Le 9 décembre 1892, la marquise Adélaïde-Louise d’Eckmühl de Blocqueville lègue 300 000 francs pour construire un phare. Le projet en cours à Penmarch était devisé à 110 000 francs : le legs le triple d’un coup, et impose son nom.
Elle voulait honorer son père, le maréchal Louis-Nicolas Davout, prince d’Eckmühl, du nom de la bataille qu’il mena le 22 avril 1809 en Bavière. Et elle voulait que les larmes versées par la fatalité des guerres, qu’elle disait redouter et détester, servent enfin à sauver des vies. Le phare fut inauguré le 17 octobre 1897.

Pourquoi le phare d’Eckmühl porte le nom d’une bataille
La pointe de Penmarch est l’un des points les plus dangereux de la côte bretonne, hérissé de récifs. Trois édifices s’y sont succédé : la Vieille tour, adossée à la chapelle Saint-Pierre, qui servit de vigie et peut-être de tour à feu dès le début du XVe siècle, le phare de Penmarch mis en service en 1835, puis Eckmühl.
- Une loi du 3 avril 1882 par laquelle la France décide de moderniser la signalisation maritime de ses côtes, notamment en électrifiant ses phares.
- Un projet jugé abouti le 6 octobre 1892, plans et devis acceptés pour 110 000 francs.
- Un legs de 300 000 francs annoncé le 9 décembre 1892, qui change complètement l’échelle du projet.
- Plus de 60 m de haut : le plus grand des trois phares du site de Saint-Pierre.
- Une inscription aux monuments historiques le 26 septembre 2005, puis un classement le 23 mai 2011.
Le chantier arrive au moment où Penmarch se relève, après plus de deux siècles de marasme, grâce aux conserveries de sardine de Saint-Guénolé et à la pêche à la sardine et au maquereau. La population augmente fortement.
Eckmühl en images



Que voir au phare d’Eckmühl
Eckmühl n’est pas un phare utilitaire. L’argent de la marquise a servi à bâtir un monument, et cela se voit dès l’entrée dans la cage d’escalier.
- Des murs entièrement en granite de Kersanton, taillé à Brest puis acheminé par gabare jusqu’au port de Kérity.
- Une paroi interne de cage d’escalier revêtue de plaques d’opaline.
- Un plafond de 22 plaques de marbre bleu turquin, posées sur des nervures de bronze convergeant vers une rosace centrale.
- Une rampe de 2,565 tonnes de bronze, avec un barreau par marche et un pilastre qui imite la forme du phare.
- 307 marches au total jusqu’à la lanterne, dont 272 en colimaçon puis 13 plus raides vers la salle d’honneur du campanile.
- Des fenêtres en chêne de France huilé.
La tour se décompose en soubassement carré de 9,43 m, socle de 2,96 m, corps de 32,63 m, corniche de 6,81 m, campanile de 4 m et lanterne de 9,50 m. La porte de la salle d’honneur est un vantail massif en bronze.
Le saviez-vous ? Le transport du granite par la mer, préféré pour des raisons financières, s’est révélé difficile : retards répétés, coût total en hausse et chantier rallongé. Un manque d’ouvriers a encore aggravé les délais. La chaux hydraulique venait des fours de Marans par bateau jusqu’à Loctudy, puis par charrette.
Quand visiter le phare d’Eckmühl
La montée est ouverte à la belle saison. C’est aujourd’hui l’un des monuments les plus visités du Finistère.
307 marches : prévoir de souffler au palier de repos. La vue embrasse la pointe et ses récifs.
Comment se rendre au phare d’Eckmühl
Le phare se dresse à la pointe de Saint-Pierre, sur la commune de Penmarch, dans le Finistère, en Bretagne sud.
On y accède en voiture depuis Pont-l’Abbé ou Quimper. Stationnement sur place, au pied des trois phares.
À voir dans les environs
La Bretagne garde aussi la tour Vauban de Camaret-sur-Mer, l’un des douze sites du Réseau Vauban inscrits à l’UNESCO, à la pointe du Finistère.
Pour poursuivre sur la signalisation maritime, le phare de Cordouan, en Gironde, est le plus ancien phare de France encore en activité et le seul classé à l’UNESCO.
Ressources
Deux vidéos sur le phare et son histoire.
Questions fréquentes sur le phare d’Eckmühl
La marquise Adélaïde-Louise d’Eckmühl de Blocqueville, qui légua 300 000 francs dans son testament, annoncés le 9 décembre 1892. Le projet initial était devisé à 110 000 francs.
Du titre de noblesse du maréchal Louis-Nicolas Davout, père de la donatrice, prince d’Eckmühl. Ce titre vient de la bataille qu’il mena le 22 avril 1809 près du village d’Eggmühl, en Bavière.
307 au total : 272 marches en colimaçon jusqu’au palier de repos, puis 13 marches plus raides vers la salle d’honneur du campanile.
Plus de 60 m, ce qui en fait le plus grand des trois phares du site de Saint-Pierre.
En granite de Kersanton, taillé en blocs à Brest puis acheminé par gabare jusqu’au port de Kérity. Une partie provient aussi de l’île de Penfret, dans l’archipel des Glénan.
Le 17 octobre 1897.
Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 26 septembre 2005 et classé depuis le 23 mai 2011.
