Le 16 janvier 2021, la fusion entre PSA (Peugeot Société Anonyme) et Fiat Chrysler Automobiles crée Stellantis, dont le siège social est installé à Amsterdam (Pays-Bas) et le siège fiscal aux Pays-Bas. Présentée comme une fusion 50-50, l’opération positionne EXOR (holding de la famille Agnelli) comme premier actionnaire avec 14,4 %, devant la famille Peugeot (7,2 %), Bpifrance (6,2 %) et le chinois Dongfeng (5,6 %).
PSA, fleuron industriel français issu de Citroën (1919) et Peugeot (1810), perd son autonomie décisionnelle, son siège et son indépendance capitalistique. Pendant les premières années, sous Carlos Tavares, l’état-major reste fortement marqué par les ex-PSA, ce qui atténue la perte de souveraineté dans la perception publique.
Le 2 décembre 2024, Carlos Tavares démissionne. Le 28 mai 2025, le conseil désigne l’italien Antonio Filosa, ex-FCA, comme nouveau directeur général. À partir de l’été 2025, Filosa réorganise le sommet du groupe au profit des ex-FCA italiens : Jean-Philippe Imparato perd la direction Europe, confiée à l’italien Emanuele Cappellano, et récupère Maserati en retrait. L’Italie reprend la main opérationnelle sur l’ex-PSA, parachèvant la perte d’influence française.
La bascule industrielle suit la bascule capitalistique. La Française de Mécanique à Douvrin (Pas-de-Calais) cesse sa production en 2026. La fabrication du moteur diesel concerné est transférée à Pratola Serra (Italie, près de Naples), au profit d’un bloc moteur d’origine Fiat. Trémery (Moselle) devient l’unique usine française d’assemblage de moteurs thermiques du groupe. Plusieurs autres sites français sont en sous-charge ou menacés.
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