Dernière tribune d’Emmanuel Macron aux Nations unies ? L’exercice tourne au symptôme. Entre une déclaration hasardeuse sur le Hamas en Cisjordanie, un passage coupé au montage par l’Élysée et des explications confuses, le président français illustre, selon Régis Le Sommier, un problème plus profond : la France annonce, pose, solennise, mais ne décide plus rien sur la scène internationale.

Pourquoi le discours de Macron à l’ONU illustre-t-il le recul de l’influence diplomatique française ?

  • Emmanuel Macron a affirmé que le Hamas n’avait « jamais sévi » en Cisjordanie, alors que des candidats proches du mouvement y ont obtenu des résultats notables aux élections municipales d’avril, notamment à Hébron.
  • L’Élysée a supprimé le passage de la vidéo officielle, puis évoqué une « erreur de traduction », une défense jugée peu crédible par l’invité puisque le président parlait en français devant une tribune francophone.
  • Les négociations sur les otages et la libération de centaines de prisonniers palestiniens ont, depuis l’automne 2023, considérablement renforcé la popularité du Hamas, un élément factuel qu’une simple vérification aurait dû intégrer au discours.
  • Sur Gaza comme sur l’Ukraine, la France n’engage aucune action contraignante : ni rupture diplomatique, ni blocus, ni troupes, seulement des mots, constate Régis Le Sommier.
  • L’effacement ne date pas de 2025 : l’Afrique, le Liban, la Russie ont vu la parole française se déliter pendant les deux quinquennats, jusqu’à perdre tout effet concret.

Un discours de tribune, entre approximation et recyclage

Régis Le Sommier ne conteste pas la liberté d’un chef d’État de s’exprimer sur la question palestinienne. Il s’étonne en revanche de la légèreté avec laquelle une phrase aussi sensible a pu échapper à toute vérification préalable. Le passage contesté, prononcé dans un discours préparé, aura nécessité selon lui un simple « background checking », c’est-à-dire une recherche minimale sur l’état réel de l’influence du Hamas en Cisjordanie.

La défense en deux temps de l’Élysée, d’abord la coupe dans la vidéo officielle, ensuite l’invocation d’un problème de traduction, renvoie le président à ses contradictions. Macron, qui se pose en donneur de leçons sur la « post-vérité », a supprimé une trace de son propre discours avant même d’avoir à l’assumer. L’invité y voit une nouvelle manifestation d’un réflexe de communication plus que d’un accident :

« Il parle, il dit n’importe quoi, il froisse les Africains, il ne comprend pas que les Africains ne lui soient pas reconnaissants, il froisse les Algériens, il ne comprend pas que les Algériens ne lui soient pas reconnaissants. »

Régis Le Sommier (Ligne Droite • La matinale de Radio Courtoisie)

Une parole sans levier : la France devenue spectatrice

Au-delà de la polémique, Régis Le Sommier décrit un président qui n’exerce plus aucune action mesurable sur les dossiers internationaux qu’il continue de commenter. Là où Vladimir Poutine, Xi Jinping ou Narendra Modi décident et déploient des conséquences immédiates, la France se contenterait d’énoncer. « Avec Emmanuel Macron, il n’y a que des mots », résume l’invité.

Le cas du Liban sert d’illustration. En août 2020, après l’explosion du port de Beyrouth, Macron s’était rendu sur place, multipliant les promesses et se posant en recours. Cinq ans plus tard, aucune visite analogue des prétendants à la présidence, ni d’Édouard Philippe, ni de Bruno Retailleau, ni de Raphaël Glucksmann : tous se pressent à Kyiv. Les Libanais rencontrés sur place attendaient pourtant, selon Le Sommier, une attention française qui n’est jamais revenue. Le Liban, autrefois pièce maîtresse de la politique moyen-orientale de la France, s’est effacé, comme une carte diplomatique abandonnée.

La présidentielle américaine et ses suites illustrent le même écart. Quand Donald Trump menace, le cours du pétrole bouge à peine ; quand Macron annonce, il n’y a même pas de marché à faire frémir. Le sommier ajoute que les médias français continuent de parler de « stature internationale », tandis que les faits décrivent un président canard boiteux, sans emprise, qui « s’affiche » plus qu’il n’agit.

La visite papale, miroir d’une présidence égocentrée

L’attitude du président face à la visite du pape Léon XIV révèle, pour l’invité, le même fonctionnement. Macron accueillera le souverain pontife mais n’assistera à aucune messe, au motif de la laïcité. Or, souligne Le Sommier, Macron a parfaitement su assister à d’autres cérémonies religieuses lorsqu’elles lui semblaient utiles. Le mobile est ailleurs : dès qu’il ne peut pas « privatiser l’événement », il s’en désintéresse.

Ce comportement expliquerait aussi l’absence d’empathie réelle pour les catholiques, malmenés selon lui par un président qui a constitutionnalisé l’avortement et ouvert la voie à l’euthanasie. Face à un pape qui ne se laisse pas instrumentaliser, Macron se retire. Régis Le Sommier décrit une mécanique d’ego bien plus qu’une application cohérente des principes républicains.

Ce qu’il faut retenir

Le discours de Macron à l’ONU témoigne moins d’une gaffe ponctuelle que d’une perte d’effectivité : la France continue de parler, mais elle n’a plus ni leviers ni continuité pour transformer ses paroles en influence. De la Cisjordanie au Liban, de Trump au pape, le constat de Régis Le Sommier est constant : un président en représentation, prisonnier de sa mise en scène, là où la politique étrangère exigerait des actes et de la constance.

Le Souv, pour une France qui s’appartient.

Vidéo « Critique de la prestation de Macron à l’ONU » de Ligne Droite • La matinale de Radio Courtoisie

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