Le sel est exploité à Salins depuis le Néolithique, soit environ sept mille ans. C’est, avec les salines de Lons-le-Saunier, l’un des sites de production les plus anciens connus. L’exploitation s’est arrêtée en 1962.
Le procédé s’appelle le sel ignigène : on capte une source d’eau salée et on évapore la saumure par le feu. Les salines sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009, en complément de la saline royale d’Arc-et-Senans.

Pourquoi le sel a fait la fortune de la Franche-Comté
Le sel s’appelait l’or blanc, et ce n’était pas une image. Au Moyen Âge, la moitié des profits que le duché de Bourgogne tirait de la Comté provenait de la grande Saline, où 3 000 tonnes de sel étaient extraites chaque année.
- Un banc de sel enfoui à 250 m de profondeur, exploité dès le haut Moyen Âge.
- Des sources appelées puits, situées sur la rive droite de la Furieuse et en dessous du niveau de son lit, dont l’eau salée portait le nom de muire.
- De 800 à 1 000 ouvriers mobilisés, non pour extraire le sel, mais pour approvisionner le bois nécessaire au chauffage de la saumure et manutentionner le produit.
- Deux salines distinctes : la grande Saline au Bourg-dessus, avec le puits d’Amont et le puits à Gré, et la petite Saline au Bourg-dessous, avec le puits à Muire.
- Une propriété morcelée : la grande Saline est partagée entre une centaine de rentiers avant de devenir quasi exclusivement comtale en 1237 ; la petite appartient à 27 établissements religieux et 134 laïcs.
Fermées en 1962, les salines sont devenues propriété de la commune en 1966. Elles ont accueilli environ 85 000 visiteurs en 2025.
Salins-les-Bains en images



Que voir aux salines de Salins-les-Bains
La visite descend sous terre. C’est là que l’on comprend l’ampleur de l’entreprise : capter, remonter et évaporer de l’eau salée pendant sept millénaires.
- La galerie souterraine du XIIIe siècle, longue de 165 m, haute de 6 à 7 m, voûtée en berceau et ponctuée d’arcs-doubleaux.
- Le canal central, dit du Cicon, qui évacuait vers la Furieuse les eaux douces provenant de la roue hydraulique.
- La roue hydraulique, mûe par le courant de la Furieuse, œuvre du charpentier Vincent Bébian, de Gy.
- Les chaudières dites poêles, bassins ovales en fer battu et riveté de 273 hectolitres, suspendus par 96 barres de fer.
- Les fourneaux creusés sous chaque chaudière, avec leur porte de fer et leurs deux regards de surveillance.
Le dispositif complet se lit encore : un réservoir en pierre de taille garni de terre glaise, une pompe, trois bassins d’approvisionnement près des chaudières. Rien d’une usine, tout d’un atelier géant.
Le saviez-vous ? Ce n’est pas le sel qui coûtait le plus cher à produire, mais le bois. Sur les 800 à 1 000 ouvriers mobilisés, l’essentiel servait à approvisionner les foyers en combustible. Les forêts voisines s’appauvrissant, le combustible venait de plus en plus loin et coûtait de plus en plus cher. C’est cette contrainte qui expliquera le choix d’Arc-et-Senans : plutôt que d’apporter le bois à la saumure, on a conduit la saumure au bois, par un saumoduc de 21 km jusqu’à la forêt de Chaux.
Quand visiter les salines de Salins-les-Bains
Toute l’année. La galerie souterraine se parcourt en visite guidée : c’est le cœur du site.
Comptez une heure et demie. Prévoir de quoi se couvrir, il fait frais sous terre même en été.
Comment se rendre aux salines de Salins-les-Bains
Les salines sont au cœur de Salins-les-Bains, dans le Jura, en Bourgogne-Franche-Comté.
On y accède en voiture depuis Besançon ou Dole, à une cinquantaine de kilomètres.
À voir dans les environs
La saline royale d’Arc-et-Senans forme avec Salins un seul bien UNESCO : la saumure extraite ici y était acheminée par un saumoduc de 21 km, et l’un ne se comprend pas sans l’autre.
La citadelle de Besançon, site Vauban classé à l’UNESCO, est à une heure de route.
Ressources
Deux vidéos sur la saline et sur le sel du Jura.
Questions fréquentes sur les salines
Depuis le Néolithique, soit environ sept mille ans. L’existence de salines dans la ville est attestée depuis le haut Moyen Âge.
Du sel obtenu par évaporation de la saumure par le feu, à partir du captage de sources d’eau salée.
En 1962. Elles sont propriété de la commune de Salins-les-Bains depuis 1966.
Oui, depuis 2009, en complément de la saline royale d’Arc-et-Senans.
Une galerie du XIIIe siècle, longue de 165 m et haute de 6 à 7 m, voûtée en berceau, construite entre les deux puits de la grande Saline.
3 000 tonnes par an au Moyen Âge à la grande Saline, ce qui représentait la moitié des profits que le duché de Bourgogne tirait de la Comté.
De 800 à 1 000, mobilisés surtout pour approvisionner le bois nécessaire au chauffage de la saumure et pour manutentionner le sel.
