Robocath est une entreprise française de robotique médicale fondée en 2009 à Rouen par le docteur Philippe Bencteux, radiologue interventionnel. Elle conçoit des robots qui assistent les cardiologues lors des angioplasties coronaires : le praticien pilote les guides et cathéters depuis un poste de commande, à distance du patient, ce qui réduit fortement son exposition aux rayons X. À terme, l’entreprise vise les interventions à distance pour les urgences vasculaires, comme l’infarctus ou l’AVC.
Son système R-One+, certifié CE en Europe et NMPA en Chine, est le seul robot commercialisé en Europe pour les interventions coronaires percutanées. Une quinzaine d’exemplaires sont installés dans le monde, et les études cliniques multicentriques font état d’un taux de succès technique supérieur à 98 %. Robocath développe aussi une nouvelle génération capable de manipuler jusqu’à cinq dispositifs simultanément, dont les premières procédures sur l’homme ont eu lieu en France, adossée à un portefeuille de brevets conséquent.
Le parcours de financement illustre la difficulté des medtechs françaises à trouver des capitaux européens au-delà de l’amorçage. Soutenue dès 2013 par le fonds régional GO Capital, Robocath boucle en avril 2020 son plus gros tour, 45 millions d’euros, auprès de l’industriel chinois MicroPort, avec une coentreprise dédiée au marché chinois. Faute d’investisseur français ou européen capable de suivre, le développement de la pépite normande repose déjà sur des capitaux asiatiques.
Le 15 avril 2026, l’américain Stereotaxis, coté à la Bourse de New York et basé à Saint-Louis (Missouri), annonce un accord définitif pour racheter Robocath. L’opération est finalisée le 9 juillet 2026 : 20 millions de dollars versés à la clôture, puis jusqu’à 25 millions de compléments liés à des étapes réglementaires et commerciales, dont l’autorisation de la FDA américaine pour le robot de nouvelle génération, payables en numéraire ou en actions au choix de l’acquéreur. Robocath devient une filiale à 100 % de Stereotaxis, qui en attend environ 2 millions de dollars de chiffre d’affaires la première année et vise des dépôts réglementaires aux États-Unis et en Europe d’ici deux ans.
Avec cette cession, l’unique robot d’angioplastie coronaire commercialisé en Europe passe sous contrôle américain. Quinze ans de recherche normande, une technologie brevetée et une avance clinique réelle sont cédés pour 20 millions de dollars ferme, soit moins de la moitié du seul tour de table de 2020. La robotique interventionnelle, appelée à devenir un standard des salles de cathétérisme, perd ainsi l’un de ses rares acteurs européens, dont la feuille de route se décide désormais en fonction du marché américain et de la FDA.
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