Georges Danton est la voix de la Révolution au moment où la France est envahie. Le 2 septembre 1792, alors que les Prussiens marchent sur Paris après la chute de Verdun, il monte à la tribune de l’Assemblée législative et prononce le discours le plus célèbre de la période, celui de l’audace, dont on ne cite presque jamais la chute exacte : et la France est sauvée.

Né à Arcis-sur-Aube en 1759 dans une famille de robe modeste, avocat aux conseils du roi, il se fait connaître par le club des Cordeliers dont il est l’une des figures fondatrices. Ministre de la Justice en août 1792, membre du Comité de salut public au printemps 1793, il incarne un moment la Révolution en armes.

Sa fin est celle de beaucoup : rallié aux Indulgents et partisan d’une sortie de la Terreur, il est arrêté sur ordre du Comité, jugé dans un procès expéditif et guillotiné le 5 avril 1794 avec Camille Desmoulins. Trois mois plus tard, ceux qui l’avaient envoyé à l’échafaud y montaient à leur tour.

Le Souv ne fait pas de Danton un modèle politique : sa gestion des massacres de septembre 1792 et ses accommodements financiers restent débattus par les historiens. Ce qui l’intéresse est ailleurs, dans la formulation la plus nette qu’ait produite la langue française de ce que fait un peuple quand son territoire est menacé.

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