On la voit avant d’arriver. Depuis la plaine de la Beauce, les deux flèches de Chartres se détachent à près de trente kilomètres, et cette silhouette n’a pas bougé depuis le XIIIe siècle.
C’est là tout son intérêt. Bâtie pour l’essentiel en trente ans après l’incendie de 1194, la cathédrale a traversé huit siècles avec ses sculptures, ses vitraux et son dallage. Elle fait partie des tout premiers monuments français inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, en 1979.

Pourquoi la cathédrale de Chartres est un sommet du gothique
Chartres est un lieu de pèlerinage bien avant d’être un chef-d’œuvre gothique. En 876, Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, offre à la cathédrale la relique connue sous le nom de Voile de la Vierge : l’événement fait du sanctuaire un lieu de premier plan. L’édifice brûle et renaît plusieurs fois. La cathédrale de l’évêque Fulbert est consacrée le 17 octobre 1037 ; c’est celle-là que l’incendie de 1194 emporte.
- Une reconstruction menée tambour battant au début du XIIIe siècle, pour la majeure partie en trente ans, ce qui donne à l’édifice une unité rare.
- Des vitraux du XIIIe siècle répartis sur quatre-vingt-quatorze baies, un ensemble que peu de cathédrales peuvent montrer.
- Deux tours dépareillées : le clocher vieux au sud, 103 mètres, bâti entre 1142 et 1170 ; le clocher neuf au nord, 115 mètres, achevé en 1516.
- Un dallage de pierre de Berchères, poli par les semelles des visiteurs au fil des siècles, et le labyrinthe qui s’y dessine.
- Un classement au titre des monuments historiques dès 1862 et l’inscription à l’UNESCO en 1979.
Le chantier avance vite. Les claires-voies du chœur sont réalisées entre 1215 et janvier 1221, année où les chanoines s’installent. Entre 1222 et 1226, le chroniqueur Guillaume le Breton écrit déjà son admiration pour l’église de Chartres, qu’il croit achevée. Les fenêtres constituent alors le plus vaste et le plus coûteux ensemble de verre jamais mis dans un édifice : le verre revient plus cher que la pierre.
La cathédrale de Chartres en images



Que voir à la cathédrale de Chartres
Il faut du temps. La cathédrale se lit à trois niveaux : les portails sculptés à l’extérieur, les vitraux qui filtrent la lumière à l’intérieur, et la crypte, sous les pieds.
- Les vitraux du XIIIe siècle, sur quatre-vingt-quatorze baies, en cours de restauration complète au rythme de deux à trois baies par an.
- Les portails et leurs tympans sculptés, dont le portail occidental et ses statues allongées.
- Le labyrinthe, dessiné dans le dallage en pierre de Berchères claire et en pierre marbrière noire.
- Les deux tours, le clocher vieux et sa flèche effilée, le clocher neuf de style gothique flamboyant achevé par Jehan de Beauce.
- La crypte et le puits des Saints Forts, profond d’environ trente-trois mètres et demi.
- La chapelle Saint-Piat, dont les sept vitraux ont été restaurés en 2017, et ses verrières contemporaines installées en 2022.
Le puits des Saints Forts a une histoire à lui seul. Probablement creusé à l’époque gallo-romaine dans l’enceinte de l’oppidum carnute d’Autricum, il alimentait la ville en eau. Comblé au milieu du XVIIe siècle par un clergé agacé par les superstitions qui s’y attachaient, il n’a été retrouvé et dégagé qu’en 1900 et 1901, par l’historien local René Merlet.
Le saviez-vous ? Si les statues des portails de Chartres sont si allongées et si plates, ce n’est pas un choix de style, c’est une contrainte de carrière. Elles sont taillées dans le liais franc, un calcaire des anciennes carrières de Paris à la fois dur et très fin, mais qui n’existe qu’en une couche de trente à quarante centimètres d’épaisseur. Les sculpteurs ont fait avec.
Quand visiter la cathédrale de Chartres
La cathédrale se visite toute l’année, mais ce sont les vitraux qui commandent : selon l’heure et la saison, la même verrière ne donne pas la même lumière. Le matin pour les baies du nord, la fin de journée pour celles du sud.
Le chantier de restauration des vitraux se poursuit au rythme de deux à trois baies par an, chaque baie représentant environ 160 000 euros. En 2012, les deux tiers étaient déjà restaurés : selon la période, une partie de l’édifice peut donc être sous échafaudage.
Comment se rendre à la cathédrale de Chartres et où se garer
La cathédrale se dresse au cœur de Chartres, préfecture d’Eure-et-Loir, à une heure environ de Paris par le train. Elle domine la ville et la plaine de la Beauce.
Tout le centre historique se parcourt à pied. Depuis la campagne alentour, la silhouette des deux flèches sert de repère à des kilomètres : c’est ainsi que les pèlerins l’ont toujours approchée.
À voir dans les environs
Le Centre-Val de Loire ne manque pas de pépites. Lavardin garde les ruines de sa forteresse au-dessus du Loir, Yèvre-le-Châtel dresse son château dans le Loiret, et Montrésor aligne ses maisons blanches au bord de l’Indrois.
Pour rester dans le patrimoine bâti, la citadelle de Besançon et Neuf-Brisach montrent l’autre grand chantier français de la pierre : non plus élever vers le ciel, mais tenir la frontière.
Ressources
Deux vidéos pour découvrir l’édifice et le travail des maîtres verriers.
Questions fréquentes sur la cathédrale de Chartres
Au début du XIIIe siècle, pour la majeure partie en trente ans, après l’incendie qui détruisit en 1194 la cathédrale romane précédente. Des ajouts sont venus plus tard, comme la chapelle de Vendôme et la flèche nord du XVIe siècle.
Parce qu’elles n’ont pas le même âge. La tour sud, dite clocher vieux, haute de 103 mètres, a été édifiée entre 1142 et 1170. La tour nord, dite clocher neuf, haute de 115 mètres, a été achevée en 1516 par Jehan de Beauce, en gothique flamboyant, après l’incendie de son beffroi de bois en 1506.
Les vitraux du XIIIe siècle se répartissent sur quatre-vingt-quatorze baies. Ils font l’objet d’un programme de restauration complète, au rythme de deux à trois baies par an.
Oui, depuis 1979. Elle fait partie des tout premiers monuments français inscrits sur la liste du patrimoine mondial. Elle est par ailleurs classée au titre des monuments historiques depuis 1862.
Une relique offerte à la cathédrale en 876 par Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, aussi appelée Sainte Tunique. C’est elle qui a fait de Chartres un grand sanctuaire de pèlerinage marial.
Un puits d’environ trente-trois mètres et demi situé dans la crypte, probablement creusé à l’époque gallo-romaine dans l’oppidum carnute. Comblé au milieu du XVIIe siècle, il a été retrouvé et dégagé en 1900 et 1901 par l’historien René Merlet.
C’est une légende, forgée au XIVe siècle par les chanoines de la cathédrale puis popularisée au XVIIe. Elle a été reprise si longtemps qu’elle a pris les apparences d’un fait historique, mais elle relève bien de la tradition et non de l’archéologie.
À près de trente kilomètres. L’édifice domine la ville et toute la plaine de la Beauce, ce qui a longtemps servi de repère aux pèlerins.
