Ce que dit cette vidéo
Éric Branca, historien spécialiste du renseignement, intervient sur la chaîne Tocsin+ pour retracer le parcours du général Charles Ailleret, figure centrale du programme nucléaire français. La vidéo examine les circonstances du crash du 9 mars 1968 à La Réunion qui a coûté la vie à cet officier, les incohérences techniques relevées par plusieurs enquêteurs, et le maintien du dossier sous secret défense près de soixante ans après les faits.
Le général Ailleret, exécutant discret de la dissuasion française
Le général Charles Ailleret a commandé les armes spéciales interarmées. Le 13 février 1960, il supervise Jerboise Bleu, premier essai nucléaire français dans le Sahara, et déclenche personnellement l’explosion. En 1966, il coordonne avec le général américain Lemnitzer le retrait français du commandement intégré de l’OTAN, opération qui aboutit à l’expulsion de quelque 100 000 militaires et personnels américains stationnés sur le territoire français.
Un crash aux circonstances contestées
Le 9 mars 1968, le DC6 transportant le général Ailleret s’écrase à l’approche de La Réunion. La version officielle retient une erreur de pilotage. Éric Branca rapporte les conclusions de l’écrivain John Ralston Saul, selon lesquelles des spécialistes auraient identifié une inversion des câbles du palonnier, manipulation techniquement simple à réaliser sur ce type d’appareil. Le rapport d’enquête demeure classé secret défense, situation que l’historien juge incompréhensible compte tenu du délai écoulé.
Un précédent en 1971 dans le nucléaire civil
Éric Branca mentionne un autre accident survenu le 21 janvier 1971, au cours duquel 17 scientifiques et officiers de la délégation générale à l’armement ont péri. Ces personnels se rendaient à l’usine isotopique de Pierrelatte, seule installation française produisant alors de l’uranium enrichi. Aucune explication définitive n’a été établie pour ce crash, qui a décapité une partie de l’encadrement du programme nucléaire civil.
L’avis du Souv
La vidéo rassemble des éléments factuels solides sur le rôle du général Ailleret dans l’indépendance nucléaire française. Le maintien du secret défense sur le rapport d’enquête, près de soixante ans après le crash, constitue une anomalie documentée qui justifie les interrogations soulevées par l’historien.
Une thèse présentée avec prudence
Éric Branca distingue les faits établis des hypothèses. Il attribue explicitement la thèse du sabotage à John Ralston Saul et à des spécialistes aéronautiques, sans l’endosser personnellement. Cette précaution méthodologique renforce la crédibilité du propos, même si l’absence d’accès au rapport d’enquête empêche toute conclusion définitive.
Un angle mort sur les motivations
La vidéo établit que le général Ailleret avait des adversaires au sein de l’appareil atlantiste, mais n’explore pas en détail les intérêts précis qui auraient pu motiver un éventuel sabotage en mars 1968. Cette lacune laisse le spectateur avec une interrogation sans éléments suffisants pour y répondre.
