Charles Pasqua est l’un des derniers gaullistes de combat à avoir traduit en termes électoraux la défense de la souveraineté nationale. Résistant à 16 ans, militant gaulliste sans interruption jusqu’à sa mort en 2015, ministre de l’Intérieur sous Chirac, fondateur avec Philippe de Villiers du Rassemblement pour la France en 1999 contre Maastricht puis contre le traité européen : son parcours dessine le souverainisme électoral français sur quarante ans.
Né en 1927 à Grasse dans une famille populaire d’origine corse, il rejoint les Forces françaises libres à 16 ans, ment sur son âge pour s’engager. Après la guerre, il s’occupe des questions commerciales chez Ricard avant de devenir l’organisateur d’élections gaullistes par excellence à travers le Service d’action civique. Député puis sénateur des Hauts-de-Seine, ministre de l’Intérieur dans deux gouvernements (1986-1988 sous Chirac, 1993-1995 sous Balladur), il transforme le département des Hauts-de-Seine en bastion politique et financier.
Sa bascule souverainiste se cristallise en 1992 lors du référendum sur Maastricht. Avec Philippe Seguin, il mène la campagne du non du côté RPR contre Chirac. Le non perd à 51 contre 49, mais la rupture est ouverte. En 1999, Pasqua quitte le RPR avec Philippe de Villiers et fonde le Rassemblement pour la France. La liste RPF arrive en tête aux élections européennes de 1999 (13%), prouvant qu’un souverainisme électoral est viable en France. La trajectoire est ensuite abîmée par diverses affaires judiciaires, qu’il combat jusqu’à sa mort en clamant la récompense politique des décisions souverainistes.
Pour Le Souv, Pasqua est un héritier de combat. Il pratique le souverainisme comme une discipline politique populaire, pas comme un raffinement intellectuel : il sait pourquoi il se bat, il le dit avec un accent du Sud qui ne s’efface jamais, et il prouve qu’une moitié de la France est prête à voter ce souverainisme quand on lui en donne l’option claire.
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