La construction européenne s’est longtemps présentée comme la garante d’une paix durable sur le continent. La visite du pape Léon XIV à Marseille, à l’occasion des Rencontres méditerranéennes, a remis ce récit au centre du débat public. Mais ce discours de paix, porté par Emmanuel Macron comme par le souverain pontife, se heurte à un précédent historique gênant : les guerres de Yougoslavie, qui ont fait 300 000 morts aux portes de l’Union européenne.
Pourquoi le précédent yougoslave fragilise-t-il le récit européen fondé sur la paix ?
L’invité, interrogé sur la visite papale et le discours européiste d’Emmanuel Macron, rappelle que les guerres de Yougoslavie constituent un démenti historique majeur à la thèse d’une Europe garante de la paix. Selon lui, l’Union européenne n’a pas empêché les massacres sur son propre continent, et le Vatican y a joué un rôle controversé en soutenant les Croates, ce qui a contribué à l’embrasement des Balkans. Ce précédent interroge la sincérité du discours actuel sur la paix européenne.
L’Europe, condition de la paix ou mythe fondateur ?
L’argument central avancé par l’invité est limpide : on ne peut pas à la fois dénoncer le bellicisme de l’Union européenne en Ukraine et célébrer son rôle historique dans la paix. Il formule cette contradiction en des termes directs :
« Vous ne pouvez pas attaquer le bellicisme [ukrainien] et dire du bien de l’Union européenne dans le même mouvement. D’un point de vue militaire, c’est la même chose. C’est marqué, c’est comme ça, et ça sera toujours comme ça. »
Vidéo d’OMERTA
Cette thèse repose sur un constat précis : les traités européens incarnent militairement l’Union européenne, et celle-ci pousse à la roue en Ukraine plus que les Américains eux-mêmes. Le télescopage entre le discours pacificateur du pape et la réalité belliciste de l’UE rend, selon l’invité, le voyage papal particulièrement incohérent.
La Yougoslavie : le démenti historique que l’Europe n’a pas su entendre
L’invité rappelle un chiffre qui devrait, selon lui, suffire à enterrer le mythe : 300 000 morts en Yougoslavie. Ce conflit, qui s’est déroulé aux portes de l’Union européenne, n’a été empêché par aucune institution européenne. Pire, le Vatican y aurait joué un rôle qui mérite, selon l’invité, un examen critique : le soutien aux Croates dans un conflit qui les a opposés à leurs voisins serbes.
Il évoque une « réflexion collective » aujourd’hui menée par les Croates eux-mêmes, qui reconnaissent avoir été entraînés dans un schéma qui les dépassait :
« On s’est battu contre nos voisins serbes, on n’aurait jamais dû. Et aujourd’hui, on s’est affaibli définitivement, pour un schéma qui nous dépassait complètement. »
Vidéo d’OMERTA
Cette capacité croate à l’auto-analyse contraste, selon l’invité, avec l’absence de réflexion des Albanais et des Bosniaques, et fait des Croates l’une des dernières frontières du choc d’Orient et d’Occident. Le sous-texte est lourd : l’Europe, loin d’être une garantie de paix, a été le théâtre d’un conflit dans lequel des puissances extérieures et des institutions transnationales ont joué un rôle qui n’a pas été à la hauteur.
Le rôle du Vatican : entre diplomatie et renoncement
L’invité aborde aussi la question du positionnement de l’Église catholique face à ces conflits. Jean-Paul II avait pu se positionner contre le communisme, mais au prix d’une alliance avec des diplomaties étrangères. Le résultat dans les Balkans fut, selon l’invité, « un rôle dégueulasse » du Vatican, qui a soutenu les Croates dans un conflit qui s’est terminé en affaiblissement général des peuples concernés.
Il constate plus largement que l’Église catholique a du mal à se positionner vis-à-vis du mondialisme, dont l’Union européenne est l’incarnation. Le pape Léon XIV, dans son discours de Marseille, est resté dans le lieu commun de l’Europe « condition de la paix », ce que l’invité juge « techniquement faux ». La dissuasion nucléaire et la guerre froide ont, selon lui, sauvé l’Europe, pas la construction européenne.
Ce qu’il faut retenir
Le précédent yougoslave reste une tache aveugle du récit européen. L’incapacité de l’Union européenne à prévenir ou à arrêter les guerres de Yougoslavie, le rôle controversé du Vatican dans ce conflit, et la réalité actuelle d’une UE engagée dans la guerre en Ukraine, tout cela interroge la validité du discours de paix porté lors de la visite papale. L’invité pose une question qui mérite d’être posée : combien de morts encore pour que le mythe survive à la réalité ?
Vidéo « Comparaison entre Louis XIV et Macron sur la politique européenne » de OMERTA
Pour aller plus loin
- J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, Philippe de Villiers (Fayard)
- L’ami américain, Éric Branca (Perrin)
Cet article vous a-t-il été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.
