Jean Moulin, né le 20 juin 1899 à Béziers et mort le 8 juillet 1943 près de Metz dans un convoi allemand, est le principal artisan de l'unification politique de la Résistance intérieure française sous l'autorité du général de Gaulle. Formation en droit à Montpellier, entrée très jeune dans la haute administration préfectorale, il devient à 38 ans le plus jeune préfet de France, en poste à Chartres au moment de la débâcle de juin 1940.
Son acte fondateur d'entrée en Résistance se joue le 17 juin 1940, quand il refuse de signer un texte allemand imputant à des tirailleurs sénégalais des massacres commis en réalité par la Wehrmacht. Tenté d'égorger dans sa cellule pour éviter de céder sous la torture, révoqué par Vichy en novembre 1940, il gagne Londres en octobre 1941, y rencontre de Gaulle et se voit confier la mission de fédérer les mouvements de résistance de la zone sud puis de l'ensemble du territoire. Parachuté en France en janvier 1942, il négocie pendant dix-huit mois, entre menaces d'arrestation et rivalités internes, l'unification qui aboutit le 27 mai 1943 à la création du Conseil national de la Résistance sous sa présidence.
Arrêté à Caluire près de Lyon le 21 juin 1943, torturé par Klaus Barbie, il meurt sans avoir livré un seul nom. Son transfert au Panthéon par André Malraux en 1964, un des grands moments symboliques de la Ve République, inscrit dans la durée son statut d'incarnation de l'unité retrouvée de la France résistante autour du gaullisme. Pour Le Souv, Jean Moulin représente le point précis où administration républicaine, service de l'État et résistance nationale se rejoignent dans une même trajectoire, celle d'un serviteur du bien commun devenu martyr d'une France libre.
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