En 1992, le Parti socialiste appelait les Français à voter oui au traité de Maastricht avec une affiche qui résumait toute l’ambiguïté de la campagne. On y voyait un sumotori japonais et un catcheur américain menaçant la France, avec ce slogan : « Faire l’Europe, c’est faire le poids. » L’argument de vente était limpide : la monnaie unique européenne permettrait de tenir tête aux États-Unis et au Japon. Trente ans plus tard, le constat s’impose dans des termes exactement inverses.

Comme le rappelait l’invité, Charles de Gaulle avait anticipé ce piège dès 1962. Dans sa conférence de presse du 15 mai, il décrivait une Europe intégrée qui, faute de politique propre, se placerait nécessairement « à la suite de quelqu’un du dehors qui lui en aurait une », un « fédérateur qui ne serait pas européen ». Sans nommer les États-Unis, le Général désignait déjà la puissance capable d’imposer sa ligne à un ensemble délibérément ingouvernable.

L’euro, loin d’avoir bâti un contrepoids face à l’Amérique, a précisément réalisé ce que Washington espérait : une Europe sans boussole stratégique, alignée sur l’OTAN, et dont les règles monétaires empêchent toute souveraineté économique. L’invité soulignait ce paradoxe cinglant : les Français ont voté pour une Europe qui les protégerait de l’hégémonie américaine, et ils ont obtenu l’exact contraire de cette promesse.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.


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Union Populaire Républicaine

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