La rumeur enfle à Westminster : Keir Starmer envisagerait d’utiliser le discours du trône pour faire adopter un rapprochement avec l’Union européenne, sans passer par un vote des députés. L’accusation est grave, certains allant jusqu’à parler de « haute trahison ». Mais ce scénario a-t-il la moindre réalité constitutionnelle ?
Pourquoi la menace d’un contournement du Parlement par le discours du trône est-elle prise au sérieux ?
Selon l’analyse développée par l’invité, trois éléments rendent crédible la crainte d’un passage en force :
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Keir Starmer serait un « soldat du mondialisme » qui, d’après l’invité, « veut vraiment la peau de la Grande-Bretagne, et ce à tous les niveaux ». Son agenda ne serait pas seulement politique mais aussi judiciaire : une commission d’enquête sur les gangs ethniques de violeurs pakistanais pourrait le menacer directement.
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Le contexte parlementaire est catastrophique pour le Labour : le parti vient de perdre 70 députés en une journée et son cabinet s’est « totalement clairsemé », les principaux ministres ayant démissionné.
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Le roi Charles III est perçu comme un obstacle faible. Contrairement à sa mère, la reine Élisabeth, décrite comme « une vraie patriote britannique », Charles serait un « mondialiste construit », dont la pensée reposerait sur « les études guénoniennes et la décroissance, principalement la décroissance démographique ».
« Le prince Charles n’est pas sa mère. […] Charles, c’est totalement différent. C’est quelqu’un dont les deux piliers de la pensée sont les études guénoniennes et la décroissance. »
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
Un mécanisme constitutionnel profondément détourné
Le discours du trône est une institution vénérable du système britannique. Chaque année, le souverain lit devant les deux chambres réunies le programme législatif du gouvernement. Ce texte est intégralement rédigé par le Premier ministre et son cabinet. Le roi n’est que la voix qui l’énonce.
Or, faire mentir le roi dans cet exercice solennel n’est pas anodin. Comme le rappelle l’invité, « théoriquement, faire mentir le roi ou la reine dans le discours du trône est une infraction pénale grave. » Des cabinets d’avocats travaillent d’ailleurs toujours sur la possibilité d’inculper Anthony Blair pour avoir intoxiqué la reine Élisabeth à propos de l’intervention en Irak, sans qu’aucune décision n’ait été prise à ce jour.
L’idée que Starmer utilise cette procédure pour contourner la Chambre des communes est jugée « complètement baroque » par l’invité, notamment parce que la Grande-Bretagne dispose d’une constitution, certes non écrite, mais bien réelle. Et que Tony Blair a déjà créé un précédent monstrueux avec la Cour suprême britannique, instance que la reine Élisabeth elle-même jugeait inutile, faisant dire au Canada : « Vous avez un parlement, à quoi ça sert ? »
Un précédent historique qui n’a jamais abouti
L’affaire Tony Blair est précisément le précédent qui éclaire la situation actuelle. Malgré les efforts de juristes pour le poursuivre pour avoir menti à la reine dans le cadre de la guerre d’Irak, l’ancien Premier ministre n’a toujours pas été renvoyé devant un tribunal. « Il n’y a pas de décision. Aucun procureur royal n’a été désigné », constate l’invité.
« J’aimerais tellement que ces mecs-là soient enfermés avec leurs petits protégés. »
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
Cette impuissance judiciaire à sanctionner un mensonge au trône illustre à la fois la gravité théorique de l’acte et la difficulté pratique à le réprimer. Si Starmer franchissait le pas, il sait qu’il bénéficierait probablement de la même inertie institutionnelle.
Reste une inconnue de taille : la réaction du roi lui-même. Car si Charles III est décrit comme un souverain aux convictions mondialistes, l’invité refuse d’affirmer qu’il trahirait consciemment son pays : « C’est une accusation beaucoup trop grave pour être portée à la légère. »
Ce qu’il faut retenir
Le scénario d’un discours du trône détourné pour imposer un rapprochement avec Bruxelles sans vote parlementaire relève, en l’état, d’une spéculation politique plus que d’une réalité juridique imminente. La manœuvre serait inédite, probablement inconstitutionnelle, et exposerait son auteur à des poursuites pénales. Mais l’histoire récente montre que les institutions britanniques peinent à sanctionner ceux qui les violent, surtout quand ils se nomment Blair ou Starmer.
Cercle Aristote – Pierre-Yves Rougeyron
Pour aller plus loin
- Guerre et géopolitique (Perspectives Libres)
- Le grand abécédaire du Brexit, Jean-Michel Salmon (Perspectives Libres)
- Prêcheurs de haine, Pierre-André Taguieff (Éditions Mille et Une Nuits)
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