Installé dans une ancienne tuilerie désaffectée au hameau des Milles, sur la commune d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le camp des Milles est le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact, et l’un des très rares en Europe. Ouvert en septembre 1939, il a vu passer plus de 10 000 personnes de 38 nationalités différentes en un peu plus de trois ans, avant de devenir, en août et septembre 1942, une antichambre d’Auschwitz.

Le camp connaît trois périodes successives : un camp pour « sujets ennemis » de septembre 1939 à juin 1940, un camp pour « indésirables » sous le régime de Vichy, jusqu’à 3 500 internés simultanés en juin 1940, puis, en août et septembre 1942, un centre de déportation des Juifs : plus de 2 000 hommes, femmes et enfants sont envoyés vers Auschwitz via Drancy ou Rivesaltes, dont une centaine d’enfants et d’adolescents, le plus jeune âgé d’un an. Le Site-Mémorial ouvre au public le 10 septembre 2012, pour le 70e anniversaire du départ du dernier convoi de déportation.

Pourquoi le camp des Milles est un haut lieu de la mémoire nationale

Le ministère des Armées a classé le site parmi les hauts lieux de la mémoire nationale liés à la Seconde Guerre mondiale.

  • Le seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact, et l’un des très rares en Europe.
  • Plus de 10 000 internés de 38 nationalités entre 1939 et 1942, parmi lesquels des artistes et intellectuels antifascistes réfugiés d’Allemagne, dont Max Ernst, Lion Feuchtwanger et Hans Bellmer, ainsi que les prix Nobel Tadeus Reichstein et Otto Meyerhof.
  • Plus de 2 000 Juifs déportés vers Auschwitz en août et septembre 1942, dont une centaine d’enfants et d’adolescents.
  • La fresque « Le nazisme en marche », peinte par des internés, conservée sur les murs du bâtiment.
  • Un Site-Mémorial éducatif et citoyen, ouvert au public le 10 septembre 2012.

Le camp des Milles en images

Que voir au camp des Milles

Le bâtiment industriel, construit en 1882 et agrandi en 1926 puis 1932, couvre 15 000 m2. Le parcours de visite traverse les espaces mêmes où vécurent les internés : dortoirs, ateliers, lieux de vie collective. Sur certains murs subsiste encore la fresque « Le nazisme en marche », peinte par des internés pendant leur détention pour tourner en dérision le régime nazi.

Près des bâtiments, un wagon à bestiaux rappelle le moyen de transport utilisé pour déporter les internes vers Drancy et Rivesaltes, avant Auschwitz. Le parcours mémoriel se prolonge par une exposition sur l’histoire du camp et par un espace de réflexion citoyenne sur les mécanismes qui ont conduit à la Shoah.

Le saviez-vous ? En juin 1940, le capitaine Charles Goruchon, qui commandait le camp, refusa de livrer les détenus aux nazis et tenta de les faire évacuer clandestinement vers Casablanca, via un navire en partance de Bayonne : c’est l’épisode dit du « train des Milles », popularisé par le film « Les Milles » de Sébastien Grall en 1995.

Quand visiter le camp des Milles

Le Site-Mémorial est ouvert tous les jours de 10 heures à 19 heures, la billetterie fermant à 17h30.

Comment se rendre au camp des Milles et où se garer

Le site se trouve au hameau des Milles, sur la commune d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), entre Aix-en-Provence et Marseille.

À voir dans les environs

Dans les Bouches-du-Rhône, les Baux-de-Provence perchent leur cité médiévale au sommet des Alpilles. Dans le Vaucluse voisin, l’abbaye de Sénanque est habitée sans interruption depuis 1148.

Ressources

Deux vidéos pour découvrir le camp des Milles.

Questions fréquentes sur le camp des Milles

C’est une ancienne tuilerie désaffectée, transformée en camp d’internement puis de déportation entre 1939 et 1942, sur la commune d’Aix-en-Provence. C’est le seul grand camp français de ce type encore intact.

Plus de 10 000 personnes de 38 nationalités différentes entre 1939 et 1942, dont des artistes et intellectuels réfugiés comme Max Ernst et Lion Feuchtwanger.

Plus de 2 000 Juifs, hommes, femmes et enfants, ont été déportés vers Auschwitz via Drancy ou Rivesaltes en août et septembre 1942, dont une centaine d’enfants et d’adolescents.

Une fresque peinte par des internés pendant leur détention, conservée sur les murs du bâtiment et visible lors de la visite du Site-Mémorial.

Le 10 septembre 2012, pour le 70e anniversaire du départ du dernier convoi de déportation vers Auschwitz.

Le site est ouvert tous les jours de 10 heures à 19 heures, la billetterie fermant à 17h30.

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