Avec la disparition de Jean Ziegler, un livre mérite d’être redécouvert : Il s’agit de ne pas se rendre, son dialogue avec Régis Debray. L’invité le présente comme un ouvrage magnifique, où s’affrontent deux visions du monde face au rouleau compresseur mondialiste des années 1990. D’un côté, Ziegler, l’altérmondialiste suisse, incarnation d’un internationalisme marqué par le tiers-mondisme des années 1970. De l’autre, Debray, le défenseur du peuple et des nations.
L’invité souligne la rareté de ce face-à-face équilibré. Dialoguer avec Debray, dit-il, c’est comme monter sur un ring face à Mike Tyson : peu sont faits pour cet exercice. Les échanges du philosophe avec Sylvain Tesson ou Jean Bricmont s’étaient révélés très déséquilibrés. Avec Ziegler, le débat trouve un souffle particulier. La question qui traverse ces pages, note l’invité, est vertigineuse : comment ne pas se rendre ? Comment deux hommes que tout oppose peuvent-ils tenir ensemble face à la vague qui déferle ?
Ce dialogue permet aussi, selon l’invité, de rendre justice à Ziegler au-delà d’une œuvre qui a parfois vieilli. Un texte à exhumer pour quiconque cherche à comprendre la résistance intellectuelle à l’uniformisation mondialiste.
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
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