Il y a deux Longwy. En bas, dans la vallée de la Chiers, la vieille ville médiévale. En haut, sur le plateau, une cité hexagonale tracée d’un seul geste, avec six bastions et une place centrale. Cette ville-là n’existait pas avant Vauban : elle a été créée de toutes pièces à partir de 1679.
Longwy-Haut est aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban. Le classement, retenu dès mars 2006, a été définitivement acquis en 2008.

Pourquoi Vauban a bâti une ville neuve sur le plateau
Quand la France reprend le contrôle du Pays-Haut, les ingénieurs du roi constatent l’évidence : l’ancienne Longwy, bâtie au fond de la vallée et cernée de collines boisées, ne peut pas tenir face à l’artillerie moderne. Sur ordre de Louis XIV, on ne la reconstruit pas. On bâtit ailleurs, sur le plateau voisin, et l’on rase le vieux château médiéval.
- Une cité fortifiée hexagonale à six bastions, avec son enceinte, ses casernes, ses poudrières et son église.
- Des fortifications construites de 1679 à 1690, la première pierre étant posée en 1680 sous l’angle du bastion 1, dit du Faubourg.
- Un poste avancé du pré carré, le réseau de places fortes voulu par Louis XIV pour tenir la frontière du nord.
- Un plan en étoile encore lisible, même si plusieurs portions de remparts ont été détruites par les bombardements de la Première Guerre mondiale.
- L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, après une sélection dans le réseau dès mars 2006.
Bâtir une ville ne suffit pas, il faut la peupler. Vauban adresse à Louvois une série de propositions très concrètes : remise d’impôts et de corvées pour les nouveaux habitants, subventions royales pour construire maisons et ateliers, prêts sans intérêt pour les artisans indispensables, boulangers, forgerons et charpentiers, octroi de terrains aux familles qui s’établissent sur le plateau, et appel aux réfugiés lorrains dispersés depuis la guerre de Trente Ans. Louvois accepte en partie ces mesures, appliquées dès 1681.
Longwy-Haut en images



Que voir à Longwy-Haut
La ville haute se parcourt à pied, de la place Darche aux remparts. Beaucoup d’éléments sont classés au titre des monuments historiques : la porte de France, la maison de l’Intendance, le puits de siège, l’hôtel de ville, et de nombreux bastions et ouvrages.
- La porte de France, seule des deux grandes portes fortifiées à subsister, avec son pont-levis et son pont à arcades. Elle est devenue le symbole de la ville.
- La place Darche, cœur de la ville neuve, et l’hôtel de ville.
- Le puits de siège et la maison de l’Intendance.
- L’église Saint-Dagobert, bâtie avec la ville neuve.
- Les bastions et courtines conservés, qui laissent deviner le tracé en étoile.
À Longwy-Bas, la tradition des émaux de Longwy se perpétue depuis les premières faïences de 1798. Six faïenciers y travaillent encore, dont deux dirigés par un Meilleur Ouvrier de France.
Le saviez-vous ? Les remparts de Longwy ont beaucoup souffert, mais pas seulement de la guerre. La lunette dite de Bourgogne est détruite dès 1827, la porte de Bourgogne disparaît en 1914, et toutes les parties non classées sont comblées entre 1921 et 1926, puis en 1953 et 1954, pour permettre à la ville de s’agrandir. Le dernier ouvrage à corne a été détruit en 1958.
Quand visiter Longwy
La ville haute se visite toute l’année. La porte de France, transformée en promenade piétonne, se franchit librement.
Depuis 2008, un carnaval vénitien se tient sur deux jours entre la place Darche et les fortifications, avec feu d’artifice et ateliers de costumes. L’été, le festival Longwy la Nuit installe ses concerts gratuits sur la place, les remparts et la porte de France.
Comment se rendre à Longwy-Haut et où se garer
Longwy se trouve en Meurthe-et-Moselle, au Pays-Haut, tout près des frontières belge et luxembourgeoise. La ville compte trois sections, dont Longwy-Haut, l’ancienne ville fortifiée, perchée au-dessus de la vallée de la Chiers.
On monte en voiture depuis Longwy-Bas, puis tout se fait à pied dans l’enceinte. La place Darche offre le point de départ le plus logique.
À voir dans les environs
La Lorraine garde de beaux villages à portée de route. Rodemack, en Moselle, se serre derrière ses remparts médiévaux, et Saint-Quirin pointe ses clochers à bulbe au cœur de la forêt vosgienne. Plus à l’ouest, Hierges veille sur la Meuse ardennaise.
Pour suivre le Réseau Vauban, Neuf-Brisach est l’autre ville neuve d’Alsace-Lorraine sortie de terre sur ordre du roi, et la citadelle d’Arras garde la même frontière du nord, un peu plus à l’ouest.
Ressources
Deux vidéos pour découvrir les remparts de Longwy et l’ensemble du Réseau Vauban.
Questions fréquentes sur les fortifications de Longwy
La ville neuve fortifiée a été retenue en mars 2006 par le Réseau des sites majeurs de Vauban, et l’inscription au patrimoine mondial a été acquise en 2008. Elle illustre la création d’une place forte ex nihilo.
De 1679 à 1690. La première pierre a été posée en 1680, sous l’angle du bastion 1, dit du Faubourg.
Parce que la vieille ville, au fond de la vallée de la Chiers et cernée de collines boisées, était jugée indefendable face à l’artillerie moderne. Louis XIV décide donc de construire sur le plateau voisin et fait raser le château médiéval.
Un hexagone, avec six bastions, une enceinte, des casernes, des poudrières et une église. Le tracé en étoile reste lisible malgré les destructions.
Une bonne partie de l’enceinte, plusieurs bastions et la porte de France, seule des deux grandes portes à subsister. Des portions ont été détruites par les bombardements de la Première Guerre mondiale, puis comblées entre 1921 et 1926 et dans les années 1950 pour agrandir la ville.
Oui, notamment en 1815. Une garnison d’environ six cents hommes commandée par le chef de bataillon Noirot résiste plus de trois semaines avant d’obtenir, le 22 juillet, une capitulation honorable : les soldats sortent avec les honneurs de la guerre.
La cité militaire a été déclassée en 1923.
Une production de faïences d’art née des premières faïences de 1798. Six faïenciers travaillent encore à Longwy-Bas, dont deux dirigés par un Meilleur Ouvrier de France.
