L’abbaye du Mont-Saint-Michel est un établissement monastique encore en activité. Bénédictine autrefois, elle est affiliée depuis 2001 aux Fraternités monastiques de Jérusalem. Elle a été fondée en 708 : treize siècles de vie religieuse ininterrompue ou presque, sur un rocher.

Classée monument historique en 1862, elle est doublement inscrite à l’UNESCO : en 1979 comme Mont Saint-Michel et sa baie, en 1998 comme composante des Chemins de Compostelle en France. Elle attire à elle seule 1,5 des 2,5 millions de visiteurs annuels du mont, ce qui en fait l’un des tout premiers sites culturels de France.

Pourquoi l’abbaye du Mont-Saint-Michel est un cas unique

Selon la tradition montoise du XIe siècle, Aubert, évêque d’Avranches, aurait envoyé deux chanoines chercher au Mont-Gargan, en Italie, un morceau de marbre portant l’empreinte du pied de l’archange et un fragment de son manteau pourpre. C’est pendant cette mission que le raz-de-marée de mars 709 aurait englouti la forêt de Scissy et fait du mont une île.

  • Un monastère fondé en 708 par saint Aubert ; la dédicace de l’église et l’installation d’un chapitre de douze chanoines auraient eu lieu le 16 octobre 709.
  • Un nom qui vient du latin tumba : le site était désigné comme in monte qui dicitur Tumba vers 850, sans doute un lieu funéraire antérieur à la communauté monastique.
  • Un apogée intellectuel sous l’abbé Robert de Torigni, conseiller privé du duc de Normandie Henri II d’Angleterre.
  • Un scriptorium où l’on traduisait Aristote directement du grec en latin : le plus ancien manuscrit des Catégories date des Xe et XIe siècles, antérieur aux traductions faites depuis l’arabe à Tolède.
  • Une abbaye jamais prise, malgré l’assaut breton de Guy de Thouars en 1204 et le siège anglais de la guerre de Cent Ans.

Après l’incendie qui réduisit une partie du mont en cendres, l’abbé Jordan entreprit les premières réparations et fit ceindre l’abbaye d’une enceinte fortifiée. Philippe Auguste, sans doute conscient de sa part de responsabilité, envoya à son successeur Raoul des Iles 20 000 livres tournois pour restaurer intégralement les bâtiments.

Mont-Saint-Michel en images

Que voir à l’abbaye du Mont-Saint-Michel

L’abbaye s’empile sur elle-même : le rocher a imposé de construire en hauteur ce qu’ailleurs on aurait étalé. C’est ce qui donne à la visite son caractère de labyrinthe vertical.

  • La Merveille, l’ensemble gothique adossé à la face nord du rocher.
  • La tour octogonale des Corbins, à l’extrémité de la Merveille, et la Belle Chaise, vestiges des travaux de l’abbé Jordan.
  • Les remparts nord, au-dessus du bois de l’abbaye.
  • La tour des Fanils, surplombée par l’échauguette de la Pilette.
  • Les remparts ouest, qui ceinturent la rampe d’accès servant de deuxième entrée au Mont.
  • La vue sur la baie et sur l’îlot de Tombelaine, que les Anglais avaient fortifié.

Pendant la guerre de Cent Ans, les défenseurs financèrent la résistance sur leurs propres fonds, en portant une partie de leur orfèvrerie religieuse à fondre à l’atelier monétaire installé sur le Mont par le roi depuis 1420. Louis d’Estouteville remplace Jean le 2 septembre 1424 et fait évacuer femmes, enfants et prisonniers le 17 novembre.

Le saviez-vous ? À chaque marée basse, pendant le siège anglais, les assiégeants descendaient de Tombelaine jusqu’aux murailles du Mont. La communication avec l’extérieur ne se faisait qu’au prix d’escarmouches. La grande attaque lancée en juin ou juillet 1425 contre les Michelistes et les chevaliers bretons échoua.

Quand visiter l’abbaye du Mont-Saint-Michel

Toute l’année, mais le site change complètement avec la marée : les grandes marées entourent entièrement le rocher. Consulter les horaires avant de partir.

Le mont reçoit 2,5 millions de visiteurs par an : venir tôt le matin ou en fin de journée, et hors vacances scolaires si possible.

Comment se rendre à l’abbaye du Mont-Saint-Michel

L’abbaye se trouve sur l’îlot du mont Saint-Michel, commune du Mont-Saint-Michel, dans la Manche, en Normandie.

On stationne sur le continent, puis on rejoint le mont à pied ou par navette. De l’entrée du village à l’abbaye, la montée est raide et pavée.

À voir dans les environs

La Manche garde aussi les tours Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue et de Tatihou, l’un des douze sites du Réseau Vauban classés à l’UNESCO.

Pour l’art religieux, la cathédrale de Rouen est l’autre grand édifice normand, et Vézelay, en Bourgogne, garde sa basilique et son départ de chemin de Compostelle.

Ressources

Deux documentaires pour parcourir treize siècles d’histoire du Mont.

Questions fréquentes sur l’abbaye du Mont-Saint-Michel

En 708, par saint Aubert, évêque d’Avranches. Selon la tradition montoise, la dédicace de l’église eut lieu le 16 octobre 709, avec l’installation d’un chapitre de douze chanoines.

Oui. L’abbaye est un établissement monastique encore en activité, affilié depuis 2001 aux Fraternités monastiques de Jérusalem, après avoir été bénédictin.

Deux fois : en 1979 comme Mont Saint-Michel et sa baie, et en 1998 comme composante des Chemins de Compostelle en France. L’abbaye est par ailleurs classée monument historique depuis 1862.

Environ 2,5 millions par an, dont 1,5 million pour la seule abbaye, ce qui en fait l’un des premiers sites culturels visités de France.

Non. L’assaut breton de Guy de Thouars, en 1204, s’est brisé sur les fortifications, et le siège anglais de la guerre de Cent Ans a échoué, notamment lors de la grande attaque de l’été 1425.

L’ensemble gothique adossé à la face nord du rocher, bâti au XIIIe siècle. La tour octogonale des Corbins en marque l’extrémité.

Du latin tumba : le site est attesté vers 850 sous la forme in monte qui dicitur Tumba. Le mot est à comprendre au sens de sépulture, ce qui suggère un site funéraire antérieur à la communauté monastique.

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