À 1 600 mètres d’altitude, au carrefour du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne, Mont-Louis est le village fortifié le plus haut de France. La commune ne compte plus que 153 habitants, mais elle tient toujours son rôle : depuis plus de trois cents ans, la place n’a jamais cessé d’être militaire.

La ville n’existait pas avant Vauban. Elle a été dessinée puis bâtie de rien, sur un simple hameau nommé Ovansa, pour tenir la nouvelle frontière issue du traité des Pyrénées. Ses fortifications sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.

Pourquoi Mont-Louis est une ville neuve de Vauban

Le traité des Pyrénées, signé en 1659, fait entrer dans le royaume de France le comté de Roussillon, le Vallespir, le Conflent, le Capcir et les bourgs de l’est de la Cerdagne. Il faut tenir cette frontière neuve. En mai 1679, Vauban rédige et expédie à Louvois, secrétaire d’État de la Guerre, l’instruction du projet, accompagnée d’un document réglant le détail des travaux, l’organisation des chantiers et leur coût estimatif.

  • Une des rares villes créées entièrement par Vauban, et sans doute la mieux conservée dans sa vocation militaire d’origine.
  • Un site choisi pour sa topographie : le côté nord-est, très abrupt au-dessus de la Têt, dispensait de creuser un fossé et d’élever un large rempart.
  • Une citadelle prévue pour 2 500 hommes et 300 chevaux, doublée d’un hôpital et d’une ville civile.
  • Un chantier mené au granit local, avec 3 700 ouvriers présents lors de la visite de Louvois en 1680.
  • Une enceinte classée monument historique dès 1922, puis inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008.

Le gros œuvre est terminé dès 1681, vingt-neuf mois après le voyage de Vauban : la place est alors jugée apte à la défense, et le premier gouverneur, François de Fortia d’Urban, marquis de Durban, en prend possession le 26 octobre au milieu des acclamations des peuples de Cerdagne. Les travaux ne seront complètement achevés que dix ans après le premier coup de pioche. La place résiste à l’assaut espagnol de 1793, alors qu’elle porte le nom révolutionnaire de Mont-Libre.

Mont-Louis en images

Que voir à Mont-Louis

Mont-Louis se visite d’un pas : la ville tient dans ses remparts, et le plan de Vauban se lit dans le tracé des rues, sobre et ordonné, où les lieux du commandement, du combat et de la vie civile se répondent.

  • Les remparts et la citadelle, toujours occupés par l’armée, qui y forme des troupes au Centre national d’entraînement commando.
  • Le puits des Forçats et sa roue à cage d’écureuil, pièce maîtresse de la visite.
  • Le puits de ville, rue du Marché, inscrit au titre des monuments historiques en 2010.
  • L’église Saint-Louis, commencée en 1733 et achevée en 1737, à nef unique et huit chapelles latérales, dont le clocher a été volontairement limité en hauteur pour ne pas servir de repère à l’ennemi.
  • Le four solaire de Mont-Louis, construit juste après la Seconde Guerre mondiale : la première installation de ce type au monde, précurseur de celui d’Odeillo.

À l’extérieur des remparts, un sentier des oiseaux et des insectes permet de faire le tour de la place en observant la faune du plateau.

Le saviez-vous ? Au puits des Forçats, à l’intérieur de la citadelle, se trouve une énorme roue en cage d’écureuil, autrefois actionnée par un homme, qui alimentait la place en eau. Il n’existe plus que trois de ces roues d’origine en France : celle-ci, celle de la citadelle de Besançon et celle de l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

Quand visiter Mont-Louis

La belle saison, de juin à septembre, est la plus agréable pour parcourir les remparts et rayonner dans le parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Vauban lui-même vantait l’air du lieu, « un peu froid à la vérité, mais si sain », disait-il, que les habitants lui assuraient y vivre couramment jusqu’à quatre-vingt-dix ou cent ans.

L’hiver, la Cerdagne enneigée change complètement le décor. À 1 600 mètres, l’altitude se rappelle vite au visiteur : prévoyez de quoi vous couvrir en toute saison.

Comment se rendre à Mont-Louis et où se garer

Mont-Louis se trouve dans les Pyrénées-Orientales, à 67 kilomètres à vol d’oiseau de Perpignan et à 28 de Prades. La commune est au cœur du parc naturel régional des Pyrénées catalanes, sur la ligne de partage entre le Conflent, le Capcir et la Cerdagne.

La ville forte se laisse aux voitures à l’entrée : on se gare aux abords des remparts et on franchit la porte à pied. Tout l’intérieur se parcourt en quelques centaines de mètres.

À voir dans les environs

Le Conflent voisin aligne les pépites. Villefranche-de-Conflent appartient elle aussi au Réseau Vauban, avec son enceinte et son fort Libéria, et compte parmi les plus beaux villages de France. Plus bas dans la vallée, Eus et Évol étagent leurs maisons de schiste au soleil.

Vers le sud, Prats-de-Mollo-la-Preste garde le Vallespir derrière ses remparts. Et pour rester dans l’œuvre de Vauban, la citadelle de Besançon conserve la seule autre roue de puits comparable à celle de Mont-Louis.

Ressources

Deux vidéos pour découvrir la place forte, dont une visite proposée par le ministère des Armées.

Questions fréquentes sur la citadelle de Mont-Louis

Pour tenir la frontière issue du traité des Pyrénées de 1659, qui fait entrer dans le royaume le Roussillon, le Vallespir, le Conflent, le Capcir et l’est de la Cerdagne. Vauban expédie l’instruction du projet à Louvois en mai 1679.

Oui, à 1 600 mètres d’altitude. La commune comptait 153 habitants en 2023, après un pic de 992 habitants en 1886.

Le gros œuvre est achevé en 1681, vingt-neuf mois après le voyage de Vauban, et le premier gouverneur prend possession des lieux le 26 octobre de la même année. L’ensemble des travaux s’achève dix ans après le premier coup de pioche.

Une citadelle prévue pour 2 500 hommes et 300 chevaux, un hôpital et une ville civile. Vauban y fit ensuite construire une église et des casernes.

Oui, depuis 2008, au sein du réseau des douze sites majeurs de Vauban. Son enceinte était déjà classée au titre des monuments historiques depuis 1922.

Un puits situé dans la citadelle, doté d’une grande roue en cage d’écureuil actionnée par un homme pour remonter l’eau. Il n’en subsiste que trois exemplaires d’origine en France, avec ceux de Besançon et du Mont-Saint-Michel.

Oui. Le site est occupé sans discontinuité depuis plus de trois cent trente ans et abrite le Centre national d’entraînement commando.

Commencée en 1733 et terminée en 1737, elle a coûté 32 866 livres. Son plan porte la marque des ingénieurs militaires : nef unique, huit chapelles latérales et clocher volontairement bas pour ne pas servir de repère à l’ennemi.

La Convention a rebaptisé la commune Mont-de-la-Liberté, puis Mont-Libre, nom qu’elle a gardé jusqu’à la fin du Premier Empire. C’est sous ce nom qu’elle a résisté à l’assaut espagnol de 1793.

Construit juste après la Seconde Guerre mondiale, il fut la première installation de ce type au monde et le précurseur du four solaire d’Odeillo. Il développe une puissance de 50 kilowatts.

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