Jacques Chirac, né le 29 novembre 1932 et mort le 26 septembre 2019, a occupé les plus hautes fonctions de l'État français : deux fois Premier ministre (1974-1976, puis 1986-1988), maire de Paris pendant près de dix-huit ans (1977-1995), et Président de la République de 1995 à 2007. Issu de Sciences Po Paris puis de l'ENA (promotion Vauban, 1959), il a construit une carrière politique ancrée dans le gaullisme, courant dont il a longtemps revendiqué l'héritage, notamment sur la question de l'indépendance nationale et du rôle de l'État dans les affaires stratégiques.
Sur le plan diplomatique, son refus d'engager la France aux côtés des États-Unis lors de l'invasion de l'Irak en 2003 constitue l'acte le plus nettement souverainiste de sa présidence. En portant ce désaccord devant le Conseil de sécurité de l'ONU, il a affirmé la capacité de la France à tenir une position autonome face à la puissance américaine, au risque d'une rupture durable avec Washington. Cette posture a été largement lue, à l'époque comme depuis, comme la manifestation d'une conception gaullienne des rapports de force internationaux.
Son bilan sur d'autres dimensions de la souveraineté est plus contrasté. Sur le plan européen, Chirac a soutenu le traité de Maastricht en 1992, puis le traité constitutionnel européen soumis à référendum en 2005, rejeté par les Français. Ce soutien au transfert de compétences vers les institutions communautaires l'a régulièrement placé en tension avec les positions des courants souverainistes stricts. Sur le plan économique, sa présidence n'a pas rompu avec les orientations libérales héritées des années précédentes, et les privatisations ont continué sous ses gouvernements.
Il reste une figure de référence pour ceux qui privilégient la lecture diplomatique et militaire de la souveraineté, davantage que pour ceux qui la situent d'abord dans la maîtrise économique ou institutionnelle.
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