de 15 M€ de la BEI en 2019.

Faute de nouveau financement pour finaliser les essais cliniques pivotaux de PRIMA, Pixium Vision est placée en redressement judiciaire fin 2023 par le Tribunal de commerce de Paris, puis en liquidation début 2024. Le 25 avril 2024, ce même tribunal valide la reprise de l’intégralité des actifs (brevets, propriété intellectuelle, données cliniques, contrats industriels) par la société américaine Science Corporation, fondée par Max Hodak, cofondateur de Neuralink. Le montant de l’opération n’a pas été rendu public. Les actionnaires historiques français et les créanciers ont été largement effacés dans la procédure.

Ce dossier illustre une pathologie récurrente de l’écosystème biotech français : une pépite issue de la recherche publique (Institut de la Vision, Stanford), abondamment financée sur fonds européens et français pendant plus d’une décennie, dont les brevets et les données cliniques accumulées finissent absorbés par un acteur américain via une procédure collective. Sous pavillon Science Corporation, PRIMA a depuis obtenu des résultats cliniques prometteurs sur la DMLA (80 % de patients recouvrant une vision centrale utile fin 2024) et vise une commercialisation européenne mi-2026. Le retour économique de cette réussite se fera hors du périmètre souverain français.

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