Sur la côte nord de l’île de Ré, face au Pertuis breton, Saint-Martin-de-Ré ne ressemble pas aux autres ports de l’île. Derrière les quais et les bateaux de plaisance, une enceinte de quatorze kilomètres dessine un demi-cercle parfait autour de la ville, et une citadelle en carré ferme l’ensemble à l’est.

L’ouvrage n’avait pas seulement pour mission de défendre le bourg : il devait pouvoir accueillir, en cas de siège, la population de toute l’île. Citadelle, enceinte et corps de garde sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 7 juillet 2008, au sein du Réseau Vauban.

Pourquoi Saint-Martin-de-Ré est un réduit insulaire unique

L’île de Ré a déjà servi de tête de pont à l’ennemi : une première citadelle, établie en 1625, subit un siège anglais en 1627 avant d’être détruite en 1628. Après le siège de La Rochelle, la leçon est retenue. En 1681, l’ingénieur François Ferry dresse, avec l’accord de Vauban, les plans d’une nouvelle citadelle et d’une enceinte urbaine, bâties jusqu’à la fin du XVIIe siècle pour protéger La Rochelle et Rochefort des incursions anglaises.

  • Une enceinte urbaine unique par ses dimensions : un demi-cercle d’un kilomètre et demi de rayon, quatorze kilomètres de rempart, réalisés d’un seul jet.
  • Six bastions, un fossé sec, une demi-lune devant chaque courtine et une contre-garde pour renforcer le bastion de la mer.
  • Une citadelle en carré parfait, accessible par une seule porte monumentale ouvrant sur un petit port retranché.
  • Des bâtiments intérieurs prévus pour 1 200 hommes, dont subsistent une caserne, la chapelle, l’arsenal, les souterrains des bastions et le pavillon d’officier.
  • Un glacis resté non urbanisé, qui laisse lire l’ouvrage comme au premier jour.

Vauban vient en tournée d’inspection en 1685 et propose une série d’ajouts, réalisés dans les années suivantes. L’ensemble est un exemple de son premier système de fortification et, surtout, de ce que les ingénieurs appelaient un réduit insulaire : une place conçue pour tenir seule, loin du continent. La citadelle et les fortifications sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du 20 mars 1984.

Saint-Martin-de-Ré en images

Que voir à Saint-Martin-de-Ré

Le tour des remparts se fait à pied ou à vélo, sur le glacis resté libre de constructions. C’est la meilleure façon de comprendre le tracé en demi-cercle et la logique de l’ouvrage.

  • Les six bastions de l’enceinte, leurs orillons, leurs poternes et les demi-lunes qui protègent les courtines.
  • La porte monumentale de la citadelle et son fronton, unique entrée de la place.
  • Le petit port retranché de la citadelle, sur lequel ouvre cette porte.
  • Le port de la ville et ses quais, dont le bassin à flot est l’un des plus importants de l’île.
  • Le glacis, resté vierge de constructions, qui offre le meilleur point de vue sur l’enceinte.

La citadelle a connu une seconde vie, beaucoup plus sombre. De 1873 à 1938, elle fut l’unique point de regroupement des condamnés aux travaux forcés avant leur départ en bateau vers les bagnes de Nouvelle-Calédonie, puis de Guyane. Elle a compté jusqu’à plus de mille détenus dans un espace prévu pour cinq cents. Elle abrite aujourd’hui encore un établissement pénitentiaire, et ne se découvre donc que de l’extérieur.

Le saviez-vous ? L’enceinte de Saint-Martin-de-Ré n’a pas été dimensionnée pour la seule ville, mais pour l’île entière : en cas de siège, la population de Ré devait pouvoir s’y réfugier. D’où ce demi-cercle d’un kilomètre et demi de rayon, sans commune mesure avec la taille du bourg qu’il protège.

Quand visiter Saint-Martin-de-Ré

D’avril à octobre, l’île vit à plein et les quais s’animent. Le printemps et le début de l’automne restent les meilleures périodes pour faire le tour des remparts sans la foule d’août.

Le glacis et les bastions se parcourent en toute saison. Par temps clair, la lumière d’hiver sur le Pertuis breton vaut le déplacement.

Comment se rendre à Saint-Martin-de-Ré et où se garer

Saint-Martin-de-Ré est le principal centre administratif de l’île de Ré, en Charente-Maritime, à une vingtaine de kilomètres de La Rochelle. On y accède par le pont de l’île de Ré.

La ville se parcourt à pied et l’île se pratique surtout à vélo : les pistes cyclables desservent le tour des remparts et relient les villages voisins.

À voir dans les environs

L’île compte deux autres pépites déjà en ligne. La Flotte, à quelques kilomètres à l’est, aligne son marché médiéval et son port à marée. À l’autre bout de l’île, Ars-en-Ré pointe son clocher noir et blanc au-dessus des marais salants, avec l’autre grand port de plaisance de Ré.

Sur le continent, Brouage raconte une histoire cousine, celle d’une place forte devenue ville de terre après le retrait de la mer. Et pour suivre l’œuvre de Vauban, la citadelle de Besançon et Neuf-Brisach en donnent deux autres visages.

Ressources

Deux vidéos pour comprendre l’ampleur de l’enceinte et la vie derrière les remparts.

Questions fréquentes sur les fortifications de Saint-Martin-de-Ré

La citadelle, l’enceinte urbaine et les corps de garde figurent sur la liste du patrimoine mondial depuis le 7 juillet 2008, au sein du Réseau des sites majeurs de Vauban. Le site illustre le premier système de fortification de l’ingénieur et la notion de réduit insulaire.

L’ingénieur François Ferry en dresse les plans en 1681, avec l’accord de Vauban. Ce dernier vient en tournée d’inspection en 1685 et propose des ajouts réalisés les années suivantes.

L’enceinte forme un demi-cercle d’un kilomètre et demi de rayon, pour quatorze kilomètres de rempart, réalisés d’un seul jet.

Parce qu’elle devait pouvoir accueillir, en cas de siège, la population de toute l’île de Ré, et pas seulement les habitants de Saint-Martin.

Oui. Une première citadelle est établie en 1625, assiégée par les Anglais en 1627, puis détruite en 1628. La seconde est lancée en 1681.

Des bâtiments prévus à l’origine pour 1 200 hommes subsistent une caserne, la chapelle, l’arsenal, les souterrains des bastions et le pavillon d’officier.

Elle abrite un établissement pénitentiaire et se découvre depuis l’extérieur, notamment depuis le glacis et le port retranché sur lequel ouvre sa porte monumentale.

De 1873 à 1938, elle fut l’unique point de regroupement des condamnés aux travaux forcés avant leur départ par bateau, d’abord vers la Nouvelle-Calédonie jusqu’en 1897, puis vers la Guyane.

Contre les incursions anglaises. La place protégeait les accès de La Rochelle et de Rochefort, après le précédent du débarquement anglais de 1627.

Le glacis est resté libre de constructions : le tour de l’enceinte se fait à pied ou à vélo, en suivant les bastions et les demi-lunes.

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