La photographie de Sénanque devant son champ de lavande est l’une des plus reproduites de France. Elle fait oublier l’essentiel : ce n’est pas un monument, c’est un monastère en activité, habité par une communauté de six moines cisterciens.
Le monastère est fondé le 23 juin 1148 dans l’étroite vallée de la Sénancole, et devient abbaye en 1150. Il forme avec Silvacane et Le Thoronet les trois sœurs provençales, témoins du rayonnement cistercien en Provence.

Pourquoi Sénanque n’est pas un monument mais un monastère
La fondation revient à Alphant, évêque de Cavaillon, et à des moines venus de Mazan, en Ardèche. Ils s’installent dans un vallon qui appartenait à l’apanage des seigneurs de Gordes ; en octobre 1150, l’un d’eux, Guiran de Simiane, le donne à Pierre, premier abbé.
- Une prospérité rapide : dès 1152, la communauté est assez nombreuse pour fonder une seconde abbaye dans le Vivarais.
- De nombreuses donations, en particulier de la famille de Simiane et des seigneurs de Venasque.
- Des granges installées parfois très loin, annexes à la tête d’exploitations mises en valeur par les frères convers, ces moines auxiliaires chargés des tâches agricoles.
- Un statut actuel de prieuré de l’abbaye de Lérins.
- Une communauté relevant de la congrégation cistercienne de l’Immaculée Conception.
L’abbaye a fini par accumuler des richesses peu compatibles avec l’idéal cistercien, ce qui est le paradoxe ordinaire de l’ordre : la rigueur produit du travail, le travail produit de la richesse, et la richesse défait la rigueur.
Sénanque en images



Que voir à l’abbaye de Sénanque
L’architecture est cistercienne, donc nue. Ce que l’on vient chercher ici n’est pas un décor mais une proportion, et le silence qui va avec.
- L’église abbatiale, sans ornement, dans la tradition de l’ordre.
- Le cloître et la salle capitulaire.
- Le chauffoir, seule pièce chauffée du monastère.
- Le dortoir, où les moines couchaient autrefois tout habillés, sans le moindre confort.
- Le vallon de la Sénancole et les champs de lavande cultivés par la communauté.
Les moines vivent des visites de l’abbaye, d’une librairie religieuse, de la culture de la lavande, de la vente de miel et d’essence de lavande, et de produits venus d’autres abbayes. Ils disposent aussi d’une hôtellerie pour ceux qui veulent partager leur vie de prière.
Le saviez-vous ? La règle a évolué sur un point : autrefois les moines dormaient tout habillés dans un dortoir commun dépourvu du moindre confort. Aujourd’hui chacun dispose d’une chambre individuelle, appelée cellule. Les repas, eux, se prennent toujours en silence et restent frugaux.
Quand visiter l’abbaye de Sénanque
La lavande fleurit de fin juin à début août : c’est la période de l’image connue, et donc celle de la foule.
Hors saison, l’abbaye retrouve ce pour quoi elle a été bâtie. Les visites se font en respectant la vie de la communauté.
Comment se rendre à l’abbaye de Sénanque
L’abbaye est dans le vallon de la Sénancole, sur la commune de Gordes, dans le Vaucluse.
On y accède par une petite route depuis Gordes, à quatre kilomètres. Le stationnement est limité en haute saison.
À voir dans les environs
Le pont d’Avignon est à une heure de route, dans le même département.
Pour comparer deux abbayes cisterciennes, l’abbaye de Fontenay, en Bourgogne, est la plus ancienne conservée ; l’abbaye du Mont-Saint-Michel montre le versant bénédictin, tout l’inverse.
Ressources
Deux vidéos sur l’abbaye et sa communauté.
Questions fréquentes sur l’abbaye de Sénanque
Oui. Le monastère est en activité et abrite une communauté de six moines cisterciens de la congrégation cistercienne de l’Immaculée Conception.
Le 23 juin 1148, à l’initiative d’Alphant, évêque de Cavaillon, par des moines venus de Mazan en Ardèche. Elle devient abbaye en 1150.
Sénanque, Silvacane et Le Thoronet, trois abbayes cisterciennes qui témoignent du rayonnement de l’ordre en Provence.
Des visites de l’abbaye, d’une librairie religieuse, de la culture de la lavande, de la vente de miel et d’essence de lavande, et de produits venus d’autres abbayes.
De fin juin à début août. C’est aussi la période la plus fréquentée.
La communauté dispose d’une hôtellerie et reçoit les personnes désirant partager sa vie de prière, dans le silence et le recueillement.
Elle est prieuré de l’abbaye de Lérins.
