Au bout de la presqu’île de Crozon, sur la langue de galets qu’on appelle le Sillon, une tour ocre monte la garde devant les bateaux de Camaret. Elle est si caractéristique qu’elle figure sur les armoiries de la commune, et on l’a baptisée dès l’origine la tour Dorée.
Ce n’est pas une tour décorative. Tracée par Vauban en 1689 et bâtie de 1693 à 1696, elle protégeait les accès d’une batterie qui défendait le mouillage, au seuil du goulet de Brest. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008.

Pourquoi la tour dorée de Camaret est un prototype de Vauban
Vauban a construit tout au long des côtes des ouvrages d’un modèle particulier : le fort à la mer, associant une batterie basse au ras de l’eau et une tour de gorge en retrait. Camaret en est l’un des prototypes les mieux restaurés, avec une originalité qui saute aux yeux : l’enduit qui la recouvre, fait de sable de la grève, de chaux et de brique pilée rouge, devenu ocre avec le temps.
- Une tour hexagonale de dix-huit mètres, sur quatre niveaux percés de créneaux de mousqueterie, les deux premiers voûtés.
- Une batterie basse semi-circulaire à onze embrasures d’artillerie, qui croisait ses feux avec la pointe du Grand Gouin et les batteries voisines.
- Un four à boulets, l’un des neuf encore debout en France, installé sous la Révolution à la place d’un corps de garde.
- Un fossé à marée, qui se remplit avec la mer, franchi par un pont-levis.
- Un classement au titre des monuments historiques depuis le 18 septembre 1907, et l’inscription à l’UNESCO en 2008.
La tour n’a pas attendu d’être finie pour servir. Le 18 juin 1694, les Anglo-Hollandais tentent un débarquement sur la plage de Trez-Rouz. Les troupes françaises, commandées par Vauban en personne, les repoussent. La tour, encore en travaux, est alors confiée à Alexandre de Boulainvilliers, et la batterie inachevée n’aligne que neuf canons de vingt-quatre livres et trois mortiers. La victoire vaut à Camaret d’être exemptée de fouages jusqu’à la Révolution et de gagner son titre de gardienne du littoral armoricain.
La tour Vauban de Camaret en images



Que voir à la tour Vauban de Camaret
L’ensemble se découvre d’un seul regard depuis le port, puis se parcourt en montant sur le Sillon. Tour, batterie, corps de garde et fossé forment un dispositif complet, rare à ce degré de conservation.
- La tour elle-même, son escalier à vis logé dans le saillant arrière et son dernier niveau ceinturé d’un parapet crénelé, sous une toiture d’ardoise à six pans.
- La batterie basse et ses onze embrasures, face au mouillage.
- Le four à boulets et le corps de garde, restaurés à partir de 2011.
- Le pont-levis et le fossé à marée, remis en état en 2014.
- La chapelle Notre-Dame de Rocamadour, tout à côté sur le Sillon, qui compose avec la tour l’image la plus connue de Camaret.
La commune a créé sur place un centre d’interprétation de l’œuvre de Vauban en Bretagne. Des expositions y sont proposées de juin à septembre, autour de la tour, de Vauban et de la défense du goulet de Brest.
Le saviez-vous ? La tour doit son surnom de tour Dorée à son enduit, fabriqué avec les matériaux du port : du sable de la grève, de la chaux et de la brique pilée rouge. En vieillissant, ce crépi a pris une teinte ocre qui réchauffe le gris des chaînages de granit, et la tour porte ce nom depuis l’origine.
Quand visiter la tour Vauban de Camaret
La tour ouvre au public de juin à septembre, période où les associations qui en assurent l’accueil organisent les expositions. C’est le moment où l’on peut voir l’intérieur, restauré en 2016.
Le reste de l’année, le Sillon reste ouvert et l’extérieur se photographie très bien, surtout à marée haute quand le fossé se remplit et que la tour semble sortir de l’eau.
Comment se rendre à la tour Vauban de Camaret et où se garer
Camaret-sur-Mer se trouve à la pointe de la presqu’île de Crozon, dans le Finistère, en face du goulet de Brest. La tour se dresse sur le Sillon, la digue naturelle de galets qui ferme le port.
On se gare sur le port et l’on rejoint la tour à pied en quelques minutes, en longeant les bateaux. Le chemin passe devant la chapelle Notre-Dame de Rocamadour.
À voir dans les environs
La Bretagne compte d’autres pépites à portée de route. Locronan, de l’autre côté de la baie de Douarnenez, aligne ses maisons de granit autour d’une place que le temps n’a pas touchée. Plus à l’est, Rochefort-en-Terre et Moncontour complètent le tableau des plus beaux villages bretons.
Pour suivre Vauban le long des côtes, les fortifications de Saint-Martin-de-Ré montrent l’autre réponse du même ingénieur à la menace venue de la mer : non plus une tour isolée, mais une ville entière mise à l’abri.
Ressources
Deux vidéos pour découvrir la tour et ce que son inscription à l’UNESCO a changé pour Camaret.
Questions fréquentes sur la tour Vauban de Camaret
À cause de son enduit, composé de sable de la grève, de chaux et de brique pilée rouge, qui a pris avec le temps une couleur ocre. L’édifice porte ce nom depuis l’origine.
Projetée dès 1683, elle est tracée par Vauban en 1689. La construction, supervisée par l’ingénieur Jean-Pierre Traverse, commence en 1693 et s’achève en 1696.
Elle protégeait les accès d’une batterie qui défendait le mouillage, au seuil du goulet de Brest. La batterie basse devait aligner onze pièces d’artillerie croisant leurs feux avec la pointe du Grand Gouin et les batteries côtières voisines.
Le 18 juin 1694, les Anglo-Hollandais tentent un débarquement sur la plage de Trez-Rouz. Les troupes françaises, commandées par Vauban, les repoussent. Camaret y gagne l’exemption de fouages jusqu’à la Révolution et le titre de gardienne du littoral armoricain.
Dix-huit mètres, sur quatre niveaux. Les deux premiers sont voûtés, le dernier est ceinturé d’un parapet crénelé et couvert d’une toiture d’ardoise à six pans.
Oui, de juin à septembre. Des associations en assurent l’accueil depuis 1993 et y organisent des expositions consacrées à Vauban, à la tour et à la défense du goulet de Brest.
Elle est classée au titre des monuments historiques depuis le 18 septembre 1907, et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008.
Oui. Le 3 septembre 1944, l’aviation américaine la mitraille de balles incendiaires et détruit sa toiture. Une première restauration intervient en 1956.
Un four servant à chauffer les boulets à rouge avant de les tirer, pour incendier les navires ennemis. Celui de Camaret, construit sous la Révolution, est l’un des neuf encore debout en France.
