Dix jours. C’est le délai dont dispose le Conseil constitutionnel pour proclamer officiellement les résultats de l’élection présidentielle depuis une réforme de 2001. Un entre-deux méconnu du grand public, mais qui concentre tous les enjeux politiques. Pendant cette période, le président sortant reste en fonctions tant que son successeur n’est pas intronisé.
Le sociologue Michel Fize, invité de l’émission Bonjour Omerta à l’occasion de la sortie de son livre Dans la tête de Macron, attire l’attention sur ce laps de temps critique. « Il peut se passer beaucoup de choses en dix jours », alerte-t-il, évoquant l’hypothèse de désordres dans la rue ou encore de provocations sur la scène internationale qui pourraient justifier le maintien en place du chef de l’État sortant.
Selon l’essayiste, le Conseil constitutionnel, dont la présidence est aujourd’hui assurée par Richard Ferrand, un proche d’Emmanuel Macron, pourrait être tenté de faire traîner la proclamation. Une manœuvre dilatoire qui, combinée à d’éventuelles tensions, ouvrirait la voie à l’activation de l’article 16 de la Constitution, lequel confère tous les pouvoirs au président pour une durée illimitée.
Michel Fize rappelle également l’existence d’un dispositif moins connu encore : l’état d’alerte de sécurité nationale, inscrit dans la loi de programmation militaire, permettant pendant deux mois des décisions soustraites aux contrôles habituels. Autant de leviers institutionnels qui, dans une Ve République que le sociologue qualifie de « jamais aussi totalitaire que depuis 1958 », méritent d’être gardés à l’esprit à l’approche du scrutin.
Vidéo « Analyse du profil politique d’Emmanuel Macron par Michel Fize » de OMERTA
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