Les fortifications de Vauban
Douze places fortes conçues par Sébastien Le Prestre de Vauban sont inscrites ensemble sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008. Elles racontent, d’Arras à Mont-Louis, comment un ingénieur a dessiné la frontière du royaume.
Qu’est-ce que le Réseau des sites majeurs de Vauban ?
En 2003, la ville de Besançon étudie la possibilité de faire inscrire sa citadelle au patrimoine mondial. Les spécialistes consultés sont formels : une candidature isolée ne rendrait pas justice à l’œuvre de Vauban. Il faut un réseau. L’association naît le 30 mars 2005, à l’initiative de Besançon.
Un conseil scientifique arrête le 31 mars 2006 une liste de quatorze sites, choisis parmi les quelque cent cinquante places fortes que Vauban a conçues ou suivies. Le 5 janvier 2007, le ministère de la Culture retient ce dossier pour représenter la France, de préférence à celui consacré à l’œuvre de Le Corbusier : chaque pays ne peut en présenter qu’un par an. Le 7 juillet 2008, à Québec, douze des quatorze sites entrent au patrimoine mondial.
Les douze sites inscrits au patrimoine mondial
Chaque fiche raconte un site : ce qu’il fallait défendre, comment l’ingénieur s’y est pris, et ce qu’il en reste à voir aujourd’hui.

La citadelle d’Arras
Pas-de-CalaisUne citadelle de Vauban jamais attaquée, surnommée la belle inutile, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, et le lieu où 218 personnes ont été fusillées entre 1941 et 1944.
La citadelle de Besançon
DoubsOnze hectares de fortifications signées Vauban au sommet du mont Saint-Étienne, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008 et premier monument visité de Franche-Comté.
La citadelle de Blaye
GirondeVingt-cinq hectares de fortifications sur un rocher dominant la Gironde de trente-cinq mètres, pièce maîtresse du verrou de l’estuaire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Les fortifications de Briançon
Hautes-AlpesUne enceinte urbaine et une ceinture de forts de montagne conçues par Vauban pour verrouiller la frontière des Alpes, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
La tour Vauban de Camaret-sur-Mer
FinistèreUn des prototypes les mieux conservés des forts à la mer de Vauban, reconnaissable à son enduit ocre de brique pilée, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Les fortifications de Longwy
Meurthe-et-MoselleUne ville neuve hexagonale à six bastions, bâtie de toutes pièces sur un plateau lorrain à la place d’une cité médiévale jugée indéfendable, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008.
Mont-Dauphin
Hautes-AlpesUne place forte bâtie par Vauban sur un plateau des Alpes, aux remparts intacts, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La citadelle de Mont-Louis
Pyrénées-OrientalesLe village fortifié le plus haut de France, l’une des rares villes créées de rien par Vauban, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008 et militaire sans interruption depuis plus de trois siècles.
Neuf-Brisach
Haut-RhinLa dernière place forte construite ex nihilo par Vauban, une ville octogonale dessinée d’un seul trait en 1698 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Les fortifications de Saint-Martin-de-Ré
Charente-MaritimeUne citadelle en carré parfait et une enceinte urbaine de quatorze kilomètres pensée pour accueillir la population de toute l’île de Ré en cas de siège, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Les tours Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue et de l’île Tatihou
MancheDeux tours observatoires jumelles élevées en 1694 de part et d’autre de la rade, après le désastre naval de la Hougue, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008.
Villefranche-de-Conflent
Pyrénées-OrientalesUne petite cité médiévale enfermée dans des remparts remaniés par Vauban, classée à l’UNESCO, au fond de la vallée de la Têt.Deux sites du réseau n’ont pas été retenus en 2008 : le château de Bazoches, dans la Nièvre, au motif qu’il n’est pas une fortification, et la citadelle du Palais à Belle-Île-en-Mer, écartée pour manque d’authenticité.
Pourquoi ces douze places fortes et pas d’autres
La série n’a pas été composée au hasard : elle croise plusieurs critères pour illustrer toutes les facettes du travail de l’ingénieur.
- L’évolution des conceptions défensives de Vauban, que l’on a classées après lui en premier, deuxième et troisième système.
- Une déclinaison géographique complète : des sites de plaine, de bord de mer et de montagne.
- Le type d’ouvrage : fort isolé, enceinte urbaine ou citadelle.
- L’adaptation d’un ouvrage existant face à la création ex nihilo, comme à Neuf-Brisach ou à Mont-Louis.
- L’authenticité : tous ont été réalisés du vivant de Vauban ou selon ses projets, et n’ont pas connu d’évolution majeure depuis.
- La qualité du paysage, retenue explicitement comme critère de sélection.
Comment lire une place forte de Vauban
Quelques mots reviennent sur toutes les fiches. Les connaître change la visite.
- Bastion : l’ouvrage saillant qui avance sur le fossé et permet de battre le pied des murailles.
- Courtine : le pan de muraille tendu entre deux bastions. C’était le point faible de l’enceinte.
- Demi-lune : l’ouvrage placé en avant de la courtine, cerné de fossés, pour la protéger.
- Escarpe et contrescarpe : les deux parois du fossé, l’intérieure et l’extérieure.
- Four à boulets : le four où l’on chauffait les boulets au rouge avant de les tirer sur les navires. Celui de Camaret est l’un des neuf encore debout en France.
Questions fréquentes
Combien de fortifications de Vauban sont classées à l’UNESCO ?
Douze, inscrites ensemble sur la liste du patrimoine mondial le 7 juillet 2008, lors de la réunion annuelle de l’UNESCO à Québec.
Quels sont les douze sites Vauban classés ?
Arras, Besançon, Blaye-Cussac-Fort-Médoc, Briançon, Camaret-sur-Mer, Longwy, Mont-Dauphin, Mont-Louis, Neuf-Brisach, Saint-Martin-de-Ré, Saint-Vaast-la-Hougue avec l’île Tatihou, et Villefranche-de-Conflent.
Qui était Vauban ?
Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), ingénieur et architecte militaire de Louis XIV. Il a conçu et suivi la réalisation de plus de cent cinquante places fortes, ainsi que de vastes ouvrages civils.
Pourquoi le château de Bazoches n’est-il pas inscrit ?
Il faisait partie des quatorze sites du réseau mais a été écarté en 2008 au motif qu’il n’est pas une fortification. La citadelle du Palais, à Belle-Île-en-Mer, a été écartée pour manque d’authenticité.
Quand le Réseau des sites majeurs de Vauban a-t-il été créé ?
Le 30 mars 2005, à l’initiative de la ville de Besançon, pour porter la candidature de l’œuvre de Vauban au patrimoine mondial.
