Tony Blair, né le 6 mai 1953, est un juriste de formation, diplômé du St John's College d'Oxford, qui a dirigé le Royaume-Uni de 1997 à 2007 sous l'étiquette travailliste rénovée du New Labour. Son accession à la tête du Parti travailliste en 1994, puis au 10 Downing Street trois ans plus tard, a coïncidé avec une refonte idéologique profonde de la gauche britannique, tournée vers le marché, l'atlantisme assumé et une certaine vision de la mondialisation libérale qu'il a théorisée dès 1996 dans New Britain: My Vision of a Young Country.
Du point de vue souverainiste français, Blair représente un archétype de la posture atlantiste: chef de gouvernement d'une puissance nucléaire ancrée dans la relation spéciale avec Washington, il a engagé le Royaume-Uni aux côtés des États-Unis dans l'invasion de l'Irak en 2003, au mépris des objections françaises portées par Jacques Chirac et Dominique de Villepin devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Cette divergence franco-britannique majeure a cristallisé, à l'époque, la question de l'autonomie stratégique européenne et de la capacité de la France à défendre une ligne diplomatique indépendante face à la pression américaine.
Après son départ de Downing Street, Blair a occupé jusqu'en 2015 le poste d'envoyé spécial du Quartet pour le Proche-Orient, sans laisser de trace décisive sur ce dossier. Il a depuis multiplié les activités au sein de think tanks et d'initiatives transnationales favorables à la mondialisation économique et à une gouvernance supranationale, positionnement qui le place structurellement à l'opposé des thèses souverainistes sur le contrôle national des leviers régaliens, qu'il s'agisse de la diplomatie, de la défense ou des politiques économiques. Son ouvrage autobiographique A Journey (2010) revient sur ces choix sans en réviser les fondements.
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