Elles se font face de part et d’autre de la rade, l’une sur la butte de la Hougue, l’autre sur l’île Tatihou. Deux tours jumelles, trapues, bâties pour surveiller la mer et empêcher qu’on y refasse ce qui venait de s’y passer.

Car ces tours naissent d’une défaite. En 1692, au large de Barfleur, la flotte française du vice-amiral de Tourville affronte la flotte anglo-hollandaise. Onze vaisseaux français ne peuvent regagner Saint-Malo : ils s’échouent puis brûlent près de Tatihou et de la Hougue. Les deux tours sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.

Pourquoi deux tours face à face dans la rade

Louis XIV n’avait pas attendu le désastre pour s’inquiéter. Dès 1686, préoccupé par l’évolution de la situation en Angleterre, il charge Vauban d’inspecter les côtes normandes. L’ingénieur s’y rend à deux reprises et préconise plusieurs ouvrages. Faute de crédits, le chantier s’arrête après quelques terrassements. Il ne reprend qu’en 1694, une fois la leçon reçue.

  • Deux tours élevées à partir de juin 1694, sous la direction de Vauban, par l’ingénieur du roi Benjamin de Combes, directeur général des fortifications des côtes de Normandie.
  • Une date précise, consignée par l’historien Pierre Mangon du Houguet : on commence à y travailler le 11 juin 1694.
  • Une mission claire : défendre les baies de Saint-Vaast et de Morsalines.
  • Un dispositif croisé : chaque tour tient une rive de la rade, et l’on ne peut entrer sans passer devant les deux.
  • L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, au sein des fortifications de Vauban.

Benjamin de Combes voulait aller plus loin et créer un véritable port de guerre dans la baie. Vauban a plaidé pour, à plusieurs reprises : lors d’une inspection hivernale des côtes normandes et picardes en octobre et novembre 1694, puis une dernière fois en octobre 1699, où il séjourne onze jours à la Hougue. Le port de guerre n’a jamais vu le jour. Restent les deux tours.

Saint-Vaast-la-Hougue en images

Que voir à Saint-Vaast-la-Hougue et sur Tatihou

La visite se fait en deux temps : le port et la butte de la Hougue côté terre, puis l’île Tatihou, qui se mérite un peu.

  • La tour de la Hougue, sur sa butte, et la tour de Tatihou, sur l’île, qui se répondent d’une rive à l’autre.
  • Le fort de Tatihou, construit en 1694 après la bataille.
  • Le musée maritime, ouvert en 1992 pour le tricentenaire de la bataille : il présente le mobilier archéologique remonté des épaves, et des collections sur la pêche et la construction navale en Normandie.
  • Le jardin botanique d’environ 800 mètres carrés et le jardin maritime, qui rassemblent plusieurs centaines d’espèces du littoral.
  • Le port de plaisance de Saint-Vaast, l’un des plus animés de la côte est du Cotentin.

L’île fait vingt-neuf hectares. Elle appartient au Conservatoire du littoral depuis 1989 et n’est pas habitée en permanence. Saint-Vaast-la-Hougue, elle, a été élue Village préféré des Français en 2019.

Le saviez-vous ? À marée basse, on peut rejoindre Tatihou à pied par le Rhun, un sentier qui serpente entre les rochers et les parcs à huîtres. C’est ce chemin qu’empruntent les spectateurs des Traversées de Tatihou, le festival des musiques du large organisé chaque mi-août depuis 1995 : les horaires des concerts sont calés sur les marées, et les marcheurs disposent de quatre-vingt-dix minutes pour passer.

Quand visiter Tatihou

La belle saison, d’avril à septembre, reste le meilleur moment : le musée maritime et les jardins sont ouverts, et la traversée vers l’île est plus confortable.

À la mi-août, les Traversées de Tatihou transforment l’île en scène. Les dates sont fixées en fonction de l’amplitude des marées, ce qui n’arrive nulle part ailleurs.

Comment se rendre à Saint-Vaast-la-Hougue et sur l’île

Saint-Vaast-la-Hougue se trouve sur la côte est du Nord-Cotentin, dans la Manche. La commune compte 1 648 habitants et vit de son port, de l’ostréiculture et du tourisme.

On rejoint Tatihou par un véhicule amphibie qui assure des liaisons régulières depuis le port, ou à pied par le Rhun à certaines marées basses. Dans les deux cas, mieux vaut se renseigner sur l’horaire des marées avant de partir.

À voir dans les environs

La pointe du Cotentin est toute proche. Barfleur, à quelques kilomètres au nord, aligne ses maisons de granit autour d’un port de pêche : c’est au large de ce village que s’est jouée la bataille de 1692. Plus au sud, Saint-Céneri-le-Gérei et Beuvron-en-Auge complètent le tableau normand.

Pour rester sur les côtes de Vauban, la tour Vauban de Camaret-sur-Mer répond exactement au même besoin à l’autre bout de la Manche : une tour, une batterie basse, et un mouillage à interdire.

Ressources

Deux vidéos pour découvrir l’île et les deux tours.

Questions fréquentes sur les tours Vauban de la Hougue

Pour défendre les baies de Saint-Vaast et de Morsalines après la bataille de la Hougue de 1692, où onze vaisseaux français furent échoués puis brûlés près de l’île et de la butte.

L’ingénieur du roi Benjamin de Combes, directeur général des fortifications des côtes de haute et basse Normandie, sous la direction de Vauban. Les travaux commencent le 11 juin 1694.

Oui, depuis 2008, au sein de l’ensemble des fortifications de Vauban. Ce sont les deux tours observatoires du Réseau des sites majeurs.

Par un véhicule amphibie qui assure des liaisons régulières depuis le port, ou à pied par le Rhun, un sentier entre rochers et parcs à huîtres praticable à certaines marées basses.

Le fort de 1694 et sa tour, un musée maritime ouvert en 1992, un jardin botanique d’environ 800 mètres carrés et un jardin maritime. L’île fait vingt-neuf hectares et appartient au Conservatoire du littoral depuis 1989.

Un affrontement naval de 1692, au large de Barfleur, entre la flotte française du vice-amiral de Tourville et la flotte anglo-hollandaise. Onze vaisseaux français, incapables de regagner Saint-Malo, s’échouèrent et furent brûlés près de Tatihou et de la Hougue.

Un festival des musiques du large organisé sur l’île chaque mi-août depuis 1995. Les horaires des concerts et les dates sont calés sur les marées, les spectateurs rejoignant l’île à pied par le Rhun.

Oui. Benjamin de Combes l’avait préconisé et Vauban l’a défendu jusqu’en 1699, où il séjourna onze jours à la Hougue. Le projet n’a jamais abouti.

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