Face au constat d’une France en déclin, la tentation est grande de se résigner. Pourtant, certains pays, souvent de taille modeste, ont su inverser leur destin. Dans son ouvrage Déclin et renouveau. Comment les Français se relèveront, Nikola Mirkovic analyse ces trajectoires inspirantes. Il était l’invité de Pierre-Yves Rougeyron pour l’émission Face à Pyr sur la chaîne du Cercle Aristote, le 26 février 2026, afin d’en débattre.

Pourquoi le Salvador, Singapour et les Émirats sont-ils cités comme des modèles de renaissance nationale ?

Ces trois nations, autrefois confrontées à des défis écrasants (violence endémique, pauvreté, ou absence de ressources), sont devenues des exemples de réussite. Pour Nikola Mirkovic, leur point commun est clair : « Dans ce monde, des pays tirent leur marron du feu, [ils] ont vu cette période arriver et se sont préparés ». Ils n’ont pas subi la bascule géopolitique, ils l’ont travaillée, prouvant que la volonté politique et l’appropriation d’une identité priment sur le déterminisme géographique ou démographique.

Le sursaut salvadorien : quand la volonté défie l’hégémonie

Le cas du Salvador est emblématique. L’auteur rappelle que ce petit pays d’Amérique centrale a été littéralement « écrasé sous la botte américaine », marqué par des décennies de violence dont l’assassinat de Monseigneur Romero reste un symbole tragique.

Aujourd’hui, le Salvador renaît, démontrant qu’une nation, même profondément meurtrie, peut se redresser. Cette transformation radicale n’a rien à voir avec une quelconque aide extérieure providentielle. Pour Nikola Mirkovic, elle est le fruit d’une volonté politique inflexible et d’une revitalisation de l’autorité de l’État, là où la simple administration des choses avait échoué. Le Salvador contemporain est la preuve vivante qu’un peuple qui refuse la chute et s’en donne les moyens peut déjouer tous les pronostics.

Singapour et les Émirats : le génie du temps long

L’analyste élargit son propos à d’autres « petites nations » qui forcent l’admiration. Singapour, cité-État sans ressources naturelles, et les Émirats arabes unis ont, eux aussi, su anticiper la bascule du monde. Leur secret ? Une vision stratégique couplée à un enracinement culturel.

« Ce que je dis aux Français, c’est : piochez dans vos racines », martèle l’essayiste. Ces pays n’ont pas renié leur passé pour se moderniser. Ils ont, au contraire, utilisé leur culture comme un socle pour construire leur puissance. À Singapour comme aux Émirats, l’ordre et la prospérité ne sont pas nés d’un reniement, mais d’une capacité à conjuguer ouverture économique et cohésion nationale. Là où la France se dilue dans un « magma mondialiste », ces nations affirment une identité claire qui guide leur développement.

La volonté, carburant de la souveraineté

Un argument fallacieux voudrait que la taille démographique ou le poids économique prédestinent à la puissance. Nikola Mirkovic réfute cette idée avec force :

« La Chine n’est pas grande à cause de la taille de sa population. Ça a été un géant endormi pendant deux siècles. C’est la volonté qui l’a amenée là où elle est. »

Nikola Mirkovic (Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron)

Si l’immense Chine a pu sommeiller, de modestes nations ont pu s’éveiller. L’analyste cite également la Corée du Sud pour étayer sa démonstration : avec 46 millions d’habitants, elle est aujourd’hui plus puissante que 90 % des États européens. Le déterminisme géographique ou démographique n’est donc qu’un prétexte, une manière de se dédouaner de l’effort à fournir. La renaissance du Salvador, de Singapour ou des Émirats valide une thèse centrale : l’histoire ne s’écrit pas avec le nombre, mais avec l’âme et la détermination d’un peuple.

Ce qu’il faut retenir

La trajectoire de ces petites nations est un antidote à la résignation française. Leur exemple démontre que le redressement n’est pas une question de taille, mais un impératif de culture, d’autorité et de volonté partagée. Pour Nikola Mirkovic, si les Français veulent se relever, ils doivent d’abord retrouver la fierté de leur héritage et l’envie de vivre ensemble.


*D’après un entretien de Nikola Mirkovic sur Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron*


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