Le Parlement européen a adopté une nouvelle mouture du dispositif « chat control », ce mécanisme de surveillance des communications privées qui prévoit le scan systématique des messages échangés sur les plateformes numériques. Selon Ghislain Benhessa, le vote a été obtenu en passant outre les procédures habituelles, les députés ayant été poussés à se prononcer selon des modalités qui ont court-circuité le débat. L’essayiste rappelle que ce Parlement n’a qu’une voix consultative sur de nombreux sujets et qu’il dépend des projets fixés par la Commission européenne. Cette dernière dispose seule de l’initiative législative et avance sans véritable contrôle démocratique. Le Parlement, ajoute-t-il, sert avant tout à donner une illusion démocratique à un système technocratique opaque, où Thierry Breton et Ursula von der Leyen incarnent cette dynamique d’encerclement du débat public. Pour Benhessa, ce vote s’inscrit dans une logique plus large de verrouillage des échéances électorales nationales, à l’image du DSA déjà dénoncé comme outil de régulation algorithmique de la liberté d’expression. La démocratie combattante, concept juridique qu’il juge symptomatique d’un renversement des valeurs, permet désormais de justifier ce type de dispositifs au nom même de la défense de la démocratie.

*D’après un entretien de Ghislain Benhessa sur Le Monde Moderne

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