En 2024, 2 709 nourrissons sont morts en France avant leur premier anniversaire, portant le taux de mortalité infantile à 4,1 pour 1 000 naissances. Ce chiffre, issu d’un rapport statistique que le ministère de la Santé aurait retenu avant sa révélation par Le Canard enchaîné, place la France au 23e rang des 27 États membres de l’Union européenne. Un indicateur qui, historiquement, signale les pays en voie d’effondrement.
Pourquoi la mortalité infantile augmente-t-elle en France ?
La mortalité infantile française n’a cessé de se dégrader depuis plusieurs années. En 2024, le taux atteint 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes, contre une trajectoire historiquement orientée à la baisse durant les Trente Glorieuses. Selon l’invité, la France se classe désormais au 23e rang européen sur 27, loin derrière la plupart de ses voisins. Cette remontée constitue un signal d’alerte majeur : la mortalité infantile est considérée par les démographes comme le marqueur le plus fiable de l’état de santé global d’une société.
Un indicateur démographique au pouvoir prédictif redoutable
L’invité établit un parallèle historique direct avec les travaux d’Emmanuel Todd. Dans son ouvrage La Chute finale, paru en 1976, le jeune chercheur de l’Institut national d’études démographiques repérait que la mortalité infantile soviétique, après des décennies de baisse continue, s’était mise à réaugmenter au début des années 70. Il en déduisait que la construction socialiste était entrée dans une phase de blocages majeurs et que l’Union soviétique s’effondrerait dans les années à venir.
« Ce livre de 1976 avait été accueilli par des lazzi et brocardé par la presse. Force est de constater qu’Emmanuel Todd avait raison : l’Union soviétique s’est effondrée en 1991, c’est-à-dire 15 ans après la parution de son ouvrage. »
Vidéo de l’UPR
Appliqué à la France d’aujourd’hui, ce raisonnement conduit à une conclusion sans ambiguïté : la remontée de la mortalité infantile ne relève pas d’un simple aléa statistique, mais témoigne d’un déclassement structurel engagé depuis l’intégration européenne.
Un rapport caché, une ministre silencieuse
La révélation du contenu de ce rapport pose une question de transparence démocratique. D’après l’invité, la ministre de la Santé a eu connaissance de ces statistiques avant leur publication et aurait choisi de ne pas les rendre publiques. C’est finalement la presse d’investigation qui a permis la diffusion de l’information. Ce silence interroge : un exécutif qui dissimule des indicateurs aussi fondamentaux ne cherche-t-il pas à protéger un bilan devenu indéfendable ?
Le coût de la construction européenne dans le recul français
L’invité relie directement cette dégradation aux choix stratégiques imposés depuis Maastricht. Il évoque une étude d’un think tank allemand évaluant à 56 000 euros par Français le coût de l’appartenance à l’euro entre 1999 et 2016. S’y ajoutent les ponctions fiscales en faveur des pays de l’Est, les transferts vers l’Ukraine, la libre circulation des capitaux et l’ouverture migratoire imposée par l’espace Schengen.
Ce faisceau de contraintes produit un appauvrissement relatif : le PIB polonais, qui représentait 40 % du PIB français par habitant en 2000, en atteint désormais 80 % et pourrait dépasser celui de la France entre 2030 et 2034. Le produit intérieur brut français a diminué pour la troisième année consécutive par rapport à la moyenne européenne.
Néonatologie : quand la rationalisation sacrifie les plus fragiles
Ce recul de la France dans les classements européens de mortalité infantile ne s’explique pas seulement par des données épidémiologiques abstraites. Il est indissociable d’un choix structurel : la fermeture progressive de maternités de proximité et la concentration des services de néonatologie dans un nombre restreint d’établissements, au moment précis où la proportion de grands prématurés augmente dans les naissances.
Pierre-Yves Rougeyron pointe directement ce paradoxe :
« Il n’y a pas de réelle politique d’accueil de la vie. On a flingué une partie des maternités et particulièrement des néonates parce qu’on a énormément de grands prématurés. »
Pierre-Yves Rougeyron (Cercle Aristote)
Le mécanisme est connu des professionnels de santé : la fermeture de petites maternités au nom de seuils d’activité minimaux a allongé les distances de transport pour des accouchements à risque, avec des conséquences directes sur la prise en charge des nouveau-nés fragiles. Or un grand prématuré ne tolère pas l’attente. Chaque minute entre la naissance et l’admission en unité spécialisée compte dans les statistiques de survie.
La question posée ici n’est pas celle du niveau technique des équipes restantes, souvent excellent, mais celle de la couverture territoriale. Concentrer l’expertise ne sert à rien si le territoire ne permet pas d’y accéder à temps. C’est cet arbitrage, purement comptable dans sa conception, qui se retrouve aujourd’hui dans les chiffres : quatre décès pour mille naissances, et une place d’avant-dernier au sein des vingt-sept pays de l’Union européenne.
Ce qu’il faut retenir
La hausse de la mortalité infantile française n’est pas un simple indicateur sanitaire : c’est le symptôme d’une régression sociale approfondie, documentée par des données que l’exécutif a tenté de dissimuler. Les Français peuvent légitimement s’interroger sur les causes de ce recul et sur la responsabilité des choix politiques qui y ont conduit. La transparence des statistiques publiques est une exigence minimale de la vie démocratique.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
Vidéo « France : un record statistique selon l’UPR » de UPR
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