Le patrimoine français inscrit à l’UNESCO
Les lieux de notre sélection qui figurent sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, tous thèmes confondus : places fortes, villages, monuments et paysages.
Une inscription au patrimoine mondial se mérite, et elle se dispute. Chaque pays ne peut présenter qu’un seul dossier par an : en 2007, la France a dû trancher entre le réseau des fortifications de Vauban et l’œuvre de Le Corbusier. C’est Vauban qui l’a emporté, et ses douze places fortes ont été inscrites le 7 juillet 2008.
Les critères ne se limitent pas à la beauté du monument. L’authenticité compte, l’état de conservation aussi, et jusqu’au paysage qui entoure le bien. Deux sites du réseau Vauban en ont fait les frais et ont été écartés au dernier moment.
Monuments 41

L’abbaye de Fontenay
Côte-d'OrLa plus ancienne abbaye cistercienne conservée, reconnaissable à son dépouillement : chez les cisterciens, l’absence d’ornement est une règle, pas une économie.
L’abbaye du Mont-Saint-Michel
MancheUn monastère fondé en 708, jamais pris malgré les sièges, doublement inscrit à l’UNESCO, et encore en activité aujourd’hui.
La cathédrale d’Albi
TarnUne cathédrale conçue comme une place forte au lendemain de la croisade contre les cathares, presque entièrement bâtie en brique.
La cathédrale d’Amiens
SommeLa plus vaste cathédrale de France par ses volumes intérieurs, archétype du gothique classique, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.
La cathédrale de Bourges
CherCas exceptionnel en France pour une cathédrale gothique : elle n’a pas de transept. Le résultat est un espace intérieur unifié, sans rupture, que ses contemporaines n’ont pas cherché.
La cathédrale de Chartres
Eure-et-LoirL’une des cathédrales gothiques les mieux conservées de France par ses sculptures, ses vitraux et son dallage, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO dès 1979.
La cathédrale de Reims
MarneLa cathédrale des sacres, l’une des réalisations majeures de l’art gothique français avec ses 2 303 statues, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1991.
La cathédrale de Strasbourg
Bas-RhinLe plus haut édifice du monde pendant près de 230 ans, de 1647 à 1874. Un grès rose des Vosges, un clocher unique et une horloge astronomique de la Renaissance.
La citadelle d’Arras
Pas-de-CalaisUne citadelle de Vauban jamais attaquée, surnommée la belle inutile, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, et le lieu où 218 personnes ont été fusillées entre 1941 et 1944.
La citadelle de Besançon
DoubsOnze hectares de fortifications signées Vauban au sommet du mont Saint-Étienne, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008 et premier monument visité de Franche-Comté.
La citadelle de Blaye
GirondeVingt-cinq hectares de fortifications sur un rocher dominant la Gironde de trente-cinq mètres, pièce maîtresse du verrou de l’estuaire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
La citadelle de Mont-Louis
Pyrénées-OrientalesLe village fortifié le plus haut de France, l’une des rares villes créées de rien par Vauban, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008 et militaire sans interruption depuis plus de trois siècles.
La cité de Carcassonne
AudeUne double enceinte de près de 3 km à cinquante-deux tours, sauvée de la démolition au XIXe siècle par la ténacité d’un seul homme.
La forteresse royale de Chinon
Indre-et-LoireUn ensemble de trois châteaux étiré sur trois cents mètres au-dessus de la Vienne, capitale continentale des Plantagenêt, théâtre du procès des Templiers et de la rencontre entre Jeanne d’Arc et le dauphin.
La nécropole de Fleury-devant-Douaumont et l’ossuaire de Douaumont
MeuseLa nécropole et l’ossuaire de Douaumont, sur le champ de bataille de Verdun : 16 142 tombes individuelles et les restes mêlés de 130 000 soldats français et allemands restés inconnus.
La nécropole de Notre-Dame-de-Lorette
Pas-de-CalaisLa plus grande nécropole militaire de France, où reposent plus de 40 000 soldats de la Première Guerre mondiale, et l’Anneau de la Mémoire, qui grave près de 600 000 noms sans distinction de nationalité.
La saline royale d’Arc-et-Senans
DoubsUne usine du XVIIIe siècle dessinée comme un palais par Claude-Nicolas Ledoux, en activité jusqu’en 1895, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La tour Vauban de Camaret-sur-Mer
FinistèreUn des prototypes les mieux conservés des forts à la mer de Vauban, reconnaissable à son enduit ocre de brique pilée, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais
Pas-de-CalaisUn paysage entièrement façonné par trois siècles d’extraction du charbon : terrils, chevalements, corons. 353 éléments inscrits à l’UNESCO en 2012.
Le canal du Midi
Haute-GaronneLe défi n’était pas de creuser un canal mais d’acheminer l’eau de la montagne Noire jusqu’au seuil de Naurouze, son point le plus haut, à 189 m.
Le château d’Azay-le-Rideau
Indre-et-LoireUn château Renaissance monté en partie sur pilotis dans le lit de l’Indre, bâti de 1518 à 1524, acheté par l’État en 1905 et classé monument historique en 1914.
Le château d’Ussé
Indre-et-LoireVauban, devenu beau-père du marquis d’Ussé en 1691, y a construit les terrasses et l’allée des Cavaliers. Les jardins suivent des dessins de Le Nôtre.
Le château de Chambord
Loir-et-CherLe plus vaste des châteaux de la Loire, seul domaine royal resté intact depuis sa création, au cœur du plus grand parc forestier clos d’Europe. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.
Le château de Chaumont-sur-Loire
Loir-et-CherUne forteresse rasée sur ordre de Louis XI puis relevée en résidence Renaissance, passée entre les mains de Catherine de Médicis et de Diane de Poitiers, et devenue depuis 1992 la capitale française du jardin contemporain.
Le château de Chenonceau
Indre-et-LoireLe seul château de la Loire bâti sur une rivière, avec sa galerie à deux étages jetée au-dessus du Cher, façonné par une succession de femmes du XVIe siècle à nos jours.
Le château de Langeais et le mariage de 1491
Indre-et-LoireLe mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne, le 6 décembre 1491, y a scellé la fin de l’indépendance du duché de Bretagne. Le château, achevé en 1469, est resté presque intact.
Le château de Saumur
Maine-et-LoireUne forteresse devenue château-palais aux tours octogonales, surnommée le château d’amour par le roi René, immortalisée dans les Très Riches Heures du duc de Berry.
Le château royal d’Amboise
Indre-et-LoireUne résidence royale perchée sur un éperon au-dessus de la Loire, où reposent les restes présumés de Léonard de Vinci, classée monument historique dès la liste de 1840.
Le château royal de Blois
Loir-et-CherLa résidence favorite des rois de France à la Renaissance, qui réunit autour d’une même cour un panorama de l’architecture française du Moyen Âge à l’époque classique.
Le phare de Cordouan
GirondeLe plus ancien phare de France encore en activité, bâti de 1584 à 1611 à sept kilomètres au large, avec sa chapelle et ses appartements royaux. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juillet 2021.
Le pont d’Avignon
VaucluseLe Rhône a eu raison de lui. Des vingt-deux arches d’origine sur 920 m, il ne reste que quatre arches et 160 m.
Le pont du Gard
GardLe plus haut pont-aqueduc connu du monde romain, bâti au Ier siècle pour franchir le Gardon, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis décembre 1985 et classé dès la liste de 1840.
Le pont Valentré
LotUn pont conçu comme une forteresse, avec trois tours et six arches à becs aigus. La dissuasion a si bien marché qu’il n’a jamais été attaqué.
Les fortifications de Briançon
Hautes-AlpesUne enceinte urbaine et une ceinture de forts de montagne conçues par Vauban pour verrouiller la frontière des Alpes, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Les fortifications de Longwy
Meurthe-et-MoselleUne ville neuve hexagonale à six bastions, bâtie de toutes pièces sur un plateau lorrain à la place d’une cité médiévale jugée indéfendable, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008.
Les fortifications de Saint-Martin-de-Ré
Charente-MaritimeUne citadelle en carré parfait et une enceinte urbaine de quatorze kilomètres pensée pour accueillir la population de toute l’île de Ré en cas de siège, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Les jardins de Villandry
Indre-et-LoirePlus de six hectares de jardins Renaissance reconstitués à partir de 1906 d’après des planches du XVIe siècle, étagés sur quatre niveaux de terrasses, labellisés Jardin remarquable.
Les salines de Salins-les-Bains
JuraSept mille ans d’exploitation du sel et une galerie souterraine du XIIIe siècle encore en place. La moitié des profits que le duché de Bourgogne tirait de la Comté venait d’ici.
Les tours Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue et de l’île Tatihou
MancheDeux tours observatoires jumelles élevées en 1694 de part et d’autre de la rade, après le désastre naval de la Hougue, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Neuf-Brisach
Haut-RhinLa dernière place forte construite ex nihilo par Vauban, une ville octogonale dessinée d’un seul trait en 1698 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Notre-Dame de Paris
ParisLa charpente médiévale demandait 1 300 chênes, soit plus de vingt et un hectares de forêt. D’où son surnom : la forêt de Notre-Dame.Comment nous rangeons ces lieux
Sur Le Souv, chaque lieu garde son thème d’origine : un village classé reste dans les villages, une citadelle reste dans les monuments. L’étiquette UNESCO les réunit ici sans les déplacer, ce qui évite de raconter deux fois le même lieu à deux adresses différentes.
Questions fréquentes
Combien de fortifications de Vauban sont inscrites à l’UNESCO ?
Douze, depuis le 7 juillet 2008, réunies au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban.
Un pays peut-il présenter plusieurs candidatures par an ?
Non. Chaque pays ne peut défendre qu’un seul dossier par an, ce qui oblige à arbitrer entre les candidatures nationales.
Un village peut-il être à la fois classé UNESCO et Plus Beau Village de France ?
Oui. Villefranche-de-Conflent et Mont-Dauphin, par exemple, cumulent le label des Plus Beaux Villages de France et l’inscription au titre des fortifications de Vauban.
