On croit souvent que Monet est venu peindre un jardin. C’est l’inverse : il a fait creuser l’étang, planter les nymphéas et construire le pont japonais, pour disposer du motif. Giverny est un atelier de plein air, conçu par le peintre pour lui-même.

Il s’y installe le 29 avril 1883 et y vit jusqu’à sa mort en 1926. Le site est aujourd’hui le deuxième de Normandie après le Mont-Saint-Michel, avec 750 000 visiteurs en 2023.

Pourquoi Giverny est un jardin d’atelier

En 1883, le bail de Monet à Poissy s’achève. Il cherche une grande maison à loyer modique, loin de Paris et de ses rumeurs, parce qu’il vit avec une femme mariée, Alice Hoschedé. C’est depuis la portière du petit train entre Vernon et Gasny qu’il aperçoit Giverny, alors un village de 279 habitants.

  • Une maison de paysan au lieu-dit le Pressoir, précédée d’un potager et d’un verger, le Clos normand, l’ensemble clos de murs sur 96 ares.
  • Une location consentie par Louis-Joseph Singeot, puis l’achat de la propriété en 1890.
  • Un jardin transformé dès le mois suivant l’installation, avec trois serres construites.
  • Un terrain acheté de l’autre côté du chemin du Roy, où Monet obtient, après de nombreuses difficultés administratives, de creuser un étang.
  • Un pont japonais construit en 1895, conçu pour que la lumière passe dessous et éclaire l’ombre.

Monet réaménage aussi la maison : il garde le crépi rose et la repeint aux couleurs de sa palette, portes et volets verts, salle à manger jaune de chrome vif, ornée d’estampes japonaises des XVIIIe et XIXe siècles.

Giverny en images

Que voir aux jardins de Giverny

Deux jardins, deux logiques. Le Clos normand est un jardin de fleurs en perspective, devant la maison. Le Jardin d’eau, de l’autre côté du chemin, est une composition inspirée du Japon.

  • Le Clos normand, ancien potager et verger devenu jardin de couleurs.
  • Le bassin et les nymphéas plantés par Monet, motif des toiles monumentales commencées en 1897.
  • Le pont japonais peint en vert, construit en 1895.
  • Les végétaux orientaux voulus par Monet : bambous, ginkgos biloba, érables, pivoines arbustives du Japon, lys et saules pleureurs.
  • La maison au crépi rose, sa salle à manger jaune et sa collection d’estampes japonaises.

Le Jardin d’eau a demandé dès l’origine des soins minutieux et constants : il occupait un jardinier à temps plein.

Le saviez-vous ? À la mort de Blanche Monet-Hoschedé en 1947, le jardin était presque abandonné. Michel Monet, mort sans héritier en 1966, avait légué la propriété à l’Académie des beaux-arts. Le clos normand était envahi de ronces, les serres n’avaient plus de vitres et le pont japonais pourrissait dans une eau noire. Ce sont des mécènes américains, sollicités par Gérald Van der Kemp et son épouse Florence, qui ont financé la restauration.

Quand visiter les jardins de Giverny

Le site ouvre à la belle saison. Les nymphéas fleurissent en été, mais le Clos normand change de couleur chaque mois : deux visites à deux saisons ne montrent pas le même jardin.

750 000 visiteurs par an : venir à l’ouverture ou en fin de journée, et éviter les week-ends d’été.

Comment se rendre à Giverny

Giverny se trouve dans l’Eure, aux confins du Vexin, sur la rive droite de la Seine.

La gare la plus proche est Vernon-Giverny, sur la ligne Paris-Rouen, à une cinquantaine de minutes de Paris-Saint-Lazare. Navette ou vélo depuis la gare.

À voir dans les environs

La cathédrale de Rouen est à une heure de route : c’est l’autre grand motif normand de Monet, qu’il a peint trente fois.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel reste le premier site de Normandie ; pour les jardins, les jardins de Villandry offrent l’exact contraire de Giverny, une composition géométrique à la française.

Ressources

Deux vidéos pour parcourir le jardin et comprendre sa renaissance.

Questions fréquentes sur les jardins de Giverny

Le 29 avril 1883. Il a d’abord loué la maison à Louis-Joseph Singeot, puis l’a achetée en 1890. Il y a vécu jusqu’en 1926.

Oui. Il a transformé le potager en jardin de fleurs dès le mois suivant son installation, construit trois serres, acheté un terrain de l’autre côté du chemin du Roy et obtenu, après de nombreuses difficultés administratives, d’y creuser un étang.

En 1895, conçu pour que la lumière passe dessous et éclaire l’ombre.

À l’Académie des beaux-arts, à qui Michel Monet, mort sans héritier en 1966, avait légué la propriété et les collections par testament.

750 000 en 2023, contre 530 000 en 2010. C’est le deuxième site touristique de Normandie après le Mont-Saint-Michel.

La propriété est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 26 avril 1976. La maison porte le label Maisons des Illustres depuis 2012 et les jardins le label Jardin remarquable depuis 2011.

Des végétaux orientaux : bambous, ginkgos biloba, érables, pivoines arbustives du Japon, lys et saules pleureurs, puis des nymphéas plantés au fond du bassin.

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