À salaire net identique, un cadre supérieur coûte 30 % plus cher à son employeur en France qu’en Allemagne. Louis Gallois, ancien patron d’EADS (Airbus) et de la SNCF, livre ce constat glaçant dans un entretien aux Forces Françaises de l’Industrie, tiré de son expérience directe à la tête d’un groupe franco-allemand.
« J’avais les grilles de salaires des deux côtés », explique-t-il. Les salariés allemands et français percevaient la même rémunération nette. Mais côté charges patronales, le fossé était abyssal : en Allemagne, les cotisations sociales sont plafonnées très tôt dans la grille salariale ; en France, ce plafonnement intervient tardivement. Résultat, l’entreprise française supportait un surcoût massif sur l’emploi qualifié.
Cette distorsion ne relevait pas d’une politique d’emploi, précise Louis Gallois : elle touchait spécifiquement les salaires situés entre deux et quatre fois le SMIC, là où l’industrie expose ses cadres et techniciens à la concurrence internationale. L’ancien commissaire général à l’investissement y voit un handicap structurel de compétitivité. Les allègements de charges qu’il avait préconisés en 2012 visaient justement à corriger ce déséquilibre, avant d’être progressivement recentrés sur les bas salaires, à rebours de sa proposition initiale. Une trajectoire qui, selon lui, privilégie le traitement social du chômage au détriment de la bataille industrielle.
Voir aussi
Cet article vous a-t-il été utile ?
Qu’est-ce qui n’allait pas ? (facultatif)
Merci, c’est noté.
