Franchir une brèche de 2 460 m de long et 343 m de profondeur, dans un couloir où le vent peut souffler à plus de 200 km/h, en ne posant que sept points d’appui au sol. C’est le problème que le viaduc de Millau a résolu.
Treize ans d’études techniques et financières à partir de 1987, puis trois ans de chantier seulement. Inauguré le 14 décembre 2004, mis en service le 16, pour 320 millions d’euros, sans subvention publique pour l’équilibre du montage.

Pourquoi le viaduc de Millau cumule les records
Le viaduc porte l’A75 et relie le causse Rouge au causse du Larzac. C’est le maillon qui permet de rejoindre Clermont-Ferrand à Béziers, et il a supprimé le point noir routier que constituait la traversée de la vallée du Tarn.
- Le pont routier avec l’ensemble pile-pylône le plus haut au monde : la pile P2 culmine à 343 m.
- Les deux piles les plus hautes au monde : P2 à 245 m et P3 à 221 m.
- Un tablier de 2 460 m qui culmine à 270 m au-dessus du Tarn, le plus long tablier haubanné du monde jusqu’à la mise en service du pont Jia-Shao en Chine en 2013, long de 2 680 m.
- Des piles minces, dédoublées sur leur partie supérieure, et un tablier métallique très fin.
- Sept points d’appui au sol seulement, sur près de deux kilomètres et demi.
L’architecte est le Britannique Norman Foster, l’ingénieur le Français Michel Virlogeux. Le viaduc a été financé et réalisé par le groupe Eiffage dans le cadre d’une concession de 78 ans, dont trois années de construction, la première de ce type, définie par le décret n° 2001-923 du 8 octobre 2001.
Millau en images



Que voir au viaduc de Millau
Un ouvrage de cette taille ne se regarde pas d’un seul point. Il faut le voir de dessous, depuis la vallée, puis le franchir, puis le retrouver de loin depuis les causses.
- La vue depuis Creissels et depuis la vallée du Tarn, qui donne l’échelle des piles.
- L’aire du viaduc, sur l’A75, avec son espace d’exposition consacré au chantier.
- Le tracé vu depuis les belvédères du causse Rouge et du causse du Larzac.
- Le dédoublement des piles dans leur partie haute, qui absorbe les dilatations du tablier.
- La ville de Millau elle-même, en contrebas, longtemps étranglée par le trafic de transit.
Le coût total des travaux avoisine 400 millions d’euros, dont 320 pour le seul viaduc. La durée d’utilisation de projet retenue est de 120 ans : l’ouvrage doit tenir un siècle et demi avec un entretien courant, sans réparation majeure.
Le saviez-vous ? Le viaduc n’a détenu le record du plus long tablier haubanné que neuf ans. Le pont Jia-Shao, ouvert en 2013 au-dessus du Qiantang, en Chine, mesure 2 680 m, soit 220 m de plus. Les records de hauteur, eux, tiennent toujours.
Quand voir le viaduc de Millau
Toute l’année. Les matins de brume, quand la vallée disparaît sous les nuages et que le tablier semble flotter, donnent l’image la plus connue du viaduc.
La traversée est payante. Compter une demi-journée si l’on veut combiner l’aire du viaduc, un belvédère et la ville de Millau.
Comment se rendre au viaduc de Millau
Le viaduc franchit la vallée du Tarn au nord de Millau, dans l’Aveyron, sur l’autoroute A75.
On y accède par l’A75 depuis Clermont-Ferrand au nord ou Béziers au sud. Les points de vue depuis la vallée se rejoignent par les routes locales, côté Creissels ou Peyre.
À voir dans les environs
L’Occitanie garde deux des douze sites Vauban classés à l’UNESCO, tous deux dans les Pyrénées-Orientales : la citadelle de Mont-Louis et le village fortifié de Villefranche-de-Conflent.
Pour comparer deux siècles d’ouvrages d’art, le pont du Gard, aqueduc romain du Ier siècle, est à moins de deux heures de route au sud-est.
Ressources
Deux vidéos sur l’ouvrage et son chantier.
Questions fréquentes sur le viaduc de Millau
La pile P2 culmine à 343 m, ce qui en fait le pont routier avec l’ensemble pile-pylône le plus haut au monde. Le tablier, lui, passe à 270 m au-dessus du Tarn.
Le tablier mesure 2 460 m. Il fut le plus long tablier haubanné du monde jusqu’en 2013 et l’ouverture du pont Jia-Shao, en Chine, long de 2 680 m.
L’architecte est le Britannique Norman Foster et l’ingénieur le Français Michel Virlogeux. La réalisation revient au groupe Eiffage.
320 millions d’euros pour le seul viaduc, près de 400 millions pour l’ensemble des travaux. Aucune subvention publique n’a été nécessaire à l’équilibre du montage.
Trois ans seulement après la pose de la première pierre, pour une mise en service le 16 décembre 2004. Mais les études techniques et financières avaient commencé en 1987, soit treize ans en amont.
Sept seulement, sur 2 460 m de tablier. Les piles sont minces et se dédoublent dans leur partie supérieure.
Il a été conçu pour un site où les vents peuvent souffler à plus de 200 km/h, avec une durée d’utilisation de projet de 120 ans.
