Vue du ciel, Neuf-Brisach ressemble à une figure de géométrie posée dans la plaine d’Alsace : un octogone parfait, cerné d’une étoile à seize pointes. Ce n’est pas un caprice d’artiste. C’est la dernière place forte que Vauban ait construite de rien, et l’aboutissement de tout ce qu’il avait appris en quarante ans de sièges et de chantiers.

La ville naît d’une défaite diplomatique. En 1697, les traités de Ryswick font perdre à la France la place forte de Brisach, sur la rive allemande du Rhin, et ouvrent un vide défensif entre Strasbourg et Mulhouse. Louis XIV décide de le combler en bâtissant une ville neuve face à l’ancienne. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008.

Pourquoi Neuf-Brisach est l’aboutissement de l’œuvre de Vauban

Le roi confie l’étude à Vauban et à l’architecte Jacques Tarade. Trois projets lui sont soumis ; c’est Louis XIV lui-même qui choisit le plan octogonal, avec ses huit tours bastionnées couvertes d’autant de contre-gardes, ses tenaillons, ses grandes et petites demi-lunes. La première pierre est posée le 18 octobre 1698 et les fortifications sont achevées dès 1702.

  • La seule illustration complète du « troisième système » de Vauban, sa manière la plus aboutie de concevoir une place forte.
  • Une ville dessinée d’un seul geste, où le plan des rues et celui des remparts obéissent à la même géométrie.
  • Un canal creusé spécialement jusqu’aux Vosges pour acheminer le grès rose du chantier.
  • Un territoire communal qui se réduit à la ville neuve et à ses fortifications : enclavée dans ses remparts, la cité n’a jamais pu s’étendre.
  • L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO le 7 juillet 2008, au sein du réseau des douze sites majeurs de Vauban.

La place forte n’a pas connu la gloire militaire qu’on lui prédisait. Elle soutient un blocus autrichien de 106 jours en 1814 et 1815, puis subit son premier véritable siège du 1er septembre au 10 novembre 1870 : une garnison de 5 500 hommes et 108 canons, enfermée dans des fortifications déjà dépassées, tient trente-trois jours avant de capituler. Devenue allemande, la ville voit ses ouvrages profondément remaniés à partir des années 1875. Sévèrement touchée par les bombardements de 1945, elle a depuis été restaurée.

Neuf-Brisach en images

Que voir à Neuf-Brisach

Tout se lit à pied. Depuis la place d’armes, au centre exact de l’octogone, les rues filent en damier vers les portes monumentales, et les remparts se parcourent presque intégralement.

  • Les fortifications en étoile à seize pointes, avec les huit tours bastionnées, les tenailles, les contre-gardes, les demi-lunes et leurs réduits.
  • La place d’armes, cœur géométrique de la ville, et la fontaine royale.
  • Le musée Vauban, qui retrace l’histoire de la place forte.
  • L’église royale Saint-Louis, dont la première pierre est posée le 11 octobre 1731 et qui est achevée en 1736, et le temple protestant du XIXe siècle, tous deux dotés d’un orgue.
  • Le canal Vauban et le canal de navigation du Rhône au Rhin, qui bordent la ville.

L’office de tourisme du Pays Rhin-Brisach propose des visites guidées toute l’année, menées par des guides en costume qui campent Vauban, Louvois, Tarade ou Laubanie et racontent la vie de la cité au temps de Louis XIV.

Le saviez-vous ? Pour bâtir Neuf-Brisach, il a fallu creuser un canal jusqu’aux Vosges, uniquement pour acheminer le grès rose du chantier. Les décombres d’une première ville neuve, élevée sur une île du Rhin puis détruite en application du traité de Ryswick, ont eux aussi été acheminés par un canal creusé pour l’occasion jusqu’au nouveau chantier.

Quand visiter Neuf-Brisach

La belle saison, du printemps à l’automne, reste le meilleur moment pour faire le tour des remparts et descendre dans les fossés, où la géométrie de Vauban se comprend d’un coup d’œil.

En décembre, la place d’armes accueille un marché de Noël dominé par un sapin de vingt-cinq mètres. Tous les deux ans, la place forte revit aussi au rythme d’un bivouac napoléonien, avec campement, reconstitutions et quelque trois cents figurants en costume.

Comment se rendre à Neuf-Brisach et où se garer

Neuf-Brisach se trouve dans le Haut-Rhin, en pleine plaine d’Alsace, à 3,5 kilomètres du pont sur le Rhin qui marque la frontière et fait face à Vieux-Brisach, sur l’autre rive. Colmar est à une vingtaine de kilomètres à l’ouest.

La ville tient entièrement dans ses remparts : une fois passée l’une des portes, tout se fait à pied. Mieux vaut se garer aux abords des fortifications et entrer dans l’octogone sans voiture.

À voir dans les environs

La route des vins du Haut-Rhin commence à quelques kilomètres. Eguisheim déroule ses rues en cercles concentriques autour de son château, Riquewihr garde ses remparts et ses colombages, et Hunawihr veille sur son église fortifiée au milieu des vignes.

Pour rester dans l’œuvre de Vauban, la citadelle de Besançon offre l’autre visage du même génie : non plus la ville tracée dans la plaine, mais la place forte accrochée à son rocher. Plus au nord de la route des vins, Bergheim conserve elle aussi son enceinte médiévale.

Ressources

Deux vidéos pour comprendre la géométrie de la place forte et son histoire.

Questions fréquentes sur Neuf-Brisach

La ville figure sur la liste du patrimoine mondial depuis le 7 juillet 2008, au sein du réseau des douze sites majeurs de Vauban. Elle y est présentée comme la seule illustration complète du « troisième système » de l’ingénieur.

Louis XIV en décide la construction en 1697 et en confie l’étude à Vauban et à l’architecte Jacques Tarade. Le roi choisit lui-même le plan octogonal parmi les trois projets qui lui sont soumis.

La première pierre est posée le 18 octobre 1698 et les fortifications sont achevées en 1702. L’église royale Saint-Louis suit en 1736 et la mairie en 1758.

Les traités de Ryswick, en 1697, font perdre à la France la place forte de Brisach sur la rive allemande du Rhin. Un vide défensif s’ouvre alors entre Strasbourg et Mulhouse, que Louis XIV décide de combler par une ville neuve bâtie face à l’ancienne.

Un octogone régulier, ceinturé de fortifications qui dessinent une étoile à seize pointes. Huit tours bastionnées, des contre-gardes, des tenaillons et des demi-lunes complètent l’ensemble.

Les remparts et leurs fossés, la place d’armes centrale, la fontaine royale, le musée Vauban, l’église royale Saint-Louis et le temple protestant, ainsi que le canal Vauban.

Oui. Elle subit un blocus autrichien de 106 jours en 1814 et 1815, puis un siège du 1er septembre au 10 novembre 1870, où sa garnison de 5 500 hommes et 108 canons résiste trente-trois jours avant de capituler.

Oui. L’office de tourisme du Pays Rhin-Brisach propose des visites guidées toute l’année, avec des guides en costume qui incarnent des personnages historiques comme Vauban, Louvois ou Tarade.

Le pont sur le Rhin, qui marque la frontière, est à 3,5 kilomètres. La ville allemande de Vieux-Brisach, à l’origine du nom de la place forte, se trouve sur l’autre rive.

Non. Le 9e régiment du génie a tenu le casernement Abbatucci de 1962 à 1992, et la garnison a été dissoute cette même année.

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