Dans la campagne du Limousin, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Limoges, les ruines d’Oradour-sur-Glane se dressent telles qu’elles étaient au soir du 10 juin 1944. Ce jour-là, la 3e compagnie du 1er bataillon de Panzergrenadier, commandé par le Sturmbannführer Adolf Diekmann, de la 2e SS-Panzer-Division « Das Reich », rassemble et massacre la population du village : 642 personnes, hommes, femmes et enfants, sont tuées en une seule journée.

Dès juillet 1944, quelques semaines seulement après le drame, la décision est prise de ne pas reconstruire le bourg et de conserver ses ruines dans l’état où les avaient laissées le massacre et l’incendie : une première dans l’histoire de France. Le général de Gaulle décide que ces ruines ne seront jamais rebâties. Un nouveau village est édifié à quelques centaines de mètres, dont le président Vincent Auriol pose la première pierre le 10 juin 1947, trois ans jour pour jour après le massacre.

Pourquoi Oradour-sur-Glane est un lieu de mémoire majeur

Oradour-sur-Glane est un cas unique en France : c’est le seul village dont les ruines ont été volontairement conservées en l’état par décision de l’État, comme mémorial permanent à ciel ouvert. Toutes les autres localités détruites pendant la guerre ont été reconstruites.

  • 642 victimes le 10 juin 1944, dont la quasi-totalité des femmes et des enfants, brûlés vifs dans l’église Saint-Martin.
  • Le village-ruines, classé monument historique le 10 mai 1946, propriété de l’État.
  • Une seule survivante échappée du massacre de l’église, Marguerite Rouffanche, qui perdit son mari, son fils, ses deux filles et son petit-fils.
  • Robert Hébras (1925-2023), l’un des cinq hommes rescapés, dernier témoin du massacre jusqu’à sa mort.
  • Le village consacré « village martyr » par le président Jacques Chirac en 1999, année de l’inauguration du Centre de la mémoire.

Que voir à Oradour-sur-Glane

Entourées d’un haut mur de pierre, les ruines s’étendent le long de la rue principale jusqu’à la place du Champ-de-Foire, où les habitants furent rassemblés avant d’être séparés en deux groupes : les hommes, conduits vers six granges et remises où ils furent mitraillés puis brûlés ; les femmes et les enfants, enfermés dans l’église Saint-Martin et tués par le feu après l’explosion d’un engin incendiaire. Les maisons, les commerces, l’école et les garages conservent encore des carcasses de voitures d’époque et des rails de l’ancien tramway, rongés par la rouille et le temps.

Le Centre de la mémoire, inauguré le 16 juillet 1999 par le président Jacques Chirac et la ministre de la Culture Catherine Trautmann, sert de trait d’union entre le nouveau village et les ruines. Ses expositions permanentes replacent le drame dans son contexte historique avant que le visiteur ne découvre le village-ruines.

Le saviez-vous ? Le 4 septembre 2013, le président François Hollande accueille à Oradour-sur-Glane le président fédéral allemand Joachim Gauck, dans un geste de réconciliation franco-allemande sur les lieux mêmes du massacre.

Quand visiter Oradour-sur-Glane

L’accès au village-ruines est libre et gratuit, aux horaires d’ouverture qui varient selon la saison. Le Centre de la mémoire, payant, ferme chaque année du 16 décembre au 14 janvier, mais le village-ruines reste accessible sauf les 25 décembre et 1er janvier.

Comment se rendre à Oradour-sur-Glane et où se garer

Le Centre de la mémoire et l’entrée du village-ruines se trouvent au lieu-dit l’Auze, 87520 Oradour-sur-Glane, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Limoges. Un parking gratuit est amenagé sur place, accessible aux voitures et aux autocars, avec une aire pour les camping-cars.

À voir dans les environs

À une trentaine de kilomètres, la ville de Limoges est célèbre pour sa porcelaine et sa cathédrale gothique. Plus au sud, dans la Créuse voisine, le village fantôme d’Oradour-sur-Glane trouve un écho tragique dans d’autres hauts lieux de la mémoire de la Résistance et de l’Occupation en Limousin.

Oradour-sur-Glane en images

Ressources

Questions fréquentes sur Oradour-sur-Glane

Que s’est-il passé à Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944 ?

La 3e compagnie du 1er bataillon de Panzergrenadier de la division SS « Das Reich » rassemble et massacre la population du village : 642 personnes sont tuées, les hommes fusillés et brûlés dans des granges, les femmes et les enfants brûlés dans l’église.

Pourquoi les ruines d’Oradour-sur-Glane n’ont-elles jamais été reconstruites ?

Dès juillet 1944, la décision est prise de conserver le bourg dans l’état de ruine où l’ont laissé le massacre et l’incendie, une première dans l’histoire de France. Le général de Gaulle décide que ces ruines ne seront jamais rebâties ; un nouveau village est édifié à proximité.

Y a-t-il eu des survivants au massacre ?

Cinq hommes s’échappèrent des granges en flammes, et une seule femme, Marguerite Rouffanche, survécut au massacre de l’église. Robert Hébras, l’un des cinq rescapés, fut le dernier témoin du massacre jusqu’à sa mort en 2023.

Le village-ruines est-il classé monument historique ?

Oui, depuis le 10 mai 1946. Le village est propriété de l’État et a été consacré « village martyr » par le président Jacques Chirac en 1999, année de l’inauguration du Centre de la mémoire.

Peut-on visiter librement le village-ruines ?

Oui, l’accès au village-ruines est libre et gratuit. Seul le Centre de la mémoire, qui présente le contexte historique avant la visite, est payant.

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