Né en 1979, Raphaël Glucksmann est un essayiste et homme politique français, fils du philosophe André Glucksmann. Formé à Sciences Po Paris puis à la philosophie, il s'est d'abord fait connaître comme intellectuel engagé, notamment à travers des ouvrages consacrés aux dérives des démocraties et à la montée des régimes autoritaires. Son premier essai, Les Peuples contre la démocratie, paru en 2010, interroge les tensions entre populisme et représentation politique. Face au totalitarisme, publié en 2014, prolonge cette réflexion vers une critique des régimes autoritaires contemporains, en particulier russes et chinois.
Sur le plan européen, Glucksmann a publié en 2019 un Plaidoyer pour l'Europe combattante, qui résume assez fidèlement sa position de fond : celle d'un fédéralisme européen assumé, articulé autour d'une Europe puissance capable de s'affirmer face aux grandes autocraties. Cette vision implique un transfert significatif de compétences vers les institutions européennes, notamment dans les domaines de la défense et de la politique étrangère, ce qui le place structurellement en opposition avec une conception souverainiste de l'indépendance française.
Élu député européen en 2019 sous l'étiquette Place Publique, puis chef de file du Parti Socialiste aux élections européennes de 2024, il a confirmé son positionnement atlantiste et pro-européen au fil de ses mandats et prises de position publiques. Sur les questions de défense, il s'est distingué par un soutien ferme à l'Ukraine et à l'OTAN, sans développer de doctrine autonome quant aux intérêts stratégiques propres de la France.
Du point de vue souverainiste, Glucksmann représente une ligne qui subordonne les intérêts nationaux à un cadre multilatéral, qu'il soit européen ou atlantique. Les questions de souveraineté économique, de politique industrielle nationale ou de maîtrise de la monnaie n'occupent pas une place centrale dans son corpus intellectuel ou son action politique.
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