Sur les hauteurs du massif vosgien, à 800 mètres d’altitude, à proximité du village de Natzwiller (Bas-Rhin), le camp de concentration de Natzweiler-Struthof est le seul camp de ce type construit par les nazis sur le territoire français. Ouvert le 1er mai 1941 pour exploiter un filon de granit rose au profit du Reich, il voit passer environ 52 000 déportés de plus de trente nationalités jusqu’à son évacuation en septembre 1944, auxquels s’ajoutent des dizaines de milliers d’autres internés dans son réseau de plus de cinquante camps annexes. Environ 17 000 personnes y meurent.
Majoritairement des résistants et des opposants politiques dans le camp principal, les déportés y subissent un travail forcé épuisant dans la carrière de granit, ainsi que des expériences pseudo-médicales menées dans une chambre à gaz aménagée en 1942-1943. À partir de 1943, le camp devient le lieu de regroupement des détenus « Nuit et brouillard » (Nacht und Nebel) d’Europe occidentale. Découvert le 25 novembre 1944 par la 3e division d’infanterie américaine, entièrement vide, c’est le premier camp de concentration découvert sur le front de l’Ouest.

Pourquoi le Struthof est un haut lieu de la mémoire nationale
Le ministère des Armées a classé l’ensemble formé par le site du Struthof et la nécropole nationale de Thil, en Meurthe-et-Moselle, parmi les dix hauts lieux de la mémoire nationale, par un arrêté du 20 mars 2014.
- Le seul camp de concentration nazi construit sur le territoire français, ouvert le 1er mai 1941 et découvert par les Américains le 25 novembre 1944.
- Plus de 52 000 déportés de plus de trente nationalités, environ 17 000 morts entre 1941 et 1945.
- Une chambre à gaz utilisée notamment pour la « collection anatomique » du professeur Hirt : 86 déportés juifs assassinés en août 1943.
- La nécropole nationale de Thil, sur le site du seul camp annexe du système concentrationnaire nazi implanté en territoire français non annexé, doté d’un four crématoire.
- Le Centre européen du résistant déporté (CERD), inauguré le 3 novembre 2005 par le président Jacques Chirac.
Que voir au Struthof
Le Mémorial national de la déportation, un mur de granit surmonté d’une croix de Lorraine haute de 12 mètres, domine le site depuis son inauguration le 23 juillet 1960 par le général de Gaulle. En contrebas, la nécropole nationale rassemble les dépouilles de 1 117 déportés français. Le parcours de visite traverse les vestiges du camp : baraques, miradors, chemin des déportés, et la chambre à gaz, rouverte au public en 2022 après dix-huit mois de restauration.
Construit sur la Kartoffelkeller, une cave en béton armé de 110 mètres de long bâtie par les déportés en 1943, le Centre européen du résistant déporté présente sur 2 000 m² une exposition consacrée à la résistance et à la déportation en Europe. À 150 kilomètres de là, près de Longwy, la nécropole nationale de Thil conserve, dans une crypte bâtie au-dessus du four crématoire du camp annexe, les cendres des déportés morts sur ce site entre juin et septembre 1944.
Le saviez-vous ? Le 3 avril 1962, un déporté inconnu est exhumé de la nécropole du Struthof. Sa dépouille, transférée à Paris, devient celle du déporté inconnu du mémorial des martyrs de la déportation, inauguré neuf jours plus tard, le 12 avril 1962, par le général de Gaulle.
Quand visiter le Struthof
Le site est ouvert du mardi au dimanche, fermé le lundi, de 9h à 18h30 en saison estivale (avril-septembre) et de 9h à 17h30 en saison hivernale, la billetterie fermant une heure avant la fermeture. L’accès est libre, avec possibilité de visites guidées quotidiennes ou d’un audioguide en cinq langues. La nécropole de Thil, elle, se visite librement toute l’année et gratuitement.
Comment se rendre au Struthof et où se garer
Le site se trouve au lieu-dit Le Struthof, sur la commune de Natzwiller, dans le Bas-Rhin, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Strasbourg. La nécropole de Thil, en Meurthe-et-Moselle, se trouve à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Longwy.
À voir dans les environs
À une cinquantaine de kilomètres, la cathédrale de Strasbourg domine la capitale alsacienne depuis près de deux siècles et demi. Près de la nécropole de Thil, les fortifications de Longwy montrent un autre pan du patrimoine militaire du Grand Est, celui des villes-étoiles de Vauban.
Le Struthof en images


Ressources
Questions fréquentes sur le Struthof
Qu’est-ce que le camp de Natzweiler-Struthof ?
C’est le seul camp de concentration nazi construit sur le territoire français, ouvert le 1er mai 1941 près de Natzwiller, dans le Bas-Rhin, pour exploiter une carrière de granit rose.
Combien de personnes ont été déportées au Struthof ?
Environ 52 000 personnes de plus de trente nationalités ont été enregistrées au camp principal et dans son réseau de plus de cinquante camps annexes, entre 1941 et 1945. Environ 17 000 y sont mortes.
Qu’est-ce que la nécropole nationale de Thil ?
Elle se trouve en Meurthe-et-Moselle, sur le site d’un camp annexe du Struthof qui a la particularité d’avoir été le seul camp du système concentrationnaire nazi implanté en territoire français non annexé. Une crypte y a été inaugurée en novembre 1946 au-dessus du four crématoire du camp.
Le Struthof est-il un haut lieu de la mémoire nationale ?
Oui. Le ministère des Armées a classé l’ensemble formé par le site du Struthof et la nécropole de Thil parmi les dix hauts lieux de la mémoire nationale par un arrêté du 20 mars 2014.
Qu’est-ce que le Centre européen du résistant déporté ?
C’est le musée du site, inauguré le 3 novembre 2005 par le président Jacques Chirac. Construit sur une ancienne cave bâtie par les déportés en 1943, il présente sur 2 000 m² une exposition consacrée à la résistance et à la déportation en Europe.
Quels sont les horaires du Struthof ?
Le site est ouvert du mardi au dimanche, de 9h à 18h30 en saison estivale et de 9h à 17h30 en saison hivernale, la billetterie fermant une heure avant la fermeture.
