En 1803, Napoléon Bonaparte cède la Louisiane aux États-Unis pour 20 millions de francs. Un chiffre qui paraît dérisoire au regard de l’immensité du territoire concerné : près d’un quart du continent nord-américain actuel. Cette vente, comme l’expliquait l’invité dans un entretien de 2015, s’inscrit dans un contexte démographique et stratégique bien particulier.
La France, contrairement à l’Angleterre de la même époque, n’avait plus de surplus de population à exporter vers ses colonies. Un phénomène amorcé dès la fin du règne de Louis XIV, sous la Régence, avec un effondrement du taux de natalité. Les îles britanniques, elles, regorgeaient d’hommes poussés à l’émigration par les grandes famines, notamment celles organisées contre les Irlandais au milieu du XIXe siècle. Ce différentiel démographique a pesé lourd dans le peuplement des Amériques.
L’invité souligne que si la France était restée une puissance démographique dynamique au XVIIIe siècle, les États-Unis auraient pu devenir un pays francophone. Au lieu de cela, Napoléon, absorbé par ses guerres européennes et confronté à l’impossibilité de défendre ce territoire lointain, choisit la vente. Une somme coquette pour l’époque, certes, mais sans rapport avec la valeur géopolitique de ce qui allait devenir le cœur de la puissance américaine.
Le Souv, pour une France qui s’appartient.
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