Il se dresse à sept kilomètres du rivage, sur un plateau rocheux que la marée recouvre. Une tour blanche de soixante-huit mètres, avec une chapelle, des appartements royaux et un escalier de pierre. On l’appelle le Versailles de la mer, le phare des rois, ou simplement le roi des phares.
Cordouan est le plus ancien phare de France encore en activité. Commencé en 1584, allumé pour la première fois le 11 juin 1611, il éclaire toujours l’entrée de la Gironde. Il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis juillet 2021.

Pourquoi Cordouan est le plus extraordinaire des phares français
L’estuaire a toujours été dangereux. Dès la fin du XIe siècle, des ermites vivent sur l’îlot ; le cartulaire de l’abbaye de La Sauve-Majeure, daté de 1092, raconte qu’ils sonnent une cloche et allument un feu quand les marins sont en danger. Au XIVe siècle, le Prince Noir y fait élever une tour au sommet de laquelle un ermite allume de grands feux et prélève un droit de passage. Deux siècles plus tard, elle est en ruine.
- Une commande passée le 2 mars 1584 par le maréchal de Matignon, gouverneur de Guyenne, en présence de son ami Michel de Montaigne, alors maire de Bordeaux.
- Un chantier de vingt-sept ans, mené par l’ingénieur-architecte Louis de Foix puis achevé par François Beuscher en 1611.
- Une tour blanche de 68 mètres en pierre de Saintonge, de 16 mètres de diamètre à la base.
- Le plus ancien phare classé au titre des monuments historiques, par la liste de 1862.
- L’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO le 24 juillet 2021.
Le phare a été refait plusieurs fois. Une tempête détruit la pyramide et le dôme en 1645 ; le dôme est rétabli en 1664. La partie supérieure est démolie en 1719 puis reconstruite en 1724 sur les plans du chevalier de Bitry. De 1782 à 1790, l’ingénieur Joseph Teulère le rehausse de trente mètres en conservant le rez-de-chaussée et les deux premiers étages : d’où ce contraste saisissant entre la sobriété Louis XVI des parties hautes et la décoration Renaissance des étages du bas.
Cordouan en images



Que voir à Cordouan
On monte les cent et quelques marches en traversant plusieurs époques. Le phare n’est pas une simple tour : c’est un petit palais vertical, conçu pour être digne de recevoir un roi.
- La salle des Rois, au premier étage, avec son décor Renaissance.
- La chapelle, où est gravé un sonnet de l’architecte Louis de Foix.
- La lanterne, tout en haut, à soixante mètres au-dessus des plus hautes mers.
- Le plateau rocheux, découvert à marée basse, sur lequel le phare repose.
- L’île sans nom, apparue en mars 2009 non loin du phare.
Le feu a beaucoup changé. On y brûlait d’abord du bois enduit de poix, d’huile et de goudron, la fumée évacuée par une pyramide creuse. Puis du blanc de baleine. En 1790, Teulère met au point le premier feu tournant à réverbères paraboliques, alimenté par un mélange de blanc de baleine, d’huile d’olive et d’huile de colza, actionné par une machine construite par un horloger de Dieppe. Aujourd’hui le phare est entièrement automatisé.
Le saviez-vous ? Le contrat du phare a été signé le 2 mars 1584 en présence de Michel de Montaigne, qui était alors maire de Bordeaux. L’auteur des Essais a donc assisté à la naissance du plus vieux phare de France encore allumé.
Quand visiter Cordouan
La visite se fait par la mer, donc à la belle saison et selon les marées. Les traversées partent de la pointe de Grave ou de Royan, et le débarquement dépend du coefficient : il faut que le plateau soit découvert.
Le phare a fêté ses quatre cents ans le 11 juin 2011, date anniversaire de son premier allumage. De 2013 à 2022, il a fait l’objet d’une restauration complète, pour laquelle dix millions d’euros ont été mobilisés.
Comment se rendre au phare de Cordouan
Cordouan se trouve à l’embouchure de la Gironde, à environ sept kilomètres au large, entre la pointe de Grave, au Verdon-sur-Mer côté Médoc, et Saint-Palais-sur-Mer côté Saintonge. Il est cadastré au Verdon-sur-Mer, en parcelle numéro 1.
On n’y accède qu’en bateau, avec un débarquement sur le plateau à marée basse. La valorisation touristique et le gardiennage sont assurés depuis janvier 2010 par le syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde.
À voir dans les environs
L’estuaire est bien gardé. Sur la rive droite, la citadelle de Blaye et son verrou fermaient la remontée vers Bordeaux : Vauban en mer, Vauban dans le fleuve, même estuaire, deux siècles d’écart.
Côté Charente-Maritime, Talmont-sur-Gironde pose son église romane sur la falaise, Mornac-sur-Seudre vit au rythme des marais, et Brouage raconte l’histoire d’un port que la mer a quitté.
Ressources
Deux vidéos pour découvrir le phare et ceux qui l’entretiennent.
Questions fréquentes sur le phare de Cordouan
Cordouan. Construit de 1584 à 1611, il est le plus ancien phare français encore en activité, et le plus ancien classé au titre des monuments historiques, par la liste de 1862.
Parce qu’il n’a rien d’une simple tour à feu : il abrite une chapelle, une salle des Rois au décor Renaissance et des appartements, ce qui lui vaut aussi les surnoms de phare des rois et de roi des phares.
L’ingénieur-architecte Louis de Foix, sur commande du maréchal de Matignon passée le 2 mars 1584 en présence de Michel de Montaigne. Ruiné, il transmit le chantier à François Beuscher, qui l’acheva en 1611.
68 mètres, pour un diamètre de 16 mètres à la base. Le feu se trouve à soixante mètres au-dessus des plus hautes mers depuis le rehaussement mené par l’ingénieur Teulère en 1790.
Oui, son inscription au patrimoine mondial a été annoncée le 24 juillet 2021.
Uniquement par bateau, depuis la pointe de Grave ou Royan, avec un débarquement sur le plateau rocheux à marée basse. La visite dépend donc des marées et de la météo.
Le feu est aujourd’hui entièrement automatisé. Le gardiennage et la valorisation touristique du site sont délégués depuis janvier 2010 au syndicat mixte de l’estuaire de la Gironde.
Un banc de sable devenu île, apparu en mars 2009 non loin du phare, et qui n’a pas encore reçu de nom officiel.
