Arnaud Montebourg est l’homme politique français qui a le plus explicitement posé la question de la souveraineté industrielle au sommet de l’État. Ministre du Redressement productif de 2012 à 2014, il a tenté d’opposer une doctrine de défense du capital productif national à la logique de cession des grands groupes français à des intérêts étrangers.

Né le 30 octobre 1962 à Clamecy, dans la Nièvre, il fait des études de droit à Paris et passe par l’Institut d’études politiques de Paris avant de devenir avocat au barreau de Paris. Élu député de Saône-et-Loire en 1997, il siège à l’Assemblée nationale jusqu’en 2012 et préside le conseil général de Saône-et-Loire de 2008 à 2012.

En 2011, il se présente à la primaire socialiste sur le thème de la démondialisation et arrive en troisième position, imposant le mot dans le débat public. Nommé ministre du Redressement productif en mai 2012, puis ministre de l’Économie en avril 2014, il fait adopter le décret du 14 mai 2014 qui élargit le contrôle des investissements étrangers aux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé. Ce texte, resté dans le langage courant comme le décret Montebourg, a été élargi plusieurs fois depuis.

Il mène la même année la bataille perdue contre la cession de la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric, et quitte le gouvernement en août 2014. Il tire de cette expérience une critique frontale des dirigeants d’entreprises qui ont organisé la vente des champions industriels français, dont il chiffre publiquement la rémunération de sortie.

Retiré de la vie politique après une nouvelle candidature à la primaire de 2017 puis une candidature présidentielle retirée en janvier 2022, il se consacre à l’entrepreneuriat dans les filières agricoles françaises, avec la marque de miel Bleu Blanc Ruche puis la Compagnie des Amandes, qui relocalise une production quasi disparue du territoire sans acquérir le foncier agricole. Son diagnostic sur la désindustrialisation et sur la responsabilité des élites économiques françaises reste une référence du débat souverainiste.

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