Il y a des lieux qui racontent d’un seul regard ce que fut la France de Louis XIV. La citadelle de Besançon en fait partie : onze hectares de pierre posés au sommet du mont Saint-Étienne, à cent trente mètres au-dessus du Doubs, qui verrouillent le méandre où la vieille ville s’est installée dès l’Antiquité.

C’est l’un des chefs-d’œuvre de Vauban, l’architecte et ingénieur de Louis XIV, et l’une des douze fortifications inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008. Premier monument visité de Franche-Comté, elle accueille aujourd’hui entre 250 000 et 300 000 visiteurs par an.

Pourquoi la citadelle de Besançon est un chef-d’œuvre de Vauban

Besançon n’était pas française quand les premières pierres ont été posées. Le 29 septembre 1668, la ville appartient encore à la Couronne d’Espagne, et ce sont les Habsbourg qui lancent le chantier, sous la direction de Prosper-Ambroise de Precipiano assisté de l’ingénieur flamand Cornelius Verboom. Vauban, lui, avait dessiné dès mars 1668 le plan d’un ouvrage militaire sur le mont Saint-Étienne.

  • Un site imprenable : le mont Saint-Étienne culmine à 371 mètres et domine de plus de cent mètres la vieille ville, elle-même enfermée dans une boucle du Doubs.
  • Trois fronts bastionnés qui barrent l’éperon dans toute sa largeur, ceinturés de remparts parcourus de chemins de ronde et ponctués de guérites.
  • Des murailles qui atteignent quinze à vingt mètres de hauteur, pour cinq à six mètres d’épaisseur.
  • Un site classé dès 1924, puis un classement au titre des monuments historiques par arrêtés de 1942, 1944 et 2025.
  • L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO le 7 juillet 2008, au sein du réseau des douze sites majeurs de Vauban.

La Franche-Comté est conquise par Louis XIV en 1674, et le traité de Nimègue, signé le 10 août 1678, rattache définitivement Besançon au royaume de France. Le roi fait alors de la ville un maillon essentiel de la défense de l’Est et confie à Vauban la poursuite du chantier. L’essentiel des travaux qu’il avait fixés s’achève en 1683 ; les fortifications de toute la ville, elles, ne seront terminées qu’en 1695, après vingt ans de travaux. Elles coûtèrent si cher au trésor royal que Louis XIV aurait demandé, dit la légende, si les murs avaient été bâtis en pierre ou en or.

La citadelle de Besançon en images

Que voir à la citadelle de Besançon

La visite commence par le front Saint-Étienne, la première ligne de défense, élevée face à la ville à l’emplacement d’une église que Vauban avait fait raser. On y lit toute la grammaire de l’ingénieur : une demi-lune en avant de la courtine, un pavillon d’entrée prolongé de courtines et terminé par des demi-bastions, et un fossé creusé à même la roche.

  • Le grand puits, creusé pour alimenter la garnison, et les citernes de récupération d’eau de pluie qu’il fallut lui adjoindre, une par front.
  • La chapelle Saint-Étienne, dédiée à saint Étienne en souvenir de l’église disparue, aux formes sobres relevées de quelques colonnes doriques.
  • Le hangar aux manœuvres, construit en 1882, où l’on apprenait à servir le canon à l’abri des intempéries.
  • Le Musée de la Résistance et de la Déportation, créé en 1971 à l’initiative de Denise Lorach, rescapée de Bergen-Belsen, et rouvert le 8 septembre 2023 après trois ans de rénovation.
  • Le Muséum, avec son jardin zoologique, son aquarium consacré depuis 2019 à la biodiversité des eaux douces locales et le plus grand insectarium de France, ainsi que le Musée comtois et l’espace Vauban.

Le lieu porte aussi une mémoire lourde. Entre le 28 avril 1941 et le 18 août 1944, cent résistants condamnés à mort ont été fusillés dans la citadelle, entre le puits et la chapelle. Parmi eux, le 26 septembre 1943, Henri Fertet, qui n’avait pas encore dix-sept ans et qui laissa à ses parents une dernière lettre restée célèbre. Un mémorial leur rend hommage.

Le saviez-vous ? Le grand puits de la citadelle passe pour le plus profond de France. Une mesure effectuée en 2015 par des spéléologues a établi sa profondeur réelle à 117,02 mètres, devant le puits de la halle de Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn (114 mètres), et celui du château de Joux, dans le même département du Doubs (102 mètres). L’eau y était pourtant saumâtre et imbuvable : il fallut construire des citernes pour recueillir l’eau de pluie.

Quand visiter la citadelle de Besançon

La citadelle se visite toute l’année, mais la période la plus confortable court de mars à octobre : c’est la saison où la ligne de bus Ginko Citadelle dessert le site depuis le pôle Chamars, et où les espaces extérieurs du Muséum se parcourent le plus agréablement.

Prévoyez large si vous voulez enchaîner les remparts, le Musée de la Résistance et de la Déportation et le Muséum. Avec 250 000 à 300 000 visiteurs par an, la citadelle est le monument le plus fréquenté de Franche-Comté, et l’affluence se concentre en plein été.

Comment se rendre à la citadelle de Besançon et où se garer

La citadelle domine Besançon, préfecture du Doubs. Sa position, qui faisait sa force militaire, complique encore aujourd’hui son accès : on rejoint le site à pied depuis le cœur de ville par des itinéraires balisés, ou en voiture par des rues étroites à forte pente.

De mars à octobre, la ligne spéciale Ginko Citadelle relie le pôle Chamars, où un parking de 362 places est disponible, en une dizaine de minutes, avec des véhicules entièrement électriques. Un petit train touristique dessert également la place forte depuis 1988.

À voir dans les environs

Le Doubs et ses voisins comptent plusieurs pépites déjà en ligne. À une trentaine de kilomètres à l’est de Besançon, Lods étage ses maisons de vignerons au-dessus de la Loue. Plus au nord, Pesmes veille sur l’Ognon depuis la Haute-Saône.

En descendant vers le Jura, Baume-les-Messieurs se blottit au fond de sa reculée, et Château-Chalon domine son vignoble de vin jaune depuis son promontoire.

La citadelle appartient au Réseau des sites majeurs de Vauban, qui réunit douze places fortes inscrites ensemble à l’UNESCO. Parmi elles, Neuf-Brisach et sa géométrie octogonale, les fortifications de Briançon perchées dans les Alpes, la citadelle de Mont-Louis en Cerdagne, les fortifications de Saint-Martin-de-Ré la tour Vauban de Camaret-sur-Mer et la citadelle de Blaye, qui verrouille l’estuaire de la Gironde.

Ressources

Deux vidéos pour prolonger la visite : une visite privée du site avec France 3 Bourgogne-Franche-Comté, et une découverte de la place forte guidée par la figure de Vauban, proposée par la citadelle elle-même.

Questions fréquentes sur la citadelle de Besançon

Elle figure sur la liste du patrimoine mondial depuis le 7 juillet 2008, au sein d’un ensemble de douze fortifications représentatives du génie architectural de Vauban. Le site illustre l’adaptation de l’architecture bastionnée à un relief escarpé.

Le chantier commence le 29 septembre 1668, alors que Besançon appartient encore à la Couronne d’Espagne, sous la direction de Prosper-Ambroise de Precipiano assisté de l’ingénieur flamand Cornelius Verboom. Vauban, qui en avait dessiné le plan dès mars 1668, reprend et achève l’ouvrage après le rattachement de la ville à la France.

Elle s’étend sur onze hectares, au sommet du mont Saint-Étienne, qui culmine à 371 mètres. Elle domine de plus de cent mètres la vieille ville installée dans la boucle du Doubs.

Entre 250 000 et 300 000 par an. C’est le monument le plus visité de Franche-Comté.

Les trois fronts bastionnés et leurs remparts, le grand puits, la chapelle Saint-Étienne et le hangar aux manœuvres de 1882. Le site abrite aussi le Muséum, le Musée de la Résistance et de la Déportation, le Musée comtois et l’espace Vauban.

À pied depuis le cœur de ville par des itinéraires balisés, en voiture par des rues étroites et pentues, ou en bus de mars à octobre avec la ligne Ginko Citadelle au départ du pôle Chamars, qui dispose d’un parking de 362 places. Un petit train touristique fonctionne également depuis 1988.

117,02 mètres, selon une mesure réalisée par des spéléologues en 2015. Les spéléologues du Doubs le considèrent comme le puits le plus profond de France.

Occupée par les troupes allemandes dès juin 1940, la citadelle a été le lieu d’exécution de cent résistants condamnés à mort, entre le 28 avril 1941 et le 18 août 1944. Les Américains l’ont reprise le 7 septembre 1944 et un mémorial rend hommage aux fusillés.

Les clés ont été remises au maire Jean Minjoz le 28 mai 1959, et l’armée a cédé le monument à la ville le 21 juin 1960. La place forte a ensuite été consacrée au tourisme, à la culture et à la mémoire.

Le Muséum, avec son jardin zoologique, son aquarium, son insectarium, son noctarium et son naturalium ; le Musée de la Résistance et de la Déportation ; le Musée comtois ; et l’espace Vauban.

Oui. Fermé en janvier 2020 pour rénovation, il a rouvert le 8 septembre 2023, jour du 79e anniversaire de la libération de la ville. Il reçoit en moyenne 65 000 visiteurs par an.

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