Fontenay ne cherche pas à impressionner. Pas de vitraux colorés, pas de sculptures, pas de clocher qui domine la vallée : chez les cisterciens, le dépouillement de l’ornementation est une règle, et c’est ce qui fait aujourd’hui la valeur du lieu.
Fondée en 1118 par saint Bernard de Clairvaux, c’est la plus ancienne abbaye cistercienne conservée. Elle est classée monument historique depuis 1862 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.

Pourquoi Fontenay est si nue
Le nom vient du site lui-même, qui compte de nombreuses sources. L’abbaye s’installe à la confluence de la combe Saint-Bernard et de la vallée du ruisseau de Fontenay. Elle est consacrée par le pape cistercien Eugène III le 21 septembre 1147, en présence de dix cardinaux, huit évêques et de nombreux abbés du jeune ordre.
- Un premier abbé, Geoffroy de La Roche-Vanneau, cousin de saint Bernard et l’un de ses compagnons lorsqu’il entra à Cîteaux.
- Un second abbé, Guillaume d’Épiry, autre parent de Bernard, sous lequel Fontenay fonde à son tour l’abbaye des Écharlis en 1131.
- Un dortoir incendié au XVe siècle, dont la charpente actuelle a la forme d’une coque de navire renversée.
- Un escalier de nuit, au nord, qui permettait de descendre directement dans l’église pour l’office de matines.
- Un bâtiment de 53 m sur 13,50 m à la limite sud, sur voûtes d’ogives, construit par les moines à la fin du XIIe siècle.
Ce dernier bâtiment est traditionnellement présenté comme une forge où l’on travaillait le minerai de la colline voisine. Il faut le dire avec prudence : il n’existe aucune preuve écrite de cet usage. La fiche suit ici la réserve des sources.
Fontenay en images



Que voir à l’abbaye de Fontenay
L’intérêt de Fontenay tient à sa complétude : église, cloître, dortoir, salle capitulaire, tout l’ensemble monastique est en place, ce qui est rare.
- L’église abbatiale et sa nef sans décor, qui donne toute sa place à la lumière et à la pierre.
- Le cloître, cœur de la vie monastique.
- Le dortoir et sa charpente en coque de navire renversée.
- L’escalier de nuit vers l’église.
- Le grand bâtiment du sud, dit la forge, sur ses colonnes centrales.
- Les installations hydrauliques des moines, qui ont servi bien après eux.
La règle de saint Benoît contient des prescriptions détaillées sur le dortoir. Ce que l’on visite n’est pas un décor : c’est l’application d’un texte.
Le saviez-vous ? L’abbaye doit sa survie à une usine. Vendue 78 000 francs en 1791 à Claude Hugot, elle fut transformée en papeterie grâce aux installations hydrauliques des moines, et le resta près d’un siècle. Elle passa en 1820 à Élie de Montgolfier, de la famille des inventeurs de la montgolfière.
Quand visiter l’abbaye de Fontenay
Toute l’année. L’abbaye est désaffectée : on la visite comme un ensemble architectural, pas comme un lieu de culte.
Comptez une heure et demie. Le vallon et les jardins prolongent la visite.
Comment se rendre à l’abbaye de Fontenay
L’abbaye est sur la commune de Marmagne, en Côte-d’Or, en Bourgogne-Franche-Comté.
On y accède en voiture depuis Montbard, à une dizaine de kilomètres, elle-même desservie par le TGV depuis Paris.
À voir dans les environs
Les salines de Salins-les-Bains et la saline royale d’Arc-et-Senans complètent la région, avec la citadelle de Besançon.
Pour l’art religieux, l’abbaye du Mont-Saint-Michel montre l’exact contraire de Fontenay : la démesure bénédictine face à la sobriété cistercienne.
Ressources
Deux vidéos sur l’abbaye et son architecture.
Questions fréquentes sur l’abbaye de Fontenay
Parce que le dépouillement de l’ornementation est une caractéristique cistercienne. Ce n’est pas une économie mais un choix de règle.
Saint Bernard de Clairvaux, en 1118. Le nom vient des nombreuses sources du site.
Le 21 septembre 1147, par le pape cistercien Eugène III, en présence de dix cardinaux, huit évêques et de nombreux abbés de l’ordre.
Oui, depuis 1981. Elle est par ailleurs classée monument historique depuis 1862.
C’est l’interprétation traditionnelle, mais il n’existe aucune preuve écrite que l’on y travaillait le minerai de la colline voisine.
Elle fut vendue 78 000 francs en 1791 avec toutes ses terres à Claude Hugot, qui la transforma en papeterie en profitant des installations hydrauliques des moines. Elle le resta près d’un siècle.
Le dortoir fut incendié au XVe siècle et sa charpente remplacée : celle que l’on voit aujourd’hui a la forme d’une coque de navire renversée.
