Un éperon rocheux qui domine la Gironde de trente-cinq mètres, et sur cet éperon vingt-cinq hectares de fortifications : la citadelle de Blaye ne défend pas seulement une ville, elle ferme un fleuve. Elle avait pour mission de contrôler la navigation vers Bordeaux, à une cinquantaine de kilomètres en amont.
Elle ne travaillait pas seule. Avec le fort Paté, bâti sur son île au milieu de l’eau, et le fort Médoc, planté sur la rive d’en face, elle forme ce que l’on appelle le verrou de l’estuaire. L’ensemble est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008.

Pourquoi la citadelle de Blaye verrouille l’estuaire
Le site est fortifié depuis toujours. Un premier château y est attesté vers le VIIe siècle, résidence ponctuelle du jeune roi d’Aquitaine Caribert II. Le château des Rudel, reconstruit dans la première moitié du XIIe siècle, reste en assez bon état pour que Vauban décide, en 1685, de l’intégrer à la citadelle qu’il propose de bâtir.
- Vingt-cinq hectares en demi-cercle, épousant la forme du rocher, ceinturés de courtines, avec quatre bastions et trois demi-lunes.
- Un intérieur conçu comme une caserne complète, autour d’une place d’armes, d’un couvent des Minimes et de plusieurs casernements.
- Des éléments médiévaux conservés dans le nouvel ensemble : le château des Rudel, la porte de Liverneuf du XIIIe siècle et la tour de l’Éguillette du XVe.
- Un dispositif à trois éléments avec le fort Paté, construit en 1693 sur son île, et le fort Médoc, édifié en 1691 sur la rive opposée.
- Un classement intégral au titre des monuments historiques le 11 mai 2009, et l’inscription à l’UNESCO le 7 juillet 2008.
La construction est confiée à l’ingénieur François Ferry, directeur général des fortifications de Guyenne, sous la supervision de Vauban, avec l’aide de Charles Thuillier, Jean-Baptiste Augier puis Pierre Jablier. Le gros œuvre est mené de 1685 à 1689. Le chantier ne fait pas dans la nuance : la majeure partie de la ville médiévale est rasée pour dégager la place, y compris l’antique basilique Saint-Romain, ancienne nécropole des rois d’Aquitaine, dont les ruines n’ont été remises au jour que dans les années 1960. Les habitants sont relogés dans une ville neuve bâtie quelques centaines de mètres plus à l’est.
La citadelle de Blaye en images



Que voir à la citadelle de Blaye
La citadelle se parcourt librement : c’est un quartier à part entière, avec ses rues, ses maisons et ses points de vue sur l’estuaire. Le chemin de ronde offre la meilleure lecture du dispositif.
- Les courtines, les quatre bastions et les trois demi-lunes qui ceinturent le plateau.
- La porte Royale et la porte Dauphine, les deux entrées monumentales.
- Le château des Rudel, vestige du XIIe siècle devenu logis du gouverneur militaire.
- La porte de Liverneuf, du XIIIe siècle, et la tour de l’Éguillette, du XVe.
- Le couvent des Minimes, la place d’armes et les casernements.
- Les vestiges de la basilique Saint-Romain, sacrifiée au glacis et retrouvée dans les années 1960.
Depuis les remparts, le regard porte sur l’île Paté et, par temps clair, sur la rive médocaine. C’est la meilleure façon de comprendre le verrou : trois ouvrages, trois angles de tir, un fleuve fermé.
Le saviez-vous ? La citadelle n’a pas été bâtie contre un ennemi étranger seulement. Il s’agissait aussi, selon la formule restée célèbre, de contrôler la navigation sur le fleuve pour tenir Bordeaux dans le devoir s’il lui arrivait de faire la bête.
Quand visiter la citadelle de Blaye
Du printemps à l’automne, la lumière sur l’estuaire fait tout le charme du lieu, et les remparts se parcourent sans contrainte.
Chaque année en juillet, la citadelle accueille depuis 1977 le jumping international de Blaye, qui installe ses obstacles dans l’enceinte.
Comment se rendre à la citadelle de Blaye et où se garer
Blaye se trouve dans le nord de la Gironde, sur la rive droite de l’estuaire, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bordeaux. La citadelle occupe le rocher qui domine le fleuve, au-dessus de la ville.
On entre dans l’enceinte par la porte Royale ou la porte Dauphine. Des parkings desservent la citadelle, mais l’intérieur se découvre à pied.
À voir dans les environs
La Nouvelle-Aquitaine ne manque pas de pépites à quelques dizaines de kilomètres. En remontant la Dronne, Aubeterre-sur-Dronne creuse son église monolithe dans la falaise. Vers l’estuaire et l’océan, Talmont-sur-Gironde pose son église romane au bord de l’eau et Brouage raconte le destin d’une place forte que la mer a quittée.
Pour suivre le Réseau Vauban, les fortifications de Saint-Martin-de-Ré gardaient les mêmes approches atlantiques, et la citadelle de Besançon montre ce que le même ingénieur faisait d’un rocher, loin de la mer.
Ressources
Deux vidéos pour comprendre le verrou de l’estuaire et l’histoire de la place.
Questions fréquentes sur la citadelle de Blaye
Elle figure sur la liste du patrimoine mondial depuis le 7 juillet 2008, au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban. Elle est aussi classée intégralement au titre des monuments historiques depuis le 11 mai 2009.
L’ensemble formé par la citadelle de Blaye, le fort Paté construit en 1693 sur son île et le fort Médoc édifié en 1691 sur la rive opposée. Les trois ouvrages croisaient leurs feux pour fermer la navigation sur la Gironde.
L’ingénieur François Ferry, directeur général des fortifications de Guyenne, sous la supervision de Vauban, assisté de Charles Thuillier, Jean-Baptiste Augier et Pierre Jablier.
Le gros œuvre est mené de 1685 à 1689. Une première campagne de fortification avait eu lieu dès 1652, sous la direction de l’ingénieur Blaise François Pagan.
Vingt-cinq hectares, en un vaste ensemble semi-circulaire épousant la forme du rocher, ceinturé de courtines et complété par quatre bastions et trois demi-lunes.
Le château des Rudel, intégré à la citadelle et devenu logis du gouverneur, ainsi que la porte de Liverneuf du XIIIe siècle et la tour de l’Éguillette du XVe.
La majeure partie de la ville médiévale a été détruite pour dégager les vingt-cinq hectares et le glacis, y compris la basilique Saint-Romain. Les habitants ont été relogés dans une ville neuve construite plus à l’est.
L’enceinte se parcourt librement : c’est un quartier habité, avec ses rues et ses remparts, accessible par la porte Royale et la porte Dauphine.
Un concours hippique international organisé chaque année en juillet dans l’enceinte de la citadelle, depuis 1977.
