Un roi de vingt-cinq ans, auréolé de sa victoire à Marignan, décide en 1516 de bâtir un palais à sa gloire à l’orée d’une forêt giboyeuse. Trois ans plus tard, le 6 septembre 1519, François Ier signe la commission qui ouvre le chantier. Il y logera quarante-deux jours en trente-deux ans de règne.

Chambord est le plus vaste des châteaux de la Loire et le seul domaine royal resté intact depuis sa création. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981, puis compris en 2000 dans le Val de Loire classé entre Sully-sur-Loire et Chalonnes.

Pourquoi Chambord n’est pas un château comme les autres

Le projet n’est pas celui d’une résidence, mais d’une démonstration. François Ier veut un édifice néoplatonicien, nourri de l’humanisme d’Alberti, fondé sur la géométrie, les rapports mathématiques et la régularité. Le chantier durera vingt-huit ans, de 1519 à 1547, sous la supervision de Pierre Nepveu.

  • Environ 156 mètres de façade, 56 mètres de hauteur, un donjon de 44 mètres.
  • 426 pièces, 77 escaliers, 282 cheminées et 800 chapiteaux sculptés.
  • Un parc forestier clos d’environ 50 kilomètres carrés, ceint d’un mur de 32 kilomètres : le plus grand d’Europe.
  • Un plan médiéval détourné : enceinte et grosses tours d’angle, mais des parties hautes qui s’élancent en cheminées et en tourelles.
  • Une inscription à l’UNESCO en 1981, et la présence sur la toute première liste française de monuments historiques, celle de 1840.

Aucun document d’époque ne donne le nom de l’architecte. On sait seulement que François Ier s’est personnellement impliqué dans la conception. L’hypothèse d’une part prise par Léonard de Vinci, alors architecte de la cour, reste sérieuse : il est mort au Clos Lucé d’Amboise quelques mois avant l’ouverture du chantier, en 1519. Le château, presque achevé, servit à François Ier à recevoir son ancien rival Charles Quint, logé dans l’aile est en décembre 1539.

Chambord en images

Que voir à Chambord

Le donjon est le cœur du dispositif. Cinq niveaux habitables, quatre appartements carrés et quatre appartements dans les tours rondes à chaque étage, et quatre couloirs venus des quatre parties du monde qui convergent vers l’escalier central.

  • L’escalier à double révolution, au centre du donjon : deux rampes qui montent ensemble sans jamais se croiser.
  • Les terrasses, d’où l’on découvre de près la forêt de cheminées, de lucarnes et de tourelles.
  • Les appartements de François Ier, installés dans l’aile nord.
  • La chapelle, dans l’aile occidentale, dont l’entrée ouvre plein est, disposition rare pour l’époque.
  • Les jardins à la française, commandés par Louis XIV, achevés sous Louis XV, disparus, puis intégralement restitués en 2017.
  • Le parc et son mur de 32 kilomètres, parcourable à pied ou à vélo.

Le domaine appartient à l’État depuis le 13 avril 1930, acheté onze millions de francs-or au prince Élie de Bourbon. C’est à cette époque qu’a été supprimé le toit mansardé du règne de Louis XIV qui couvrait l’enceinte basse, pour rapprocher l’ensemble de son état Renaissance.

Le saviez-vous ? Pendant la Seconde Guerre mondiale, Chambord a servi de centre de triage pour les trésors des musées nationaux. Le château que François Ier avait voulu comme une vitrine de sa puissance est devenu, quatre siècles plus tard, une cachette pour les collections de la France.

Quand visiter Chambord

Le domaine se visite toute l’année. Les jardins à la française, restitués en 2017 grâce à un mécénat de 3,5 millions d’euros, se découvrent au mieux du printemps à l’automne.

Des spectacles de son et lumière se tiennent au domaine depuis le 30 mai 1952. Et si le Cosson déborde, comme en juin 2016, la cour royale peut se retrouver sous l’eau : la rivière n’a jamais été tout à fait domptée.

Comment se rendre à Chambord et où se garer

Chambord se trouve dans le Loir-et-Cher, en Sologne, sur une courbe du Cosson, à 14 kilomètres à l’est de Blois et à environ 6 kilomètres de la rive gauche de la Loire. Le nom vient du gaulois cambo-rito, le passage sur la courbe, autrement dit un gué.

Depuis la gare de Blois, les lignes d’autocars 2 et 18 du réseau RÉMI desservent le domaine. En voiture, la sortie 16 de l’A10 est à 14 kilomètres au nord du château, et la RD33 traverse le domaine.

À voir dans les environs

Le Val de Loire aligne les pépites. Lavardin garde les ruines de sa forteresse au-dessus du Loir, et Montrésor ses maisons blanches au bord de l’Indrois. Plus à l’est, Sancerre domine son vignoble depuis sa colline.

À une heure de route, la cathédrale de Chartres montre ce que le même pays savait faire trois siècles plus tôt, avec une ambition d’une tout autre nature.

Ressources

Deux vidéos pour comprendre le château et son escalier.

Questions fréquentes sur le château de Chambord

François Ier. Il en décide le principe en 1516, au retour de Marignan, et signe le 6 septembre 1519 la commission qui ouvre le chantier. Celui-ci durera vingt-huit ans, jusqu’en 1547.

Aucun document d’époque ne nomme l’architecte. L’hypothèse d’une part prise par Léonard de Vinci, alors architecte de la cour de François Ier, reste probable : il est mort au Clos Lucé quelques mois avant le début du chantier, en 1519.

426 pièces, 77 escaliers, 282 cheminées et 800 chapiteaux sculptés, pour environ 156 mètres de façade et 56 mètres de hauteur.

L’escalier central du donjon, formé de deux rampes hélicoïdales enroulées l’une au-dessus de l’autre : deux personnes peuvent le monter et le descendre sans jamais se croiser. Quatre couloirs y mènent depuis les quatre parties du château.

Oui, depuis 1981. Le domaine est ensuite compris, à partir de 2000, dans le Val de Loire inscrit entre Sully-sur-Loire et Chalonnes. Il figure aussi sur la première liste française de monuments historiques, celle de 1840.

Très peu. Pendant la période du chantier, le roi n’y a logé que quarante-deux jours en trente-deux ans de règne. Il y reçut toutefois Charles Quint en décembre 1539.

À l’État français, qui l’a acheté le 13 avril 1930 pour onze millions de francs-or au prince Élie de Bourbon.

Environ 50 kilomètres carrés, ceints par un mur de 32 kilomètres. C’est le plus grand parc forestier clos d’Europe.

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